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 L'envie de Luxure [PV Gia] [Terminé]

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L'innocente
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MessageSujet: L'envie de Luxure [PV Gia] [Terminé]    Dim 22 Avr - 13:35

Lucius était à genoux. La tête légèrement inclinée il regardait le sol. Il était apaisé. Son col trop serré l'empêchait presque de respirer. C'était bientôt fini. Dans quelques secondes il allait pouvoir quitter cette position peu confortable et terminer sa prière purificatrice, ainsi, il pourrait commencer sa journée de bienfaisance dans ce quartier miséreux de Rome. Le jeune prêtre alors âgé d'une vingtaine d'année n'en était qu'à ses débuts en tant qu'homme de foi, mais n'ayant reçu qu'une éducation religieuse, il s'y sentait plutôt à l'aise. Il s'était recueilli longtemps comme avant chaque journée de charité. Lucius se redressa doucement, les jambes ankylosées à cause de la posture à genoux qu'il avait adopté pour prier. Il s'avançait discrètement vers la sortie, essayant limiter le bruit de ses talons frappant le sol en marbre afin de ne pas déranger les gens qui se recueillaient. Des deux mains, il poussa le lourd battant de la double porte de l'église et fut aveuglé par les rayons du soleil qui se précipitèrent dans l'entrebâillement. Il était encore tôt dans la journée mais malgré la fraîcheur en cette saison, le soleil était plutôt réactif et illuminait déjà la ville de par la volonté divine. Dans la rue résonnaient les cris en provenance du marché, dans lequel les habitants venaient acheter leurs denrées, et dont la fraîcheur dépendait de l'heure à laquelle ils les achetaient. Le jeune homme devenu récemment prêtre frissonna et frotta ses mains pour les réchauffer pendant qu'il comptait une dernière fois les couvertures qui allaient être distribuées aux plus démunis par les chrétiens volontaires, ainsi que les autres prêtres comme lui. Une poignée de personnes persuadées d'oeuvrer afin de changer le monde... Après la distribution de couvertures, il fallait allumer les feux pour réchauffer la soupe qu'ils allaient servir au nom de dieu, et que les pouilleux pourraient déguster avec un quignon de pain cuit par les moines du monastère De Vicario, à quelques lieux hors de la ville. Tout était organisé dans sa tête, comme le lui avait apprit son père spirituel. Une journée chargée à première vue. Mais Dieu seul savait quels défis Lucius allait devoir relever.

Il se sentait fin prêt à commencer, et appela le groupe de trois hommes qui discutaient bruyamment à quelques mètres devant lui. Sa bouche lâchait des bouffées de condensation semblables à la fumée opaque d'un gros cigare. Les trois hommes se rapprochèrent et saisirent chacun un lot de tissu épais dans un râle de douleur, surpris par le poids de leur fardeau. Le meneur de la troupe, qu'on nommait le vieux Matteo, pris la tête de cette escouade sacrée suivi de ses deux fils aînés, les jumeaux Julius et Remus. Remus avait hérité son nom de la légende sur la création de Rome car c'était le deuxième sorti du ventre maternel, mais aussi et surtout, parce que le vieux Matteo ne s'attendait pas son arrivée et du improviser un prénom. Lucius les regardait s'éloigner, perdu dans ses pensées. Ils étaient bruyants certes, mais croyants et bons chrétiens. Le vieux Matteo était un homme bon, il n'avait pas beaucoup d'argent, et pourtant il en gardait toujours un peu de côté chaque semaine afin de le donner à l'église. Le jeune Giamarro se sentait plein d'entrain, l'espoir du père Matteo ne faisait qu'attiser la foi qui l'habitait.

Puis il tourna la tête...

Il était resté silencieux, ne pouvant plus bouger le moindre muscle, si infime soit il. C'est comme si son cerveau ralentissait le temps afin qu'il puisse jouir de chaque seconde et admirer la créature de dieu qui attendait son lot de couverture, plantée devant lui. Une jeune femme sûrement à peine moins âgée que lui, au teint légèrement hâlé attendait, les bras tendus. De longs cheveux d'un bruns profond tombaient parfaitement sur ses épaules fines timidement dévoilées par le haut de sa robe sans prétentions. Elle avait le visage lisse, comme s'il était encore vierge de tristesse ou de colère, et pourtant il dévoilait que cette jeune femme avait du caractère. Lucius était touché. Incroyable. Les rares imperfections physiques de la demoiselle s'accordaient pour finalement en devenir des atouts de charme. Même "belle" n'était pas un adjectif approprié pour décrire le ressenti du jeune homme. En fait elle était divine... Ou démoniaque. Ses yeux noisette paraissaient animés d'une flamme qui semblait venir directement des enfers, si hypnotisante, que Lucius avait du mal à ne plus fixer ce regard qui le figeait. Lucius ne comprenait ce qu'il ressentait, il n'avait jamais eu vivre ce genre d'expérience auparavant. Une vague de chaleur se répandait tout le long de son corps malgré le froid matinal, lui procurant une sensation de moiteur désagréable. Était ce le péché d'envie que le diable lui envoyait en guise d'épreuve ? Qui était donc cette jeune demoiselle qui l'avait atteint au plus profond de son âme en l'espace d'une fraction de seconde ? Le prêtre l'ignorait, il n'avait pas eu à affronter beaucoup de tentations jusque là sous la protection de son père adoptif. Hébété, il baissa la tête en direction du tas d'étoffes destinées aux nécessiteux. Il n'en prit qu'une seule comme pour protéger instinctivement cet ange de la peine du travail physique. Timide, mais surtout gêné, il bégaya quelques mots :

- Merci... Merci d'être venue... Nous offrir votre aide pour cette journée.

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Dernière édition par L'innocente le Mar 1 Mai - 11:04, édité 1 fois
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Gia S. Williams
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MessageSujet: Re: L'envie de Luxure [PV Gia] [Terminé]    Dim 22 Avr - 18:41




    Le quartier populaire était bruyant et animé, même à cette heure matinale. Les commerçants ouvraient leur échoppe, criaient dans la rue et appâtait le client avec force propositions alléchantes. Les hommes riaient, les femmes tentaient d’échapper à la boue des rues en relevant leurs jupons et en gloussant. La ville était animée, la grande Rome dans toute sa splendeur. Et sa misère aussi. Les pauvres arpentaient les rues, quémandaient un quignon de pain ou la pièce, ne recevant généralement que réprimandes et coups de bâtons de la part des plus aisés. Un vieil homme enroulé dans une couverture, grelottant était assis par terre, tendant la main, sans plus rien espérer, ne relevant même plus le regard. Soudain, une pièce d’or sonna au sol et attira son attention. Ses yeux s’écarquillèrent et il se jeta sur la pièce, la glissant sous sa seule dent encore valide afin de vérifier qu’il s’agissait d’une vraie. Sous le choc en réalisant qu’elle était bien en or, il releva la tête péniblement afin de remercier son bienfaiteur. Le soleil dessina une silhouette aux formes généreuses. L’homme resta un instant la bouche ouverte. Son bienfaiteur était une bienfaitrice. Une femme à la chevelure d’ébène était postée devant lui, ses formes auraient damné le diable lui-même. Un regard de braise le fixait et il ne put que balbutier des remerciements. Elle lui adressa un sourire franc et doux, un brin provoquant. L’homme sembla illuminé et l’ange passa son chemin.

    Les regards se tournaient sur son chemin, les hommes sifflaient et les femmes lui jetaient des regards vipérins. Altière, elle ne semblait pas les voir. Gia. Une femme perdue dans un monde impitoyable. Une femme fragile ? Sûrement pas. Une meurtrière. Pas une méchante pourtant. Elle avait tué, oui. Elle avait vengé son honneur. Gia était une femme sûre d’elle et impulsive. Il ne fallait pas la chercher, c’était sûr. Mais sa compassion était infinie pour les nécessiteux. Elle était devenue une chasseuse de prime et les contrats l’avaient emmené à Rome pour affaire. Elle avait alors rempli son contrat et s’accordait quelques temps dans la magnifique capitale. Elle essayait également de laver son âme. Elle n’avait jamais été une fervente pratiquante. Pourtant, elle sentait que ce qu’elle avait fait était mal. Elle avait tué. Elle avait ôté la vie à un homme. Certes, cet homme avait voulu la violenter. Etait-ce une raison suffisante ? Sûrement pas. Elle avait entendu que les prêtres avaient besoin de bras et de bonnes volontés pour aider à distribuer couvertures et nourritures aux plus démunis et elle n’avait pas hésité. Cela pourrait-il racheter sa faute ? Ce n’était pas suffisant mais c’était un acte bon, non ?

    Gia arriva près de l’église où une animation particulière régnait. Les hommes venaient donner un coup de main et elle était la seule femme présente. Normal. Elle avait l’habitude d’évoluer dans un monde masculin. Elle savait se faire respecter et s’imposer, ce n’était guère un problème pour elle. Elle avançait d’un pas tranquille et repéra au loin un groupe de trois hommes. Ils se firent interpeler par un quatrième larron qui sortait de l’église. De loin, elle reconnut la soutane du prêtre. Les trois hommes prirent des tas assez conséquents de couvertures et se dispersèrent. Gia s’avança alors. L’homme était bien un prêtre comme l’indiquait la soutane. Elle se dirigea vers lui. Gia dévisagea le jeune homme, qui ne devait pas être beaucoup plus âgé qu’elle. Sa beauté la frappa de plein fouet. Sa première pensée fut certainement que c’était un sacré gâchis d’avoir choisi la prêtrise. Elle lui adressa un sourire charmeur. Au premier regard, il lui plaisait. Elle attendait patiemment qu’il lui donne les couvertures. Mais il ne semblait nullement pressé. Pas besoin d’être très observateur pour se rendre compte que Gia le perturbait. La jeune femme s’en amusa et lui adressa un clin d’œil provoquant lorsqu’il ne lui donna qu’une maigre couverture à porter.

    Je pense qu’il y aura plus qu’un nécessiteux à grelotter aujourd’hui. C’est très aimable de me ménager mais j’en ai vu d’autres, vous savez. Donnez-m ’en plus, je vous prie.

    Elle en profita pour détailler son visage, jeune, aux traits parfaits, ses lèvres si délicates. Il ne devait pas avoir connu de femmes, s’il avait respecté ses vœux. Elle laissa son regard glisser sur le corps du jeune homme. Nombre de prêtres étaient des jeunes hommes maigres. Ici, on voyait les muscles des bras saillir, il devait manifestement s’entretenir un minimum. Gia remercia et partit distribuer les couvertures aux miséreux. Elle en donna une bonne dizaine et, une fois les bras vides, retourna vers l’église. Les autres hommes n’étaient pas encore revenus et le jeune prêtre était toujours là, l’air un peu songeur. Elle s’installa à côté de lui. Elle ne se lassait pas de regarder son visage.

    Alors, vous devez abattre un sacré travail. Vous êtes à Rome depuis longtemps ?

    Elle plissa légèrement sa robe qui était remonté le long de ses jambes.

    Je ne me suis même pas présentée ! Je me nomme Gia. Et vous ?
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L'innocente
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MessageSujet: Re: L'envie de Luxure [PV Gia] [Terminé]    Lun 23 Avr - 22:29

L'innocente se tenait debout devant l'église, les mains dans ses manches, son regard fixe rendait son apparence austère. Il avait cessé de tenter de se recueillir et avait opté pour le silence. Il était seul avec le Seigneur, les couvertures étaient toutes distribuées aux missionaires qui s'activaient à les répartir aux plus miséreux. Une pièce de laine qui réchaufferait bien des coeurs. Lucius regardait en direction du ciel qui s'était légèrement couvert au dessus de sa tête, alors qu'il essayait de se concentrer tant bien que mal sur l'organisation, l'allumage des feux et la distribution de soupe. Les fois précédentes, c'était un jeu d'enfant, mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui, il ne cessait de revoir Son visage et cela l'inquiétait. Fréquemment, il jetait des coups d'oeil alentours espérant la voir revenir, et paradoxalement, il était soulagé de ne voir que des passants s'agiter afin de rentrer chez eux pour l'heure du déjeuner. Les cloches au sommet de l'église se mirent à sonner bruyamment. Lucius soupira, il se sentait mal à l'aise, il avait plus chaud qu'en début de journée et son estomac s'était noué. Il s'était finalement décidé à marcher en direction des tas de bois destinés à flamber pour nourrir les pauvres. Quelques minutes avaient suffit pour préparer les deux foyers en dessous des grosses marmites de fonte prêtes à l'allumage. Un autre coup d'oeil, elle n'était pas là, et heureusement. Il sortit une pierre à feu de sa poche et commença à y frotter un couteau au dessus des brindilles, qui s'enflammèrent assez facilement sous la pluie d'étincelles. Lucius souffla sur les brins secs qui rougissaient de plus en plus dans un crépitement rassurant. Un petit filet de fumée pénétra dans ses narines alors qu'il reprenait son souffle et l'obligea à reculer, pris d'une quinte de toux. Elle n'était toujours pas revenue, mince, allait elle revenir ? Après une dizaine de minutes à surveiller chaque coin de rue, tantôt rassuré, tantôt déçu, les deux feux avaient pris et crachaient maintenant des braises incandescentes tout autour des marmites. Lucius s'était assis de nouveau sur les marches à l'entrée de l'église, la tête vers le bas reposant sur ses mains, il était pensif. La soupe commençait à cuire et dégageait un fumet qui venait chatouiller l'odorat de Lucius. Un autre coup d'oeil, en trop celui-ci. Il avait croisé son regard, elle arrivait vers lui. La jeune demoiselle avait fini un peu avant le reste des volontaires, alors qu'elle avait demandé autant de couvertures que les autres.

*En plus elle est douée...*

Lucius se sentait nerveux, quelle étrange sensation pour lui qui était normalement d'une sérénité implacable. Elle s'était assise à côté de lui sur les marches, ne cessant de le regarder toujours avec ce même regard troublant. Lucius se sentait vraiment gêné, il se revoyait étant enfant, ne sachant quoi dire ou faire en compagnie d'une fille. Il réfléchissait à tout ce qui pouvait lui permettre d'engager la conversation, mais n'était satisfait d'aucune introduction, lorsque Gia pris les devants :

- Alors, vous devez abattre un sacré travail. Vous êtes à Rome depuis longtemps ?

Elle bougea, mais il n'avait pas voulu voir ce qu'elle avait fait, le regard droit devant lui, il feignait observer les marmites frémir. Une fois de plus il allait bafouiller mais il fut pris de cours :

- Je ne me suis même pas présentée ! Je me nomme Gia. Et vous ?

Elle essayait sûrement de le mettre à l'aise mais il se sentait coupable. Coupable de ces pensées impures qui l'envahissaient lorsqu'il posait les yeux sur elle, coupable tout simplement de lui parler. Il eut quelques secondes de réflexion avant de répondre, le jeune prêtre essayait de se réconforter dans sa foi avant de la regarder de nouveau. Prier en silence l'avait rendu nouveau confiant.

- Je suis Lucius, Père Lucius Giamarro, j'oeuvre en tant que prêtre depuis quelques mois seulement, mais je fais de mon mieux pour rendre cette ville meilleure et ses fidèles bons croyants. Je suis né à Rome, et grâce à Dieu, j'y ai trouvé une place qui me convient. Et vous ? Je suis surpris de voir une jeune femme... comme vous dans un endroit pareil. Que faîtes vous ici sans vouloir vous offenser, vous vivez dans ce quartier ?

Lucius marqua une courte pause. À son léger accent elle ne devait pas être née dans ce pays, mais les accents sont parfois trompeurs.

- Je vous remercie une nouvelle fois de nous aider, vous êtes une personne de bien, Dieu vous bénisse mon... enfant.

Le jeune prêtre avait hésité sur les derniers mots, appeler "mon enfant" une demoiselle dans ses âges était troublant, d'autant plus qu'elle ne le laissait pas indifférent. Il s'était levé pour faire diversion et essayer de dissimuler sa maladresse. 

- Excusez moi, pouvons nous continuer notre conversation en nous dirigeant vers les soupes ? Je dois les remuer un peu, afin que les nécessiteux puissent profiter de leur arôme, sans compter que les moines du monastère ont travaillé dur pour les préparer. Ce serait dommage de les gâcher...

Sans attendre sa réponse, Lucius avançait doucement vers les marmites qui maintenant bouillonaient, léchées par les flammes des deux foyers. Le prêtre regardait le feu danser, mais en réalité, il voyait une nouvelle fois les yeux de Gia...

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Gia S. Williams
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MessageSujet: Re: L'envie de Luxure [PV Gia] [Terminé]    Mar 24 Avr - 22:05

    Lorsqu’elle avait distribué les couvertures, c’était le visage du jeune prêtre qu’elle avait en tête. Quiconque la connaissait aurait tout de suite vu son regard rêveur. Pour toute autre personne, elle était parfaitement neutre. Gia était loin d’être une bonne chrétienne. Et ses pensées loin d’être pures. Elle adressa quelques sourires aux pauvres hères grelottants qui s’arrachaient les couvertures qu’elle distribuait. Elle arrivait à trouver des lieux isolés de la ville où les miséreux se dissimulaient. En l’espace d’une demi-heure, tout était partie. Gia retourna vers l’église. L’atmosphère embaumait la soupe. Gia elle-même, bien qu’elle n’ait pas le ventre particulièrement vide, sentait l’eau lui monter à la bouche. Elle aperçut au loin la silhouette du jeune homme. La détaillant du coin de l’œil, elle s’était approchée, lui adressant un sourire doux et poli. Elle ne souhaitait pas l’effrayer. Après tout, il avait embrassé la foi et les femmes devaient représenter le Malin pour lui, pas vrai ? Elle avait remarqué son coup d’œil furtif dans sa direction et il ne fallait pas être grand clerc pour comprendre ce qui s’y lisait. Et cela amusait fort Gia. Pas d’un plaisir malsain, non. Elle était flattée. Assise à ses côtés, elle le dévisageait, peut-être plus que ce qu’aurait voulu la décence mais elle s’en fichait. Elle n’était pas le genre de femmes à s’embarrasser de politesses. Assez impulsive, elle décidait de ses actions au fur et à mesure de ce qu’elle ressentait. Gia avait connu pas mal d’hommes dans sa vie. Elle était loin d’être une image de pureté. Mais son âme l’était sans doute plus que son corps. Elle avait un avis bien tranché sur les hommes, et plutôt négatif. Mais il ne tenait qu’à ce jeune homme de la faire changer d’avis. Reportant son regard sur les flammes qui crépitaient sous les marmites, elle lui avait posé la question concernant sa charge de travail. Pour engager la conversation, mieux le connaître. Il semblait qu’il ne désirait pas croiser son regard. Avait-il peur d’y lire quelque chose qu’il n’aimerait pas ? Ou était-ce autre chose ? Avait-il peur de… lui-même ?

    Gia se sentait pourtant bien en sa compagnie. Il semblait bon, rayonner d’un respect pour les êtres de Dieu qu’elle avait rarement rencontré au cours de son existence. Elle n’avait que quelques rencontres à son actif avec des hommes de Dieu. Et la plupart était plus vicieux que la moyenne. Je drape la vile nudité de ma scélératesse sous quelques vieux haillons volés à l’Evangile et passe pour Saint à l’heure où je fais le Diable. Des paroles pleines de bons sens. Gia s’était toujours méfiée des hommes de foi. Curieusement, le jeune homme lui inspirait plutôt confiance. Bon point pour lui. Gia était une battante, qui savait ce qu’elle voulait.

    Elle cessa de ruminer ses pensées lorsque, après plusieurs longues minutes de silence, le prêtre lui répondit. Il disait s’appeler Lucius. Joli prénom pensa la jeune femme. Il n’était prêtre que depuis quelques mois. Gia hocha la tête. Il lui demanda en retour qui elle était, ce qu’elle faisait ici. La jeune femme eut un moment de silence, le regard perdu dans le feu. Il n’était pas très malin de lui faire part de son emploi. Nul doute qu’un homme pieux considérerait une chasseuse de primes comme un être vile, qui vivait dans le pêché en tuant pour de l’argent. Elle eut un sourire triste en pensant à ce qu’elle avait fait. Puis, d’une voix douce et chaude, elle lui répondit :

    Je suis en… voyage disons. Je tente de trouver un sens à ma vie. De me racheter. J’ai fait tellement de mal autour de moi… Et l’on m’en a tellement fait…

    Elle plongea son regard dans celui de Lucius, son sourire étrange toujours fixé aux lèvres.

    Je suis native des Etats-Unis d’Amérique. Je suis veuve et j’ai décidé de partir pour… oublier.

    Elle n’avait jamais parlé de cela à personne. Pour la plupart des gens, elle était une jeune fille célibataire, seule. Elle n’évoquait jamais son ancien époux. Pourquoi avec Lucius ? Bonne question. Elle n’en savait rien. Le prêtre l’avait remerciée, une fois encore, lui assurant qu’elle était une femme de bien. Gia éclata de rire, un rire cristallin. Elle secoua la tête.

    Non… Je ne suis pas une femme de bien. Loin de là.

    Elle se tut lorsque le prêtre se leva, manifestement mal à l’aise. Il s’excusa et lui demanda s’ils pouvaient se diriger vers les soupes afin de les préparer. Elle hocha la tête, se leva en lissant sa robe. Elle lui emboîta le pas, ne le lâchant pas des yeux, contemplant les traits fins de son visage et ses lèvres fines et délicates. Elle fut saisie de l’envie violente de les étreindre et balaya cette idée. L’homme ne devait certes pas être adepte de telles pratiques. Ils se rapprochèrent donc des marmites bouillonnantes et Gia respira à plein poumons le délicieux fumet.

    L’odeur est particulièrement alléchante.

    Elle s’empara d’une louche et tourna doucement le liquide fumant, dans un sens puis dans l’autre. Elle vit enfin arriver la première file de mendiants, trainant leurs fripes en lambeaux. Elle fit preuve d’une belle patience pendant les heures que durèrent la distribution. Il semblait que la file ne diminuait jamais tandis que les marmites, elles, se vidaient progressivement. Enfin, Gia soupira lorsque, en fin d’après-midi, les dernières marmites furent vides. Elle rangea les divers instruments sur une charrette qui devait certainement les ramener à leurs propriétaires légitimes. Elle adressa un sourire à Lucius en se dirigeant vers l’église à présent déserte. Les pensées de son geste étaient revenues la hanter, encore et encore, alors qu’elle distribuait la soupe. Elle soupira et soudain, prit sa décision.

    Puis-je vous demander un service ? Ce serait celui de m’entendre en confession. J’ai de lourds pêchés sur la conscience que je n’ai jamais confié à quiconque.

    Elle attendit avec angoisse la réponse du prêtre en continuant de le fixer de son regard de braise qui semblait vouloir le mettre à nu.
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L'innocente
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MessageSujet: Re: L'envie de Luxure [PV Gia] [Terminé]    Mer 25 Avr - 20:23

La soupe bouillonnait maintenant. De grosses bulles faisaient surface pour éclater, ne pouvant contenir plus d'air chaud, et dégageaient de petites volutes blanches qui emplissait l'air d'une odeur de légumes cuits. C'était un spectacle agréable. Gia remuait le mélange à l'aide d'une grosse louche en bois, et elle le faisait bien. Enfin elle le faisait comme tout le monde, mais Lucius avait inconsciement décrété que tout ce que Gia faisait était parfaitement éxécuté, et ce, avec toute la grâce d'un ange tombé du ciel. Il n'avait pas encore réagi aux réponses de la jeune femme, ne sachant quoi lui dire. Ainsi, elle venait d'Amérique. Le jeune homme ne connaissait pas ce continent, il en avait entendu que très vaguement parler, et ne pouvait donc pas tenir de conversation sur ce sujet, n'imaginant pas l'espace d'une seconde qu'au contraire, il aurait pu s'instruire. Il ne pensait qu'à elle. Elle disait vouloir se racheter, mais comment une demoiselle comme elle aurait pu faire du mal à qui que ce soit ? Le vieux Matteo tira le jeune prêtre de ses pensées en l'interpelant afin de connaître la suite du programme. Lucius donna les directives au vieil homme précédé de ses fils qui s'affairaient maintenant à préparer les récipient en bois qui allaient contenir le déjeuner. Il était revenu auprès de la jeune demoiselle en pressant le pas, se remémorant les dernières paroles de cette dernière :

- Vous savez, le mal et le bien sont des notions dont le Seigneur est seul juge. Mais vous faites bien d'en parler, car comme il est écrit dans le livre des proverbes, le salut est dans le grand nombre de conseillers.

Il s'était interrompu à la vue des premiers mendiants venus réclamer leur pain, et lança la distribution en appelant le reste des missionaires, qui s'étaient alignés tels des soldats dociles et organisés. Tous avaient leur rôle et le tenait parfaitement. Les gens dans le besoin arrivaient et repartaient s'asseoir sur la place, certains avaient même le sourire aux lèvres, d'autres riaient franchement, racontant des histoires dont Lucius préférait ignorer le sujet. Il regardait de nouveau Gia, il essayait de comprendre ce qu'il ressentait, ce qui ce passait dans son esprit, pourquoi avait il été mal à l'aise ? Est ce là le fardeau des hommes de foi ? Voulait il réellement vivre avec ce poid toute sa vie, sans même avoir connu le goût des lèvres d'une femme ? Pourquoi Père Grégorio, son tuteur, ne l'avait jamais mis en garde ?

La place était maintenant pleine, contrairement aux marmites. Les deux jeunes adultes ne s'étaient pas échangé beaucoup de mots pendant la distribution, a l'instar des regards. Chacun ne cessait de chercher l'autre, mais Lucius se sentait de moins en moins gêné et se surprenais même à lancer quelques sourires discrets à Gia quand leurs yeux se croisaient. C'était maintenant la place qui se vidait, les miséreux n'ayant plus rien à quémander retournaient à leur place ou leur ruelle pour continuer à quêter et espérer récolter de quoi s'acheter un maigre souper. Gia commença a ranger les ustensiles avec les autres volontaires, suivie par Lucius, étonné par une telle volonté de la part de la jeune femme. Le vieux Matteo siffla le prêtre afin de le saluer avec ses fils et s'enfonça dans la foule de gens qui rentraient chez eux. Le chariot était chargé et Lucius remercia le cocher avant que celui-ci ne disparaisse au coin de la rue dans un mélange de métal entrechoqué et d'insultes digne d'un charetier qui se respectait. Lucius se tourna vers la demoiselle qui se tenait derrière lui. Ils étaient l'un en face de l'autre. Il fit mine de jeter un oeil derrière lui afin de reculer un peu se jugeant trop près de celle qui l'avait obsédé toute la journée. Le soleil commençait déjà à se coucher en cette après midi d'hiver, et le froid devenait saisissant. Le jeune prêtre cherchait un moyen poli pour prendre congé, quand Gia, une nouvelle fois, prit les devants :

- Puis-je vous demander un service ? Ce serait celui de m’entendre en confession. J’ai de lourds pêchés sur la conscience que je n’ai jamais confié à quiconque.

Lucius était désemparé, cette confession imprévue était elle un stratagème de la part de la jeune femme, où était ce vraiment son désir ? Il était mitigé, il aurait voulu partir, ne plus la revoir et ainsi tenter de l'oublier, mais il était bien arrangé qu'elle lui permette de passer un peu plus de temps en sa compagnie sans qu'il n'ait besoin de se justifier. Le prêtre fixait l'heure sur l'horloge du clocher, cherchant à fuir le regard de Gia, sachant qu'il lui serait surement fatal. Il baissa la tête en sa direction en lui souriant, un soupir avait dégagé un petit nuage de condensation qui s'effaça en une fraction de seconde :

- Et bien... Dieu n'a pas d'heure pour pardonner les péchés d'une de ses brebis égarée. Allons dans l'église, le confessionnal est sûrement disponible, car si comme je le disais le Seigneur n'a pas d'heure, ses fidèles, eux, ont inventé cette notion...

Il invita Gia à avancer vers l'édifice sacré, marchant à ses côtés. La nuit les enveloppait presque alors qu'ils entrèrent dans l'enceinte du bâtiment, et la faible lumière des chandeliers prit le relais. Leurs pas résonnaient fortement dans la salle principale vidée par l'heure tardive quand ils se dirigeaient vers le confessionnal sous le regard des idoles accrochées aux murs. Lucius fit un signe de croix avant d'entrer de son côté attendant la jeune femme. Une fois qu'il distinguait l'ombre d'un visage derrière la paroi garnie de trous, il put commencer :

- Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Que le Seigneur soit dans votre cœur et sur vos lèvres *Qu'il m'est interdit d'embrasser* pour que vous fassiez une bonne confession.

Lucius était tellement concentré qu'il n'avait pas remarqué que sa pensée impure lui avait fait serrer le poing...

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Gia S. Williams
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MessageSujet: Re: L'envie de Luxure [PV Gia] [Terminé]    Jeu 26 Avr - 21:03

    Le fait d’avoir aidé son prochain avait fait du bien à Gia. Elle se sentait un peu mieux. Elle soupira lorsque les derniers missionnaires se dispersèrent. Elle jeta un coup d’œil au prêtre qui aidait le charretier à charger les dernières marmites. A dire vrai, sentir le fumet appétissant de la soupe lui avait donné vraiment faim et elle ne tarderait pas à se chercher de quoi se remplir le ventre. Son estomac gargouilla. Elle gardait le regard fixé sur le prêtre, l’observant charger les marmites, son regard coulant le long de son dos, sur ses bras fins mais musclés. Non, vraiment, c’était un véritable gâchis qu’un homme pareil se soit tourné vers la prêtrise. Perte immense pour la gent féminine. Ils avaient parlé un petit moment avant de s’occuper de la distribution. Gia lui avait répondu quand il avait voulu savoir si elle venait d’ici ou d’un autre pays. Elle avait l’impression qu’elle pouvait tout lui confier. Ou presque. Elle n’avait toujours pas évoqué son emploi et ne comptait pas le faire. Lorsqu’elle précisa qu’elle n’était pas une femme de bien, il lui répondit par une phrase sibylline. Elle sourit d’un air mystérieux, s’interrogeant sur ce qu’on pouvait tirer d’une phrase pareille.

    Il est certaines choses dont on sait intuitivement qu’elles sont mal…

    Elle ne précisa pas davantage. Les premiers mendiants étaient arrivés sur ces paroles et ils avaient commencé à s’affairer. Ils ne parlaient pas mais Gia jetait de temps à autre des coups d’œil à Lucius et était ravie de constater qu’il la fixait également. Ils échangeaient alors un sourire et Lucius détournait vite le regard. Mais, petit à petit, il prenait de l’assurance et baisser de moins en moins les yeux. Il lui adressa plusieurs sourires que Gia lui rendit, rayonnante. Elle se demanda furtivement quel goût pouvait bien avoir ses lèvres. Balayant cette question de son esprit, elle s’était tournée vers un miséreux qui s’était moqué d’elle, lui assurant –à haute voix- qu’elle avait le béguin pour le jeune corbeau. Elle se contenta de hausser les épaules et se garda bien de répondre. Le temps était passé bien vite –trop vite. Les derniers missionnaires partis, Gia se retrouvait seule avec Lucius. Elle ne voulait pas partir, étrangement elle se sentait bien avec lui. Elle l’observait dans les yeux et le jeune homme recula.

    Mon regard vous indispose ?

    Elle ne souhaitait nullement l’importuner et que son comportement lui semble déplacé. Gia frissonna soudain. Le soleil se couchait et le vent s’était levé, jouant dans sa chevelure d’ébène. Il ne faisait vraiment pas chaud. Elle se lança, et demanda à Lucius de l’entendre en confession. Il parût hésiter, se demandant peut-être ce qu’elle pouvait bien cacher… S’il savait… Et il allait le savoir. Elle avait ressenti ce besoin, sur le moment. Et Gia était impulsive avant tout. Elle le remercia chaleureusement et lui emboîta le pas. Elle n’était pas rentrée dans l’église en début de journée et elle contempla la nef et le chœur. C’était tout simplement magnifique, les vitraux diffusaient une lumière colorée de mille feux. La croix supportant le Seigneur se trouvait face à elle. Elle imita furtivement Lucius quand ce dernier se signa. Il y avait tellement longtemps qu’elle n’était pas rentrée dans une église… Cela aussi, c’était un pêché paraît-il. Non, Gia ne craignait pas le Seigneur. Elle suivit le prêtre en direction du confessionnal. Elle entra de son côté, la séparation entre eux permettait d’apercevoir vaguement les traits du visage. Gia se surprit à trouver terriblement attirant et elle se sermonna. Quelle idée elle avait ! Dans une église en plus ! Bravo !

    Lucius commença par la formule consacrée. Elle sentit une vague hésitation, se demandant ce qui lui prenait mais elle n’en tint pas compte. Elle resta silencieuse un instant, se demandant par où commencer et comment expliquer ce qu’elle avait fait… Dur, dur. C’était inqualifiable. Il était certain que Lucius serait effaré et qu’il la considérerait comme une créature du Diable. Mais, elle ignorait pourquoi, elle devait se confier. Cela faisait un an qu’elle avait cela sur le cœur. Elle se jeta à l’eau :

    Pardonnez-moi, mon père, parce que j’ai pêché. J’ai… J’ai tué un homme.

    Elle se tut, sentant la surprise chez son interlocuteur. Elle reprit doucement, la voix hésitante.

    J’étais marié à un homme. Un homme que j’aimais plus que tout, que je chérissais. Cet homme me trompait. Et c’était plus que régulier. Un jour, je me suis emportée, j’étais furieuse contre lui. Je l’ai insulté, je souffrais vous comprenez ? Il est devenu comme fou et s’est jeté sur moi. Il voulait me frapper, il m’a violemment poussé au sol, il était ivre et a tenté d’abuser de moi. Il y avait ce… ce couteau de cuisine tombé à terre. Alors, je l’ai pris et j’ai frappé.

    La fin de son discours avait été énoncée d’une voix ferme, sans faiblir. Elle soupira. Puis, elle murmura :

    J’ai également un autre pêché à confesser mon père….

    La voix ne devint qu’un murmure doux et étouffé :

    J’ai eu d’impures pensées concernant un homme. Un homme d’église. Pardonnez-moi.
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L'innocente
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MessageSujet: Re: L'envie de Luxure [PV Gia] [Terminé]    Dim 29 Avr - 16:52

La confession est un exercice difficile. Il faut tout d'abord savoir écouter son interlocuteur, entendre sa détresse et la comprendre. Le plus dur étant de rester impassible face à des confidences parfois bien sombres, ne montrer aucun sentiment ni émotion. Car dans la confession, Dieu reste seul juge des actes du pécheur, et les lui pardonne. Lucius s'était exercé à rester de marbre, c'était même une de ses activités favorites lors de sa formation. Il s'entraînait à garder son visage fermé et il y arrivait plutôt bien. Mais pas cette fois. Dans l'ombre du confessionnal il regardait fixement la silhouette de Gia et ses pensées se chamboulaient dans son esprit. Le jeune prêtre tourna son regard vers le sol, puis ferma les yeux afin de se concentrer. Il attendait silencieusement que Gia commence à se confier. Il devait jouer son rôle, celui d'intermédiaire entre le fidèle et le Seigneur. La jeune femme se décida enfin à dévoiler son secret.

- J’étais mariée à un homme. Un homme que j’aimais plus que tout, que je chérissais. Cet homme me trompait. Et c’était plus que régulier. Un jour, je me suis emportée, j’étais furieuse contre lui. Je l’ai insulté, je souffrais vous comprenez ? Il est devenu comme fou et s’est jeté sur moi. Il voulait me frapper, il m’a violemment poussé au sol, il était ivre et a tenté d’abuser de moi. Il y avait ce… ce couteau de cuisine tombé à terre. Alors, je l’ai pris et j’ai frappé.

Lucius écoutait silencieusement. Chacun des mots prononcés par Gia résonnait intérieurement, il essayait de construire ses conseils en parallèle tout en mémorisant chaque détail de la tirade de la pécheresse. Il était choqué certes, mais il avait entendu maintes et maintes fois ce genre de confession. Lucius n'était pas là pour juger, mais pour écouter et conseiller cette âme en peine, afin de la guider vers le salut. En fait ce qui le choquait était de s'imaginer cet ange en train d'accomplir cet acte de violence pure. Peu importe, elle venait de se confesser et Dieu lui pardonnait ses fautes, quelles qu'elles soient. Lucius réféchit quelques secondes avant de lui prodiguer les premiers conseils afin de l'absoudre de ses péchés. Il allait prendre la parole quand Gia ajouta ces mots :

- J’ai également un autre péché à confesser mon père….J’ai eu d’impures pensées concernant un homme. Un homme d’église. Pardonnez-moi.

Même avec toute la meilleure volonté du monde, Lucius ne pouvait s'empêcher d'imaginer que cette allusion lui était destinée. Il sentait la chaleur l'envahir et son coeur se mit à doubler la cadence. Il avait envie de sourire mais s'en retenait. Il repris très vite son calme oubliant la dernière phrase de Gia.

- Mon enfant, vous avez péché par jalousie ainsi que par colère. Puis vous vous êtes protégée d'une agression physique. Malheureusement vos actes sont irréversibles et rien ne pourra réparer ce qui s'est produit. A l'avenir, vous devriez réfléchir et demander conseil auprès de votre entourage, en ce sens, vous ne serez plus sous l'emprise de vos sentiments et serez à même de peser le pour et le contre avec plus d'aisance. Rappelez vous cet extrait de l'Epitre de Saint Jacques : "Que chacun de vous soit prompt à écouter, lent à parler et lent à se mettre en colère".

Lucius reprit son souffle :

- Dieu vous pardonne. Que Dieu notre Père vous montre sa miséricorde par la mort et la résurrection de son fils. Il a réconcilié le monde avec Lui et il a envoyé l'Esprit Saint pour la rémission des péchés. Par le ministère de l'Eglise qu'il vous accorde maintenant le pardon et la paix et moi je vous pardonne tous vos péchés, au nom du père, du fils et du saint esprit. Allez dans la paix et la joie du Christ.

Une fois le signe de croix achevé, Lucius sorti du confessionnal et se retrouva de nouveau face à la jeune femme. Il ne dit rien de plus, il n'avait rien à dire. Il savait que dans quelques minutes leurs routes allaient se séparer et qu'il ne reverrait jamais cette jeune femme si troublante et si belle. Il savait aussi qu'ils étaient seuls dans cette église et qu'à cette heure il n'y aurait pas de témoin pour rapporter tout ce qui se passerait à partir de maintenant. Il ne savait plus où il se positionnait dans sa foi. Il ne savait plus si cette aspiration à devenir prêtre venait de lui ou de l'éducation que son tuteur lui avait administrée. Lucius se rapprocha de la jeune femme. Il regardait son visage sans un mot. La bouche du jeune prêtre dessinait un sourire en coin, à la fois triste et soulagé, il l'invita à se diriger vers la sortie. Dehors, la nuit et le froid régnaient maintenant en maîtres. Lucius soupira, cherchant la formule la plus appropriée pour prendre congé, déçu que cet instant soit arrivé si vite. Il aurait tant voulu lui dire qu'il aurait aimé ne pas être prêtre en ce moment même, qu'il aurait souhaité la raccompagner ou même la revoir dans un futur proche. Il ne trouvait rien. Il regardait en direction des étoiles qui commençaient à apparaître peu à peu dans le ciel. Pas un signe, rien qui ne puisse être considéré comme un coup de pouce du tout Puissant. Puis il posa de nouveau les yeux sur Gia qui attendait silencieusement. Dépité, il toussota discrètement avant de briser le silence pesant :

- Vous avez bien fait de vous confesser, vous allez pouvoir recommencer une nouvelle vie désormais, libre de ce fardeau qui vous ralentissait.

Il avait amorcé un geste du bras pour poser sa main sur l'épaule de Gia, mais il hésita quelques secondes, avant de finir son geste s'étant assuré que ce n'était que par compassion. Sa peau était douce et raffraîchie par l'air ambiant, et Lucius se concentrait sur le regard de Gia, essayant de lui dire au revoir. Mais à cette instant, il ne pensait plus aux salutations. Le jeune prêtre rapprocha son visage de celui de la jeune femme qui ne réagissait pas. Seulement quelques centimètres séparaient les deux jeunes adultes, mais Lucius avait l'impression de parcourir des mètres tant ce moment semblait interminable. Lucius se rapprochait tellement qu'il sentait mantenant le souffle de la jeune femme sur ses lèvres. Il ferma les yeux espérant que le Seigneur fasse de même. Puis, plus rien. Tout s'était arrêté, il ne pensait plus à rien. Il sentait juste les lèvres de Gia effleurer les siennes, faisant monter le désir chaque instant. Ne pouvant plus attendre une seconde de plus Lucius enveloppa la jeune femme dans ses bras et l'embrassa sans retenue. Il vivait l'instant, en savourant chaque détail. Impossible de retranscrire ce qu'il ressentait, il fallait réellement le vivre. Comment son père avait il pu lui cacher cela ? Il lui en voulait de n'avoir jamais abordé le sujet. Lucius découvrait de nouvelles sensations et fut pris d'un frisson qui parcouru son dos en longueur. Au bout d'une éternité, les deux visages s'éloignèrent de nouveau et le jeune prêtre remis son cerveau en marche. Sa conscience finit par prendre le dessus et il fut envahi par une sensation qu'il connaissait malheureusement dèjà : Le remord. Il balbutia quelques mots à la jeune femme :

- Je... Je suis désolé, je n'aurais jamais du faire ce que j'ai fait. Veuillez me pardonner, il faut que je m'en aille, ne gaspillons pas notre énergie dans des voies qui nous sont impraticables. Je dois y aller maintenant, pardonnez moi.

Sans même attendre une réponse, Lucius regardait autour de lui afin de s'assurer que personne n'ait vu cette scène plus que gênante et tourna les talons. Pas un regard à Gia, il emboita le pas nerveusement souhaitant se cacher, honteux de ce qui venait de se produire. Il en avait tellement envie et pourtant, une fois qu'il était passé à l'acte il l'avait regretté, pourquoi ? Lucius était au plus mal, son crâne devenait brûlant, et ses jambes tremblaient. Sa jeunesse lui permettait de reprendre le dessus, avant de céder de nouveau à la panique. Il se jurait qu'il vouerait désormais sa vie à Dieu sans plus jamais s'écarter du droit chemin. Il ne pouvait s'empêcher de se répéter intérieurement la même phrase :

*Tout va bien, il fallait que je le fasse. Je sais maintenant que mon chemin se fera dans la foi, je suis ici pour cela. Je jure désormais fidélité au Seigneur tout Puissant.*

Un dernier regard vers le ciel illuminé d'étoiles où semblait être projetée l'image de ce fameux baiser le fit sourire tristement.

*Je ne la reverrais jamais, alors autant garder cela au plus profond de mon âme et l'oublier... *

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Gia S. Williams
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MessageSujet: Re: L'envie de Luxure [PV Gia] [Terminé]    Dim 29 Avr - 21:31

    Pourquoi avait-elle demandé à se confesser ? Mystère. Elle avait du mal à comprendre ce qui l’avait poussé à dire ça. Il y avait à la fois l’envie de rester avec lui et également de se confier, de se laisser aller. Cela faisait tellement longtemps qu’elle portait cela sur son cœur. Comment pouvait-elle faire confiance à ce jeune prêtre qu’elle ne connaissait depuis qu’une journée ? Elle l’ignorait mais c’était ainsi. Aussi était-elle entrée dans le confessionnal. Elle s’était mis à genoux et avait joint les mains, chose qu’elle n’avait pas faite depuis si longtemps. Elle apercevait le visage de Lucius et voyait qu’il fermait les yeux et avait le visage détourné d’elle. Alors, Gia commença. Sa voix était ferme bien que son cœur batte la chamade. Elle savait qu’un prêtre ne doit pas juger, qu’il n’est que l’oreille attentive qui écoute et accorde le pardon de Dieu. Mais il était aussi un homme. Il avait un avis sur elle. Et cet avis allait être grandement chamboulé par cette révélation, non ? Mais à présent qu’elle avait commencé, elle ne pouvait faire marche arrière. Sa voix continua donc de s’élever, évoquant les péripéties qui étaient les siennes, n’oubliant rien des détails de son crime. Elle avait pensé que ses raisons étaient justifiées, mais elle se rendait compte qu’aux yeux de Lucius, ces excuses seraient bien maigres.

    Il ne l’avait pas coupé une seule fois, s’était contenté de l’écouter patiemment, sans bouger. Elle sentait qu’il allait commencer à lui donner des conseils mais il n’en eut pas le temps. Elle termina en évoquant les pensées qu’elle avait eues pour un homme d’église. Lucius ne semblait pas être un idiot. Il ferait immédiatement le lien. C’était mieux, pensait Gia. Soudain, la voix du jeune prêtre résonna dans le silence :

    Mon enfant, vous avez péché par jalousie ainsi que par colère. Puis vous vous êtes protégée d'une agression physique. Malheureusement vos actes sont irréversibles et rien ne pourra réparer ce qui s'est produit. A l'avenir, vous devriez réfléchir et demander conseil auprès de votre entourage, en ce sens, vous ne serez plus sous l'emprise de vos sentiments et serez à même de peser le pour et le contre avec plus d'aisance. Rappelez vous cet extrait de l'Epitre de Saint Jacques : "Que chacun de vous soit prompt à écouter, lent à parler et lent à se mettre en colère

    Gia avait écouté sans mot dire cette tirade. Elle hochait la tête, tentant de s’imprégner des paroles du jeune homme. Elle soupira. Elle était soulagée de voir que Lucius semblait la comprendre, n’avait pas prononcé de paroles dures. Il ne lui disait pas de faire pénitence, non. N’être plus sous l’emprise de ses sentiments… Drôle venant de quelqu’un qui lui en inspirait d’aussi violents. Mais Lucius n’avait pas terminé.

    Dieu vous pardonne. Que Dieu notre Père vous montre sa miséricorde par la mort et la résurrection de son fils. Il a réconcilié le monde avec Lui et il a envoyé l'Esprit Saint pour la rémission des péchés. Par le ministère de l'Eglise qu'il vous accorde maintenant le pardon et la paix et moi je vous pardonne tous vos péchés, au nom du père, du fils et du saint esprit. Allez dans la paix et la joie du Christ

    Gia se signa, plus par respect des coutumes que comme pure conviction religieuse. Elle sortit à son tour du confessionnal et se retrouva face à Lucius. Elle lui adressa un sourire.

    Merci beaucoup, Lucius.

    Elle sentait que l’heure filait, si vite, plus vite qu’elle ne l’aurait désiré. Elle ne voulait pas le quitter. Mais elle ne pouvait guère lui faire cet aveu supplémentaire. Elle en avait déjà trop dit. Elle contempla une dernière fois ce visage qu’elle était persuadée de ne jamais revoir. Elle s’aperçut alors qu’ils étaient seuls. Des images folles lui venaient en tête. Elle se sermonna. Ce n’était pas très respectueux dans une église d’avoir de telles pensées. Surtout quand on venait de recevoir l’absolution. Le jeune prêtre s’était rapproché d’elle et elle pouvait sentir l’odeur de son parfum. Elle frissonna mais n’en laissa rien paraître. Son sourire aurait damné le diable lui-même. Son regard glissa sur ses lèvres. Elle détourna rapidement la tête. Déjà Lucius l’accompagnait vers la sortie. Il marchait cependant lentement, comme rechignant lui aussi à lui dire au revoir. Rêvait-elle ? Gia frissonna et resserra les pans de son châle sur ses épaules. Elle surprit le jeune homme à regarder le ciel. Qu’attendait-il ? Un signe ? Gia leva les yeux, admirative de la beauté des étoiles. Le vent était froid. Elle inspira profondément l’air frais de la nuit. Elle se sentait bien avec lui, elle ignorait comment et pourquoi. Les voies du Seigneur sont impénétrables, paraît-il. Elle sursauta lorsqu’elle entendit la voix de Lucius briser le silence qui régnait entre eux.

    Vous avez bien fait de vous confesser, vous allez pouvoir recommencer une nouvelle vie désormais, libre de ce fardeau qui vous ralentissait.

    Elle sourit faiblement.

    Une nouvelle vie, j’en doute. C’est le seul homme que j’ai jamais aimé. Mon cœur n’est qu’un champ de ruine.

    Elle disait vrai. Mais cela ne servait à rien de s’apitoyer. Elle n’était pas là pour ça. Soudain, elle sentit la main du prêtre se poser sur son épaule. Surprise, elle tourna la tête vers lui. Il avait certainement fait cela dans un ultime geste de compassion. Mais Gia se sentait troublé de ce contact. Sa peau était chaude et sa main enveloppante. Elle plongea son regard dans celui de Lucius, un curieux sourire accroché aux lèvres. L’instant était magique et tout allait déraper si vite. Elle voyait le visage du prêtre se rapprocher du sien lentement. Etait-ce un effet de la lumière des étoiles qui la trompait ? Non, elle était pourtant sûre qu’il se rapprochait d’elle. Le temps semblait s’être ralenti. Elle sentait à présent le souffle chaud du jeune homme sur sa peau. Elle tremblait de tous ses membres et ce n’était pas le froid. Le temps se figea et une explosion de sensation irradia dans le corps de Gia au moment où leurs lèvres entrèrent en contact. Un baiser passionné, fiévreux, au goût brûlant d’interdit. Lucius l’avait prise dans ses bras et la serrait contre lui. Gia s’abandonnait, répondant à son baiser qu’elle espérait ne pas voir finir. Tout semblait durer si longtemps et pourtant, il sembla que cela faisait seulement quelques secondes qu’ils s’étaient embrassés quand l’étreinte cessa. Elle ressentit un manque cruel qui lui fit venir les larmes aux yeux. Elle se reprit et les refoula.

    Lucius s’était écarté et balbutiait à présent des excuses. Gia secoua la tête. Elle aurait voulu lui dire qu’il ne devait pas s’excuser. Mais elle n’en eut pas le temps. Lucius tourna les talons et disparut dans l’église sans se retourner. Gia baissa la tête et descendit les quelques marches. Elle releva la tête, contemplant une fois encore les étoiles et soupira. Lucius l’avait bouleversé plus qu’elle ne voulait l’admettre. Elle était une femme forte et indépendante. Et un simple prêtre avait su percer ses défenses, sans même le vouloir semblait-il. Le cœur de Gia s’emballa en repensant à ce qui venait de se passer quelques secondes plus tôt. Elle qui pensait qu’aucun homme ne la toucherait plus depuis qu’elle était veuve. Il ne faut jamais dire fontaine, je ne boirai pas de ton eau…

    Et soudain, elle prit une décision, peut-être folle mais qu’importait. Elle était sûre d’elle. Serrant les lèvres, elle fit volte-face et se précipita à l’intérieur de l’église. Elle était déserte, naturellement. Seulement, Gia repéra bien vite la silhouette familière non loin. En quatre pas, elle l’avait rejoint, s’était place face à lui, avait posé ses mains sur nuque et attiré son visage contre le sien. Ses lèvres se collèrent au siennes avec l’énergie du désespoir, la crainte d’être repoussée comme une malpropre. Mais peu lui importait la peur. Sa langue chercha sa consoeur et un ballet sensuel et endiablé commença. Ses mains passaient dans les cheveux du jeune prêtre, avant de se pose sur son cou, cette peau si fine qu’elle mourrait d’envie de connaître plus intimement. Le baiser fougueux semblait ne jamais devoir finir. Gia le stoppa pourtant, laissant sa main sur la joue de Lucius.

    Vous êtes un homme. Et l’amour est l’œuvre du Créateur, non ? Ne vous commande-t-il pas d’aimer votre prochain ? Es-tu prêt à m’aimer, Lucius ?
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MessageSujet: Re: L'envie de Luxure [PV Gia] [Terminé]    Mar 1 Mai - 0:13

L'innocente - qui ne l'était pas tant que ça finalement - était retourné dans l'église dans l'espoir de racheter sa faute aux yeux du Seigneur. Ses chaussures vernies impeccablement martelaient le sol triste dans un rythme rapide, semblable à celui de son coeur. Alors qu'il marchait tout en fixant le Christ mort pour ses péchés, il cherchait son chapelet dans la poche de sa redingote, et saisit la première graine qui le composait entre son index et son majeur, prêt à se recueillir afin de pouvoir se regarder de nouveau dans un mirroir. Des pas saccadés le suivaient, il ne voulait pas se retourner persuadué que Gia allait lui demander des explications ou même tenter de parler de ce qu'il venait de se passer. Mais comment parler de quelque chose que l'on ne comprend pas si ce n'est de s'essouffler à tourner en rond, enchaînant des mots qui ne reflèteraient que la moitié de son ressenti ? Inutile. Lucius stoppa sa marche en plein milieu de l'allée, laissant les pas de la jeune femme résonner seuls dans l'église. Il allait se retourner mais il priait pour que ce soit n'importe qui d'autre. Bon sang c'était elle... Il lui fallait trouver un moyen de couper court à la conversation. Lucius essayait d'imagier la suite, mais sans même qu'il n'ait eu le temps de faire ou dire quoi que ce soit qui puisse rendre la situation pire ce que qu'elle n'était, Gia l'agrippa par la nuque pour l'embrasser. La gêne était à son paroxysme et le jeune prêtre ne pouvait s'empêcher de se voir en train souiller ce lieu sacré. Il essaya de se dégager doucement afin de ne pas fuir la demoiselle qu'il avait tant désiré il y a seulement quelques minutes. Gia finit par se reculer de quelques centimètres en gardant sa main sur la joue du prêtre. La distance entre les deux êtres était bien peu suffisante pour empêcher Lucius de sentir le souffle de la jeune femme. La situation était très gênante et L'innocente souhaitait plus que tout s'en aller, et pour autant, il ne regrettait qu'à moitié tout ce qu'il venait de se passer. Gia brisa le silence la première :

- Vous êtes un homme. Et l’amour est l’œuvre du Créateur, non ? Ne vous commande-t-il pas d’aimer votre prochain ? Es-tu prêt à m’aimer, Lucius ?

Difficile de répondre à une telle question quand on y est pas préparé. Il est d'autant plus difficile d'y répondre par la négative quand on pense le contraire, mais étant donné la tournure que prenaient les évènements, Lucius allait devoir ajouter le mensonge à la liste de ses péchés. Il retira délicatement la main de Gia de son visage mais ne la lâcha pas pour autant.

- Mon ... Gia, c'est impossible voyons, j'ai déjà embrassé la foi. J'ai juré un amour éternel pour elle et je ne peux donc pas rester avec vous... Encore moins en ces lieux.

La phrase ne sonnait pas si faux après tout, Lucius s'était surpris à se trouver plutôt doué pour mentir. Il lâcha la main de la jeune femme et ne sachant plus quoi faire de la sienne, il croisa les bras.

- Je vais devoir m'en aller Gia, je pense qu'il est préférable que nous en restions là, à quoi bon s'engager sur une route qui ne peut exister ? Vraiment, j'espère que vous comprenez ma réaction. Je n'aurais jamais du faire ce que j'ai fait, j'aurais du m'en aller il y a déjà bien longtemps, et maintenant, c'est à moi de me confesser.

Encore un mensonge, Lucius comptait bien évidemment garder ce secret. Personne ne pourrait apprendre ce qu'il sétait passé étant donné qu'ils étaient seuls et que la jeune femme allait partir sans plus jamais croiser son chemin. Le jeune prêtre ajusta sa redingote et sorti des gants en cuir noir d'une des poche. Il les enfila nerveusement et jeta un dernier regard à Gia, mais celui ci était maintenant grave.

- Croyez moi, je suis désolé. Je ne sais pas ce qui m'a pris, j'ignore ce que je ressens, mais je suis convaincu que rien de bon n'arrivera si je reste ici. Je vous souhaite de trouver le bonheur avec un homme qui sera capable de vous honorer comme vous le méritez, quelqu'un qui sera capable d'aimer une femme telle que vous comme j'aime le Seigneur. Puissiez vous le trouver. Au revoir, mon enfant.

Lucius laissa Gia seule dans l'allée et s'éloignait peu à peu. Il regardait droit devant lui essayant de ne plus penser à rien. Il imaginait Grégorio assis au coin du feu pour lire, ou en train de préparer le souper dans leur maison. Il avait envie de rentrer et d'avoir une discussion sur n'importe quel sujet avec le vieil homme, n'importe quoi qui détournerait ses pensées qui jusqu'à maintenant étaient focalisées sur Gia, l'ange diabolique. Non, ce surnom ne lui allait assurément pas, mais c'était le plus approprié pour exprimer ce qu'il ressentait. Il était également plus simple de la diaboliser afin de l'oublier et de justifier sa faute. Il avançait sur le perron de l'église, regardant vers le sol comme s'il ne voulait pas que le Tout Puissant puisse voir son visage. Après un long soupir, il avançait dans la ruelle sombre en direction de son foyer, laissant ses démons débattre de son comportement et le juger, lui qui avait été pourtant si intègre jusque là. Il allait devoir se recueillir longuement pour se purifier, donner comme il n'avait jamais encore donné, et tout en espérant que cela puisse suffire, il se remémorait cet extrait de L'Ecclésiastique : "L'eau éteint le feu comme l'aumône expie les péchés".

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