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 Le compteur de clou et la Métis [Privé]

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Francis Jefferson

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MessageSujet: Le compteur de clou et la Métis [Privé]   Mer 6 Juin - 23:50

Une journée ennuyeuse ? Ha ça oui... Comme quoi on ne peut pas tout les jours êtres la cible d'un putain de bandit cleptomane curieux... Et à bien y réfléchir, ce n'est pas si mal en fait ! Une journée avec peu de client, peu d'achat, mais au fond, il n'est payé ni à la vente, ni au prorata des montants encaissés, alors au moins, ce soir sa journée sera terminée en se réchauffant de la manière qui lui plaira, et cela lui permettra d'aller dormir en crevant la dalle et en grelotant puisque ses finances ne lui permettent pas encore de pouvoir vivre avec décence.

Ainsi, afin d'occuper cette longue, très longue journée, quoi de mieux que de faire un bon petit inventaire, et en particulier de ce qui a put être piqué dernièrement. Le patron ? Le faire lui-même ? A quoi bon... Et pour être franc, compter les clous sans avoir la moindre idée de combien le commerce en possède, c'est comme brasser de l'air... Mais au moins, en réalisant une tâche aussi inutile, cela a au moins le mérite d'occuper et de réchauffer le jeune homme quelques temps, de l'empêcher de penser au récent braquage et, contre toute attente, d'apprendre plus ou moins à compter des clous dans un endroit aussi lumineux que l'était l'idée de se lancer dans l'illégalité pour le dernier pendu du district.

Malgré cela, le jeune homme ne manquera pas de rester pour le moins prudent, et surtout, de garder un œil, même somnolent, vers l'entrée. Car il est clair et net que la prochaine personne un tant soit peu suspecte aurait tôt fait de se retrouver avec sa carabine braquée sur le pif... Paranoïaque ? Mais non... Enfin, un tout petit peu... Faut bien admettre qu'en plus du dernier braquage, se savoir en possession de matériel de chauffage et surtout de combustible de fortune n'est pas vraiment pour le rassurer...
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Lily-Rose Mayer

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MessageSujet: Re: Le compteur de clou et la Métis [Privé]   Sam 23 Fév - 21:58

Lily-Rose grelotta de plus belle. Son cheval ne la tenait pas énormément au chaud mais au moins, sa chaleur corporelle l’empêchait de geler aux extrémités. Le cheval trainait des sabots, les genoux enflés et en sang à peine capable de le tenir debout, lui et sa cavalière. Lily-Rose s’était enfuit de son village attaqué par des bandits. Cela faisait plusieurs lunes qu’elle chevauchait et s’informait sur son père. Mais le plus inquiétant était le froid qui s’était intensifié avec une vitesse foudroyante. En quelques jours, la neige, le gel et le vent s’était installés et ne voulait plus bouger depuis lors. Heureusement, l’équipement du cheval – qui était au départ celui d’un des bandits qui attaqua son village – n’était pas si mal organisé. En effet, il y avait une couverture passablement chaude pour les nuits fraiches mais qui pique la peau comme une colonie de puces sur le dos d’un chien. La plupart des choses de valeurs ne faisait plus parti de l’équipement, Lily avait dû les vendre pour manger et se procurer des bottes résistantes mais sur le point de rendre l’âme. Elle avait également vendu la selle pour pouvoir profiter un maximum de la chaleur corporel du cheval. Celui-ci était peut-être aux portes de la mort mais au moins, il aidait Lily à survivre dans cet environnement hostile.

C’est donc frigorifiée et épuisée que la jeune femme vit enfin Sunset Hill. Une ville couverte de neige, comme le reste du paysage mais au moins avec des habitations et qui sait? Peut-être une personne qui voudrait l’aider malgré son sang mêlé. Le cheval trainait de plus en plus les sabots, marchant lentement et sans aucun entrain. La jeune femme serra ses cuisses contre les flancs de la bête et lui caressa le cou.

« Je t’en prie, encore quelques mètres et tu pourras t’arrêter… »Dit-elle dans un souffle.

La couverture puante sur les épaules, Lily-Rose leva des yeux fatigués sur la ville. Le cheval arriva devant un genre de quincaillerie. La métisse ne put dire si il y avait quelqu’un à l’intérieur, la ville était tellement silencieuse. Le quadrupède s’arrêta devant la quincaillerie, Lily descendit avec difficulté. Ses articulations étaient raides de ne s’être activées depuis plusieurs heures. Elle s'avança vers l'une des fenêtre pour voir si quelqu'un était à l’intérieur. Malheureusement, les planches de bois qui obstruait la vitrine l’empêchait de voir quoi que se soit. Soudain, le cheval s’écroula lourdement à terre. Lily se précipita sur lui dans un cri de surprise, elle lui toucha le cou; il était mort d’épuisement. À genoux dans la neige, elle garda le regard fixé sur l’animal mort.
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Francis Jefferson

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MessageSujet: Re: Le compteur de clou et la Métis [Privé]   Sam 23 Fév - 22:34

En train de compter paisiblement alors qu'il se dandinait aussi vigoureusement que possible pour éviter l'hypothermie, le pauvre gamin n'avait même pas prêté attention aux lointains bruit mat des sabots dans la neige. A dire vrai, bien qu'il n'y eut pas pensé, il aurait été fort aisé à un nouveau braqueur de le prendre par surprise tant la neige avait le don d'étouffer les bruits de pas.

Cependant, aujourd'hui, il serait un tant soi peu chanceux que le passé, et par "un tant soit peu", on ne peut pas dire que cela vire dans le positif non plus. Aussi, lorsqu'un coup sourd résonna à ses tympans, il se raidit... Mauvaise surprise que ce vilain cri qui suivit, le faisant à moitié sursauter en envoyant plusieurs clous acérés percer ses doigts à fleur de peau. Tout juste assez pour pouvoir compter sur une infection, le tétanos et la gangrène puisque l'alcool était déjà trop cher pour désinfecter les plaies, devenant une denrée aussi rare que le bois pour réchauffer les âmes plus que les corps.

Se crispant un peu, il laissa tomber la boite de clous au sol, et loin de ses pieds fort heureusement, et se rua sur le comptoir pour attraper sa carabine. Trop tard pour se demander si elle était bien graissée et si il ne foutait pas son index blessé droit sur un nid à saloperie, aussi rapidement, il se dirigea à grande enjambées vers la porte en chargeant son arme.

Ce n'est qu'arrivée à la porte qu'il lâcha le canon de l'arme pour entre-ouvrir la porte, faisant entrer, de peu, le canon dans l'interstice afin d'éviter de se la faire chiper par un rigolo ou de s'exposer, bien visible, sur le pas de la porte. Cependant, il lui apparut rapidement que si c'était un danger, cela aurait été se donner beaucoup de mal pour braquer un magasin n'ayant plus rien d'utile...

Malgré tout, il éleva sa voix de jeune adulte, sans plus ouvrir la porte et en gardant le canon pointé sur les silhouettes se dessinant sur la neige :


- Qu'est ce qu'il se passe ? Ça va pas de faire marcher une bourrique par ce temps ? On vend pas de foin ici, faut aller voir au Ranch si vous espérer trouver quelque chose.

Non, c'est pas un gros con, c'est juste un mec qui voit pas grand chose puisqu'il a juste l'espace de vue pour un œil... Et encore, avec le foutu canon de sa carabine pour le gêner qui plu est ! Quoi qu'il en soit, il demeura en place, attendant la réponse du cavalier assez fou pour trainer dans la grande rue comme ça... Mais pas trop longtemps non plus, par ce que cette foutu porte ouverte était en train de le geler, que ce soit sa main droite sur le canon de son fusil, ou ses foutus orteils, même enfoncés bien au fond de ses bottes en cuirs.
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Lily-Rose Mayer

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MessageSujet: Re: Le compteur de clou et la Métis [Privé]   Dim 24 Fév - 0:17

Il y avait bien quelqu’un à l’intérieur de la quincaillerie. Lily-Rose entendit ce qui ressemblait à une boite de clous qui tombe par terre et des pas se précipiter vers l’avant de la pièce. Mais la jeune femme était plus absorbée par le cheval pas tout à fait mort devant elle. Elle l’avait cru mort au premier toucher mais il était encore à peine vivant, son souffle le prouvant par le nuage blanc qui sortait de ses naseaux. La jeune métisse fixa son regard dans celui du cheval, qui lui, la regardait dans un espoir de délivrance. Les origines indiennes de Lily resurgirent au galop, alors que la personne à l’intérieur du magasin lança :

« Qu'est ce qu'il se passe ? Ça va pas de faire marcher une bourrique par ce temps ? On vend pas de foin ici, faut aller voir au Ranch si vous espérer trouver quelque chose. »

Lily-Rose ne l’écoutait déjà plus, ses jours heureux dans sa tribu indienne lui revenait en tête et, tout en commençant à parler dans la langue indienne, elle détacha de ses doigts gelés le couteau attaché à sa cuisse. Dans son village nomade, on remerciait l’animal de donner son corps. Ils faisaient une prière à l’animal puis l’achevait le plus rapidement possible. Lily avait gardé cette tradition bien ancrée en elle, considérant que l’animal l’aiderait à survivre. Elle commença donc à réciter la prière en langue indienne. Le cheval la regarda d’un œil vitreux mais apeuré en même temps. La jeune métisse leva des deux mains le couteau, continuant la prière de plus belle. Le cheval essaya de se lever pour fuir mais trop tard, la jeune femme plantait déjà son couteau dans le cœur de la pauvre bête. L’animal poussa un hennissement de surprise et de souffrance puis fut enfin libéré de ses souffrances. Le sang gicla des deux côtés du couteau encore enfoncé dans le corps du cheval, la jeune femme appuyant le plus fort possible pour ne pas en avoir trop sur elle. Lily-Rose leva alors les yeux vers la porte entrebâillée de la quincaillerie, elle venait de se rappeler l’homme qui lui avait parlé. Jetant un coup d’œil sur le cheval mort, elle retira le couteau, ce qui produisit un bruit de succion écœurant. Essuyant le couteau dans la neige, elle dit à l’homme :

« Si je vous offre une partie de mon cheval, vous allez m’aider? »
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Francis Jefferson

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MessageSujet: Re: Le compteur de clou et la Métis [Privé]   Dim 24 Fév - 1:15

Resté à sa place, le bonhomme gardait la jeune femme en joue, intrigué mais extrêmement méfiant. Cette méfiance ne fit que s'accroitre lorsqu'il entendit, malgré le vent sifflent dans l’entrebâillement de la porte, les paroles de la métis, des paroles étranges, des mots dont la consonance ne faisant vraiment pas européen, et encore moins américain. Il se surpris à marmonner dans sa barbe, sans doute aigri par le froid, la fatigue et le stress.

- 'Core une sauvage, ils ont jamais assez de terres ou quoi ?

Doutant à présent férocement d'un guet-apens tant une flopée d'indiens auraient fait sortir les armes, Francis tira un peu plus la porte afin d'augmenter son champs de vue et se permettre de sortir si le besoin s'en faisait ressentir, Et à vrai dire, il allait en avoir besoin, très vite. Aussi benêt qu'il puisse l'être, lorsqu'il vit les mains de la métis se lever, il haussa les sourcils et s'en tint à ces quelques mots :

- Eh mais qu'est ce que vous... Eh ! Non ! Merrrde ! Putain de sauvage, arriéré !

Suivant le défilement des paroles, le jeune homme avait levé sa main droite, stupidement, vers le duo. Comme si il avait l'espoir de pouvoir stopper les gens en les pointant du doigt. Puis, à l'instant d'un "non" dans un ralentit on ne peut plus ridicule, il s'était éclaté à moitié l'épaule contre la porte en sortant. Cependant, bien lancé, il parvint jusqu'aux marches en bois ou il freina subitement, relevant son bras droit vers son visage tout en regardant en arrière. A cet instant, nous en sommes au "Merde", craché avec une réelle véhémence. Le reste de la phrase se perdit dans l'air pendant que le vendeur faisait prestement le chemin en sens inverse, bien décidé à claquer la porte à cet immonde spectacle.

Et pour cause, puisque la petite était encore à s'assurer du décès de son pauvre animal là ou une balle aurait été mille fois plus humain... Ou tout du moins, mille fois plus humain dans la tête de ce petit croyant américain. Et alors qu'il luttait contre le vent pour parvenir à refermer la porte, surtout en commençant à bien sentir son épaule douloureuse, il entendit les mots lâchés par la native.

Se désarmant littéralement en ne tenant sa carabine que par le canon, il essuya ses doigts ensanglantés sur son haut avant de répliquer, l'air visiblement choqué, voir un peu en colère.


- Vous êtes arrêtés au mauvais endroit ma p'tite dame ! J'suis pas boucher ni croque-mort moi, et même pas proprio de ce magasin de con qu'on devrait fermer puisqu'il ne sert à rien !

Salement éprouvé sur l'instant, le jeune homme toussa un peu. Si l'adrénaline était en train de lui faire totalement oublier l'ignoble froid lui frappant le corps, en revanche, il se sentait clairement nauséeux. Tuer un animal, qui ne l'a pas fait ? Mais y aller au couteau, c'est un truc de chasseur, de trappeur, un truc de foutu sauvage ou d'ermite, et cela semblait vraiment le répugner pour le coup... Pas si mal pour quelqu'un qui a déjà eu l'occasion de voir comment finissait un mauvais artificier...
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Lily-Rose Mayer

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MessageSujet: Re: Le compteur de clou et la Métis [Privé]   Dim 24 Fév - 1:55

Lily tenait encore le couteau entre ses doigts, abattre la bête lui avait couté beaucoup d’énergie car la peau d’un cheval est épaisse. Le sang avait arrêté de couler à flot, à présent un mince filet essayait encore de s’échapper de la plaie mais le froid de l’hiver l’avait fait geler sur place, rendant sa couleur rouge vif et brillant. Le cheval n’avait pas souffert longtemps, simplement quand le couteau avait transpercé son cœur. Un peu avant de libérer le quadrupède, la jeune métisse avait cru entendre l’homme dire :

« Eh mais qu'est ce que vous... Eh ! Non ! Merrrde !»

Tout en s’avançant vers elle – elle l’avait momentanément présumé au son lourd que les bottes avaient fait sur le perron du magasin – mais il n’avait pas semblé vouloir aller plus loin. Une fois l’animal achevé et la jeune femme ayant fait sa proposition, l’homme dit avec agressivité :

« Vous êtes arrêtés au mauvais endroit ma p'tite dame ! J'suis pas boucher ni croque-mort moi, et même pas proprio de ce magasin de con qu'on devrait fermer puisqu'il ne sert à rien ! »

La métisse ouvrit de grands yeux d’incompréhension, voyant maintenant l’homme à qui elle avait demandé de l’aide. Il n’était encore qu’un gamin, le visage imberbe et…sa main qui laissa une trace de sang sur sa chemise. Lily-Rose craqua alors, les larmes coulèrent allègrement sur ses joues mais se gelèrent presque instantanément par la suite. Elle regarda dans les yeux le jeune homme qui la prenait pour un monstre. Oui, il y avait bien de l’animosité dans son regard. Il ne comprenait surement pas pourquoi elle avait tué son cheval comme cela. Dans les quelques villages qu’elle avait traversés, nombreux étaient ceux qui achevaient leurs animaux souffrant d’une balle dans le crâne. Lily fit un large geste pour désigner le cheval et dit :

« J’ai l’air de trainer une carabine sur moi juste pour pouvoir tuer mon cheval à moitié mort? »

Les longs sillons de larmes brillèrent à la lumière du jour sur le visage de la métisse, faisant contraste avec son teint de peau hâlé. Elle gardait toujours son regard fixé dans celui du jeune homme. Une étincelle de dureté s’installa dans ses yeux quand elle dit :

« J’ai tué ce cheval pour qu’il ne souffre plus. Je peux le dépecer moi-même, je vous proposais une part de sa viande contre un logis. »

L’étincelle s’éteignit pour faire place à celle de la gentillesse tandis que Lily se leva lentement :

« Vous avez la main qui saigne…je peux vous aider si vous voulez…Elle fit une pause puis; Je m’appelle Lily-Rose Mayer. S’il vous plait je ne demande pas votre stock…juste un logis… »
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Francis Jefferson

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MessageSujet: Re: Le compteur de clou et la Métis [Privé]   Dim 24 Fév - 2:47

Demeurant sur le pas de la porte, le cœur battant, la gorge serré et les tripes remuant un peu trop à son gout, le gamin eut un vilain rictus, s'appuyant contre l'encadrement de la porte pour prendre une position plus adéquate avec son estomac menaçant de rejeter sa maigre pitance de la journée.

Ainsi, l'air clairement nauséeux et bien incapable de penser bien plus loin que son dégout, le jeune homme parvint malgré tout à enregistrer les mots de la métis et, pour le coup, à ne savoir trop quoi faire. Pour le coup, il se trouva fortement dérouté de l'appellation de la jeune femme, et encore plus de son attitude pour le moins lunatique. Hélas ou heureusement pour lui, quelque chose vint décider à sa place, un bref haut le cœur qui le fit se courber et hoqueter avant qu'il ne s'enfuit lentement dans le magasin en laissant la porte ouverte.

Laissant la jeune femme sans réponse, il vint s'affaler sur le comptoir, haletant et délaissant sa carabine sur ce dernier. Il lui fallut un bien long instant pour se redresser. Une fois remis de ses émotions, il alla, lentement, vérifier que les autres portes du magasins demeuraient fermées afin de ne pas se risquer à perdre la chaleur des autres salles qui demeuraient un poil mieux isolées que le magasin lui même puisqu'elles comprenaient les anciennes salles de vie que le proprio avaient abandonnées pour sa maison cossue.

A peine cela vérifié, il retourna à son poste et fouilla dans ses affaires personnelles pour sortir la fourrure en bien mauvais état afin d'éviter de réellement geler sur ses pieds. Il était hors de question qu'il subisse à nouveau le spectacle de l'équidé charcuté en pleine rue, mais dans le même temps, il n'éprouvait pas la force de claquer la porte, et donc d'envoyer paître la jeune femme qui lui avait proposé un marché honnête... Tout au plus se murmura t-il à lui même en grelottant :


- Et un jour, j'en crèverais la gueule ouverte de mon honnêteté... Pourvu que ça m'emmène au paradis...

Ainsi attendit-il, assis sur son tabouret, derrière, son comptoir, que l'indienne ne vienne. Pour sur que si elle n'était pas entrée immédiatement, c'était quelle remplissait déjà sa part du marché puisque personne ne saurait s'empêcher de profiter d'une porte ouverte sans avoir une bonne raison de rester dehors. Quelques part, il restait un peu en rogne pour le traitement offert à ce noble destrier, mais dans le même temps, si le froid et la fatigue l'avait aigri, l'idée de profiter d'un peu de chaleur humaine, d'un repas digne de ce nom et peut-être même d'un peu de vrai sommeil, ne pouvait le laisser insensible.

Et enfin, lorsque finalement, la belle sera entrée, il se contentera de lui marmonner, cessant alors de se sucer les doigts pour aussi bien les réchauffer que stopper le faible saignement, ces quelques mots, ni doux ni durs, juste lâché dans l'air.


- Je m’appelle Francis...
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Lily-Rose Mayer

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MessageSujet: Re: Le compteur de clou et la Métis [Privé]   Dim 24 Fév - 3:52

À ses dernières paroles, le jeune homme, le teint nauséeux, fit demi-tour et entra dans le magasin sans toutefois fermer la porte. Lily-Rose affaissa les épaules, pensant que le gamin allait refuser de l’aider. Elle attendit une bonne minute devant le magasin en attendant qu’il claque la porte. Elle l’entrevit s’asseoir et fouiller dans ses affaires. Alors, elle se dit qu’elle devait respecter sa part du marché et même si il ne la laissait pas entrer, elle proposerait la viande du canasson à quelqu’un d’autre si nécessaire. Alors la jeune demoiselle puisa dans ses réserves d’énergie pour finir sa tâche; dépecer le cheval en entier, le découper en cartiers pour le faire sécher ou cuire. En temps normal, elle aurait aussi gardé les tendons, les os et les organes tels que l’estomac mais pour le moment, quand elle eut fini de découper une bonne partie de la viande, elle traina le reste de la carcasse sur le côté du magasin pour ensuite l’ensevelir de neige le plus possible. Lily espéra que les charognards encore assez téméraires pour sortir ne lui volerait pas le reste du cheval.

Revenue devant la quincaillerie, elle ne vit toujours pas sortir le jeune homme. Lily-Rose recouvrit de neige les traces de sang puis emmena la viande à l’intérieur. Quand elle entra, le jeune imberbe lui dit dans un souffle qu’il s’appelait Francis. Lily posa la viande sur le comptoir puis y planta son couteau. Francis semblait affamé et fatigué, tout comme elle finalement. La jeune métisse regarda l’homme en silence un instant, puis alla derrière le comptoir. Avec délicatesse, elle prit la main du jeune homme qu’il avait essuyé sur sa chemise. Elle vit au bout de chaque doigt - sauf le pouce – de petites lacérations. Ne l’ayant pas vu se sucer les doigts, Lily jugea bon de le faire elle-même. Elle posa ses lèvres sur l’index de Francis et imbiba la blessure de salive. Elle fit de même avec tous les autres doigts du jeune homme. Rendue à l’auriculaire, elle leva les yeux de sur la main de l’homme pour croiser son regard. Lily-Rose rougit puis se racla la gorge en lâchant la main de Francis.

« Bon…eum…ou est-ce que je pourrais faire cuire la viande? » Dit-elle en se détournant de l’américain.
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MessageSujet: Re: Le compteur de clou et la Métis [Privé]   Dim 24 Fév - 13:39

Sans dire quoi que ce soit d'autres, le gamin observa la jeune femme poser l'imposant et démesuré morceau de viande fraiche sur le comptoir. A dire vrai, cela le foutait un peu mal à l'aise, mais seulement à l'idée de se nourrir d'un noble animal au lieu de profiter d'une viande de bétail qui n'était bon à rien d'autres que d'être consommé par l'espèce supérieure. Au moins ne montrait-il plus de signe de nausée, à peine un peu de méfiance envers le couteau planté dans la chair morte, se demandant si ce n'était pas celui-là qui lui prendrait la vie plutôt qu'une balle perdue.

Puis il la vit s'approcher avant de se saisir, à sa surprise, de sa main blessée, faisant ce à quoi un type se serait le moins attendu d'une jeune femme, et sans doute par ce qu'il estimait, au même titre que le "baiser" volé de Joanna, que ce n'était quelque chose de pas vraiment convenable, à cela près que cette dernière était une vrai bandida, à l'inverse de celle qui passait ses doigts dans sa bouche sous son regard éberlué qui n'avait rien d'une pistoleros.

Lorsque finalement, elle sembla elle même s'apercevoir de l'aspect douteux de son geste, elle cessa alors et lui posa une question. Ramenant sa main sous sa fourrure, le gamin essuya la salive sur sa chemise, discrètement, puis se leva en répondant :


- Attendez un instant...

Il se courba alors pour prendre une clé sous le comptoir et contourna la métis, allant fermer la porte d'entrée à clé avant d'ouvrir la trappe de l'une des vitrines pour retourner la pancarte peinte qui trônait devant les articles afin d'officialiser la fermeture. De toute façon, personne ne venait si ce n'est pour le gonfler, le menacer ou le supplier donc... Au pire le patron ne lui payerait pas cette journée, mais il aurait au moins mangé à sa faim et au chaud.

Il revint ensuite et remis la clé à sa place, regardant Lily et en lui faisant signe de le suivre.


- J'ai ce qu'il faut à côté, venez, suivez moi.

Sur ces mots, il repris doucement sa carabine par sa seule main gauche, menaçant le plancher en gardant le canon bien pointé vers le bas avant de faire quelques pas pour ouvrir la porte menant à l'arrière-boutique.

- C'est par la... Mam'zelle Mayer. Après vous.
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MessageSujet: Re: Le compteur de clou et la Métis [Privé]   Dim 24 Fév - 17:17

Lily se considéra chanceuse d’être tombée sur un jeune homme qui avait consentit presque immédiatement à l’aider. En plus, même si Francis semblait méfiant, la jeune femme lui était reconnaissante de lui avoir offert l’hospitalité. Tout ce qu’elle espérait, c’était qu’il n’essayerait pas de profiter de la situation comme la plupart des hommes à qui elle avait demandé de l’aide. La métisse se rappelait bien la fois ou elle avait demandé un logis à un vieil homme qui semblait inoffensif mais qui, une fois la demoiselle installé dans la grange, avait essayé de la toucher. Cela va sans dire que le vieil homme se reçu un coup de pied aux fesses à l’ instant où Lily avait senti sa présence un peu trop près d’elle. Bref, revenons au moment présent, c’est-à-dire juste après la question de la jeune femme; à savoir ou faire cuire la viande. Le jeune homme dit d’attendre à Lily-Rose, saisit sous le comptoir une clé puis se leva. Il allait d’un pas lent verrouillé le magasin et, pour indiquer clairement que la boutique était fermée, il leva un panneau pour probablement tourner la petite pancarte ou il est écrit OUVERT d’un côté et FERMÉ de l’autre. Vraisemblablement, Francis tourna le côté FERMÉ face à la rue. La jeune métisse suivit de ses yeux verrons l’homme alors qu’il allait remettre la clé à sa place. Elle eut un petit serrement au ventre, ayant peur que la situation se retourne contre elle maintenant qu’elle était enfermée avec le jeune homme. Mais une carabine ne se lève pas aussi vite qu’un poing…Francis lui fit signe de le suivre, ce que Lily fit en prenant l’énorme pièce de viande, le couteau entre les dents. Il marcha jusqu’au fond du magasin, ouvrant une porte donnant sur un trou sombre. Le jeune imberbe trainait toutefois sa carabine, question de sécurité. Au moins, il ne pointait pas le canon sur la jeune métisse, ce qui était un bon point pour elle. Il invita la demoiselle à passer devant, ce qu’elle fit. Elle s’avança puis se tourna de dos pour pouvoir pousser la porte sans la tacher de sang. Elle fonça alors dans un genre d’étagère, quelque chose lui cogna le dos. Lily lâcha une petite plainte puis laissa échapper un petit rire gêné.

« J’aime mieux que vous passiez devant, Francis. Je suis un peu empotée avec toute cette viande sur les bras! » Dit-elle dans la semi-obscurité.
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MessageSujet: Re: Le compteur de clou et la Métis [Privé]   Dim 24 Fév - 17:36

Lorsque la jeune femme passa enfin le seuil de la porte, il leva son bras droit pour attraper la lampe à pétrole, la seule contenant encore de quoi tenir quelques temps, avant de la suivre, le tout en refermant la porte derrière lui. Cependant, la petite semblait être bien décidée à ne pas perdre de temps. Fort heureusement, dans tout ce bordel, si elle ne s'était pas blessé, ce n'était alors pas bien grave, il aurait fallut vraiment y aller pour réussir à casser les outils ou le matériel entreposé.

Il leva immédiatement la lampe pour éclairer un peu mieux l'endroit qui ne disposait d'aucune ouverture vers la lumière et adressa un bref sourire à l'indienne en repassant devant elle pour la guider. A dire vrai, ce n'était pas bien long, juste quelques pas, mais sans lumière et avec le bric-à-brac entreposé cela, il relevait du défi de parvenir jusqu'à la salle de vie.

Arrivé à celle-ci, il tourna la poignée et ouvrit la porte pour s'engouffrer dans la pièce. Lorsque Lily le suivrait, elle s'apercevrait rapidement qu'il s'agissait, effectivement, d'un lieu de vie dedié à une unique personne dans un confort pour le moins spartiate. Salle plutôt étroite, petite cheminée, une paillasse, une table et deux chaises ainsi que l'un ou l'autre meubles destinés à accueillir denrées et effets personnels.


- Venez, vous pouvez déposer la viande sur la table, cela vous évitera de fatiguer pour rien.

Laissant la place à la jeune femme pour exécuter son conseil, il accrocha la lampe à pétrole en hauteur et en rendit sa lumière plus diffuse histoire d'éclairer un peu mieux l'étroite salle qui ne disposait que d'une petite fenêtre, sans doute destinée à amener la lueur de l'aube droit sur la paillasse pour réveiller un quelconque dormeur. Bien sur, aucun feu n'avait été allumé, mais pour ce faire une petite quantité de bois dormait dans un coin de la salle, accompagnée d'un lot assez conséquent de brindilles... Encore fallait-il espérer que l'humidité ne parvienne pas à se glisser ici à a rendre le bois inutilisable.

- Et voila, c'est tout ce que j'ai, si je puis dire... Cela ne m'appartiens pas de toute façon.

Il posa sa carabine dans son coin, à côté de la paillasse, dressée vers le toit et proche de la tête d'un dormeur invisible puis se posa lui même un instant sur la dite paillasse, demandant finalement à son "invitée" :

- Qu'êtes vous venue faire ici ? Il faut être timbré pour oser cavaler par un tel hiver. J'en reviens même pas que vous ayez mieux tenu que votre destrier...
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Lily-Rose Mayer

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MessageSujet: Re: Le compteur de clou et la Métis [Privé]   Dim 24 Fév - 21:37

Après s’être cognée contre un quelconque objet, Lily-Rose suivit docilement Francis qui la guidait avec une vieille lampe à l’huile. Elle pensa qu’elle pourrait aller chercher le peu de graisse que le cheval avait encore sur lui pour remplir la lampe du jeune homme. Mais cette pensée s’effaça rapidement car le froid devait déjà avoir rendu la carcasse dure comme de la pierre et malgré la grande force dont était dotée Lily, elle n’arriverait jamais à déloger le restant de canasson du tas de neige ou elle l’avait enterré. L’indienne se doutait que même congelée, la carcasse serait sentie par les loups ou les vautours encore vivants en ce temps de froid jamais vu. Le duo traversa le bric-à-brac remplis de choses innombrables puis arriva devant une autre porte. La lampe jeta une lueur blafarde sur les murs de la petite pièce quand Francis ouvrit la porte.

« Venez, vous pouvez déposer la viande sur la table, cela vous évitera de fatiguer pour rien.»

Ce que la jeune femme fit en lui soufflant un « merci ». La pièce était aussi froide que le magasin, mais au moins le vent ne les touchait pas. Par contre, il fouettait avec rage les murs extérieurs du bâtiment, essayant tant bien que mal de les faire s’écroulés. Lily, malgré le froid de la pièce, avait une très grande envie d’enlever le semblant de robe qu’elle portait. Mais au regard que Francis lui avait lancé rien qu’au moment où elle avait lécher ses doigts la faisait redouter sa réaction si elle se mettait à nue dans cette pièce avec lui. Le jeune homme accrocha la lampe en hauteur, ce qui permit à la métisse de voir un peu mieux la salle. Elle vit la petite fenêtre trouble ou l’on ne pouvait voir que la neige agitée dans tous les sens par le vent. Une simple paillasse était située dans un coin de la pièce, à côté d’un petit foyer ou un vieux système pour tenir un récipient au-dessus du feu trônait. Le dit récipient était posé à côté d’une petite réserve de bois et une bonne quantité de brindilles. Bien sûr, plusieurs allumettes permettaient d’allumer le feu si le bois n’avait pas pris l’humidité. La jeune demoiselle alla fouiller dans l’une des armoires de la pièce et trouva justement ce qu’elle cherchait; un paquet d’allumettes en très bon état. Francis lui fit part que les choses dans le magasin ne lui appartenait pas mais était en partie à sa disposition. Lily fut heureuse de voir une réserve de pommes de terre, des carottes rabougries, quelques radis tout aussi rabougris ainsi qu’un sac de pois desséchés.

*Cela fera l’affaire pour ce soir* Se dit la jeune femme.

Elle entendit le jeune homme s’étendre sur la paillasse puis dire :

« Qu'êtes-vous venue faire ici ? Il faut être timbré pour oser cavaler par un tel hiver. J'en reviens même pas que vous ayez mieux tenu que votre destrier... »

Il devait la regarder mais le corps de la métisse se raidit involontairement. De dos à lui, elle prit les légumes dont elle avait besoin – 4 carottes, 4 pommes de terre et pris le sac de pois pour ne pas en échapper par terre. Toujours de dos au jeune homme, Lily dit :

« Des bandits ont attaqués mon village, loin à l’Est d’ici…j’ai réussi à voler le cheval d’un des bandits et m’enfuir. Elle fit une pause pour laisser passer la boule qui obstruait sa gorge et continua; Je ne suis pas fière d'avoir abandonner mon village mais j’ai chevauché jusqu’ici à la recherche de mon père, Walter Mayer. J’ai décidé de m’établir pour de bon à Sunset Hill. La demoiselle se retourna vers Francis et lui fit un sourire de reconnaissance. Pourriez-vous remplir le chaudron au ¾ d’eau? Je vais nous préparer une bonne soupe qui nous fera du bien! »
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Francis Jefferson

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MessageSujet: Re: Le compteur de clou et la Métis [Privé]   Dim 24 Fév - 22:39

Les bras croisés sur ses genoux et sa tête posée elle-même sur eux, le gamin gardait les yeux levés vers la jeune femme et son ombre dansante sur le mur pendant qu'elle s'affairait comme si elle était l'hôte et lui l'invité. Lorsqu'elle lui répondit, il plongea son visage dans sa main gauche, sans pour autant s'y attarder, sa main glissant pour caresser sa barbe courte en rendant son sourire à la jeune femme, histoire de se montrer rassurant même si il se savait déjà pris dans l'engrenage d'une autre histoire qui ne devait pas le regarder.

Mais quoi qu'il en soit, il hocha la tête à la dernière question de la brune, reprenant, d'un ton un peu distrait :


- Ouais... Oui, bien sur, j'y vais.

Sans en rajouter, le gamin s'appuya contre le mur dans son dos pour s'aider à se relever. Il demeura immobile un bref instant en regardant Lily, avant de se décider à contourner la table et prendre le récipient métallique. Avec celui-ci, il sortis de la salle mais sans vraiment s'éloigner puisque le tonneau contenant l'eau avait été disposé juste à l'extérieur, ce qui lui permettait de rester au frais et donc d'éviter de développer tranquillement des saloperies en plus de voler l'hypothétique chaleur des rares feux de cheminées que Francis s'autorisait.

Ainsi, il en ôta le couvercle et utilisa minutieusement la grande louche pour remplir le récipient sans perdre une seule goutte qui pourrait le forcer à faire bouillir de la neige pour de nouveau avoir de l'eau potable puisque l'eau du puit était sans aucun doute gelée, elle aussi. Bref, quoi qu'il en soit, il revint rapidement le chaudron plein d'eau et le déposa délicatement sur la table avant de refermer la porte.


- Voila l'eau. Je vais allumer le feu si vous n'avez pas besoin de moi.

Voyant la belle en train de s'occuper au découpage des aliments de ce soir, il n'attendit pas spécialement de réponse et commença à disposer une quantité raisonnable de bois et de brindilles dans l'optique d'obtenir un foyer suffisant mais surtout pas trop couteux pour ses maigres réserves. Ainsi se passe de nombreux durant lesquels il tenta tant bien que mal de lancer le foyer. Lorsque finalement, il lui sembla qu'il put prendre une pause.

A cet instant, bien que la chaleur dégagée ne fut pas énorme, il y avait déjà un léger mieux, bientôt, le gros bois prendrait à son tour. Assis devant l'énorme lumière que dégageaient les flammes, il reprit enfin la parole.


- Personnellement, je ne connais pas de Mayer en ville. Mais dans le même temps, je ne suis pas la depuis très longtemps et si j'ai quelques prénoms, je n'ai pas beaucoup de noms de familles. Passer la plupart de ces journées dans cette boutique crasseuse n'est pas vraiment un tremplin social...
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Lily-Rose Mayer

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MessageSujet: Re: Le compteur de clou et la Métis [Privé]   Lun 25 Fév - 0:51

Lily-Rose fronça les sourcils quand Francis se leva après lui avoir répondu. Il semblait à présent distrait, et lui avait répondu de façon vague quand elle lui avait demandé de remplir le chaudron. La demoiselle retourna dans l’armoire, ayant oublié de prendre un oignon. Elle en trouva un gros caché au fond de la tablette du haut.

« Ce ne sera pas merveilleux, mais au moins nous mangerons à notre faim. » S’enquit Lily plus pour elle-même que pour Francis.

Il revint avec le chaudron plein au ¾, comme l’indienne l’avait demandé. Il proposa alors d’une voix semi-éteinte d’allumer le feu si elle n’avait pas besoin de lui. La métisse acquiesça tout en épluchant les pommes de terre. Son fidèle couteau s’était un peu émoussé à cause de son travail précédent, mais il coupait encore très bien tant la pelure des légumes que la viande fraiche. Francis réussi à allumer le feu et une belle lueur s’ajouta à celle de la lampe dans la petite chambre. La chaleur du feu n’était pas très grande mais au moins, ils auraient de quoi à manger et la chaleur de l’un et de l’autre si le feu ne produisait pas assez de chaleur. Tandis qu’elle coupait en rondelles les carottes, le jeune homme s’installa devant le feu naissant et dit :

« Personnellement, je ne connais pas de Mayer en ville. Mais dans le même temps, je ne suis pas la depuis très longtemps et si j'ai quelques prénoms, je n'ai pas beaucoup de noms de familles. Passer la plupart de ces journées dans cette boutique crasseuse n'est pas vraiment un tremplin social... »

Lily-Rose jeta un coup d’œil vers l’homme puis haussa les épaules en épluchant une autre carotte.

« Ah, j’ai presque abandonné l’idée de voir mon père un jour…C’est pour ça que j’ai décidé de m’établir ici. Mais je garde quand même un petit espoir, qui sait… »

Le silence s’installa suite aux mots de la jeune métisse. Celle-ci avait fini de préparer la soupe et l’installait à présent au-dessus du feu qui était devenu un vrai feu de cheminée. Il lui rester un peu moins que la moitié de viande, elle entreprit donc de couper le reste en fines lanières et de le faire fumer au-dessus du feu. Le travail enfin terminé, Lily s’installa aux côtés de Francis. Il était très tranquille, ne pipant mot depuis qu’elle avait commencé à préparer le diner. La demoiselle se décala vers le jeune homme et son flanc se colla à celui de Francis. Sa robe en lambeaux ne la réchauffait gère, pareillement pour la couverture sur ses épaules. Alors la chaleur du corps de Francis fut la bienvenue. Ses joues rosirent un instant, autant dû à la proximité de Francis qu’au feu dans la cheminée. La soupe commençait déjà à bouillonnée, Lily-Rose touilla le mélange avec une louche, les cubes de viande laissant maintenant échapper une bonne odeur de gras et de viande semi-cuite. La jeune femme enleva la louche puis recouvrit le chaudron de son couvercle. Lily soupira d’aise puis dit à Francis :

« Merci d’avoir accepté de me loger. Elle fit une pause en regardant les flammes.Je suis à moitié indienne…Vous avez dû le remarquer…Je peux paraitre effrayante dans mes coutumes, je l’avoue…Elle jeta un coup d’œil au jeune homme. Mais je ne suis pas méchante croyez-moi! Lily soupira. Elle tourna ses yeux verrons devenus brillants grâce aux flammes vers Francis. Elle leva une main et effleura le visage du jeune homme. Vous semblez jeune…Quel âge avez-vous? » dit-elle en faisant retomber sa main.
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Francis Jefferson

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MessageSujet: Re: Le compteur de clou et la Métis [Privé]   Lun 25 Fév - 1:47

Restant devant le feu alors que la jeune femme terminait de préparer la viande et les légumes, il leva la tête et la regarda par dessus son épaule lorsqu'elle lui répondit. A l'issue de ces quelques mots, il haussa lui même les épaules et se pencha sur le côté pour se saisir de son tisonnier afin de bien placer les buches par rapport au foyer.

- L'espoir, c'est tout ce qu'il nous reste ici. Les gens viennent mais repartent rarement. Je ne sais même pas si il est possible, avec une belle journée de printemps et un cheval émérite, de fuir suffisamment vite les lieux pour échapper aux foutus monstres du coin. Au moins ils n'ouvrent pas les portes donc pas de courants d'airs.

Puis, peu après, la belle vint avec toute la nourriture et entreprit de placer tout cela sur le feu, et surement bien mieux que l'aurait fait Francis qui était plus habitué aux feux de camps occasionnellement nourris au charbon, des feux qui faisaient reculer coyotes, loups et ours et permettaient aux tours de gardes de passer lentement mais agréablement, surtout avec un peu de tabac échangé contre quelques sous.

Une fois la nourriture en place, il la regarda, sans animosité, s'installer à son côté puis, peu à peu, se rapprocher de lui, et il comprend rapidement le pourquoi du comment lorsque, même à travers ses vêtements, il effleura sa peau, froide, la pauvre devait être encore moins grasse que lui et sa tenue ne devait plus être un grand rempart contre le froid... Cependant, pas vraiment le temps de penser à ce qu'il pourrait faire, et encore moins à se donner la volonté de prendre une initiative. Déjà, l'indienne était de nouveau en train de s'occuper de la nourriture pendant que Francis se sentait presque redevenir un gosse, attendant gentiment que sa mère ait finit de préparer le repas pour se risquer à s'éloigner de cette douillette chaleur.

Enfin, un soupire, puis quelques confidences et remerciements, puis un autre soupire. Tournant lui même son regard vers Lily, il sembla prêt à répondre quelque chose lorsqu'elle frôlé son visage de sa main, avec une nouvelle questions sur les lèvres, une question à laquelle il répondit avec un grand naturel.


- Moui, j'ai vingt-deux ans. C'est bien pour ça que je vit ici.

Quelques peu enhardit par le geste de son interlocutrice, le jeune homme se redressa un peu et se reposa ensuite sur ses genoux. Tourné vers elle, il se défit totalement de sa fourrure et, quoi qu'elle ne soit franchement pas d'un grand luxe ni même d'une qualité convenable, il en enveloppa la belle avant de se laisser reprendre une position plus agréable, sur son fessier de cul-terreux.

- Vous en avez plus besoin que moi je pense. Aussi... Je ne vous embêterais pas. Même si cela me donne des frissons de manger du cheval, au moins, je suis sur que ce n'est pas cette nuit que le froid ou la faim me prendra, et ça, je vous le doit bien.

Vous pourrez rester jusqu'à demain matin. Ensuite, il me faudra descendre ouvrir le magasin et je ne pourrais pas vous garder derrière,en revanche, vous pourrez essayer de faire quelques emplettes avec les quelques magasins encore ouverts et vous trouverez soit une chambre au saloon, soit une maison qui accueillera avec joie une personne en plus tant la nourriture manque beaucoup moins que la chaleur pour certains.

D'ailleurs, évitez quand même de passer pour une sauvage, il y a beaucoup de gens bien ici... Mais ce ne sont pas souvent les gens biens qui pourront vous offrir un abri pour tout l'hiver...


Doucement, il croisa les bras et frotta ses mains sur ses biceps pour contrer une brève sensation de froid venant de derrière lui. Il regarda brièvement le feu, puis Lily, demandant finalement :

- Pourquoi n'êtes vous pas partie directement au sud ? Vous auriez put tomber sur une ville plus agréable et votre cheval... N'en serais pas la...
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Lily-Rose Mayer

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MessageSujet: Re: Le compteur de clou et la Métis [Privé]   Lun 25 Fév - 2:39

22 ans. Il avait donc 2 ans de moins qu’elle. Il n’en avait pourtant pas l’air. Lily trouvait qu’il avait l’air d’un homme à peine sorti de sa phase d’adolescence. Son visage à peine barbu l’avait induite en erreur, à sa grande honte. Peu après lui avoir révélé son âge, Francis se tourna vers elle et lui couvrit les épaules de sa fourrure. La demoiselle sursauta puis tint de ses mains le cadeau improvisé du jeune homme. Il dit alors en se rasseyant :

« Vous en avez plus besoin que moi je pense. Aussi... Je ne vous embêterais pas. Même si cela me donne des frissons de manger du cheval, au moins, je suis sur que ce n'est pas cette nuit que le froid ou la faim me prendra, et ça, je vous le doit bien.

Vous pourrez rester jusqu'à demain matin. Ensuite, il me faudra descendre ouvrir le magasin et je ne pourrais pas vous garder derrière,en revanche, vous pourrez essayer de faire quelques emplettes avec les quelques magasins encore ouverts et vous trouverez soit une chambre au saloon, soit une maison qui accueillera avec joie une personne en plus tant la nourriture manque beaucoup moins que la chaleur pour certains.

D'ailleurs, évitez quand même de passer pour une sauvage, il y a beaucoup de gens bien ici... Mais ce ne sont pas souvent les gens biens qui pourront vous offrir un abri pour tout l'hiver... »


Lily-Rose l’écouta sans broncher, tout en enlevant le couvercle de sur le chaudron de soupe. Quand le jeune homme lui avait dit ne pas pouvoir la garder plus longtemps que le lendemain, l’indienne éprouva un pincement au cœur. Il croisa ses bras, son orgueil d’homme rechignant au froid. La demoiselle attrapa la louche pour touiller le diner quand l’homme renchérit en la regardant :

« Pourquoi n'êtes vous pas partie directement au sud ? Vous auriez put tomber sur une ville plus agréable et votre cheval... N'en serais pas la... »

Lily répondit par un simple mot en haussant les épaules :

« L’instinct »

La jeune métisse retira la louche du chaudron et se plaça à genoux tout en déposant l’ustensile dans un bol près du feu. Alors, rapide comme un lynx, elle se tourna vers le jeune homme, le fit pivoter – malgré l’épuisement qui l’accablait, elle n’eut aucun mal à faire pivoter complètement le torse de l’homme vers elle, lui faisant plier la jambe gauche, genoux vers elle, tandis que la droite restait dans la même position – puis enserra son cou de ses bras. Malgré sa force de taureau, elle ne le sera pas fort. Elle y alla tout de douceur mais avec une certaine fermeté. Ses épaules tressautèrent tandis que Lily essayait de retenir ses larmes. D’une voix chevrotante, elle dit :

« Je vous en prie! Vous êtes le seul depuis que j’ai quitté mon village qui ne semble pas me détester par ma couleur de peau! S’il vous plait laissez rester avec vous! »

La métisse blottit son visage dans le cou de l’homme, sa chaleur la rassurant quelque peu. Elle était très près de Francis, et ne semblait pas vouloir le lâcher tout de suite. Son souffle court effleura la peau ainsi que l’oreille du jeune américain, sa main droite passa dans les cheveux de Francis tandis qu’elle calmait ses sanglots. Plusieurs minutes s’écoulèrent en silence, puis Lily-Rose dit doucement :

« La soupe doit être prête… » Sans pour autant lâcher Francis.
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MessageSujet: Re: Le compteur de clou et la Métis [Privé]   Lun 25 Fév - 13:00

En réponse à sa dernière question, ce que dit la jeune femme lui fit hocher sa petite tête et légèrement hausser les épaules. Lui même n'avait que peu d'instinct et agissait plus par logique et par rationalité. Et c'est bien pour ça qu'il s'imaginait impossible de fuir les lieux assez vite pour ne pas être pris par les monstres, une fois seul et isolé.

Distrait, dans ses pensées, il observa Lily manipuler encore quelques peu les ustensiles et, pour le coup, ne réalisa que deux à trois secondes plus tard qu'il se faisait doucement manipuler. Sur le coup, cela aurait put quelques peu l'effrayer mais... Même si la surprise lui avait fait faire quelques mouvements réflexes, ils s'en étaient trouvés totalement stoppés par la force brut de son interlocutrice.

A l'instant ou il s'était vu un peu plus libéré de ses mouvements, ceux de recul n'était déjà plus à l'ordre du jour, totalement annihilé par les doux effluves de féminité qui lui remontaient dans le nez l’enivrait littéralement, et sans aucun doute grâce à la situation se prêtant plus à ce genre de pensées et de relâchement. Quoi qu'il en soit, bien qu'agréablement étourdit par tout cela, il leva sa main gauche dans le dos de l'indienne pour le tapoter maladroitement à travers la fourrure, sans rien dire.

Bizarrement, il se mis à se demander si, ainsi serrés, elle pouvait sentir son cœur battre bien trop vite, que ce soit au niveau de leurs corps quasiment collés ou de son cou quelle serrait. Étonnamment, ce genre d'aventure ça n'avait l'air que pour lui... Entre la desperados se faisant passer pour une braqueuse au grand cœur et la demi-indienne éplorée ayant l'air aussi sensible qu'elle n'en est forte... Ne plus être dans les chemin de fer lui offrait un meilleur contact avec le genre féminin, mais dans le même temps, il n'était pas si malheureux à éviter ce genre de moment gênant...

Malheureusement, il ne pouvait accorder le logis à une étrangère, il se ferrait virer, et du coup, ils seraient tous deux à la rue mais... Au moment ou il s'apprêta à briser ce doux instant, on lui rappela à son bon souvenir qu'un délicieux et copieux repas les attendaient. De ce fait, sa main glissa le long de la fourrure qu'il avait momentanément prêtée à son invitée, le contact ne se défaisant que lorsqu'il effleura ses reins, un peu gêné.

Cependant, toujours enlacé à elle, il lui murmura à l'oreille, désirant mettre fin à cet instant aussi intime qu'inadapté au fait qu'ils soient encore littéralement des inconnus l'un pour l'autre.


- Nous allons voir ce qu'on peut faire... Nous réfléchirons mieux le ventre plein. Et... Je pense que je réfléchirais un peu mieux également sans votre parfum qui détourne mes pensées.

Il étira ses lèvres en un sourire un peu gêné et redressa la tête, les yeux dans la vague. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas eu l'occasion de dire ce genre de choses, il l'avait bien frôlé avec la mexicaine, par la faute de sa grande gueule bien incapable de garder quelques paroles au fond de sa tête, mais contre toute attente, elle ne l'avait pas encore amené à lui faire lâcher des indices sur son trouble.

Mais dans le même temps, quelle femme ne se douterait pas du trouble qu'elle puisse causes à un homme aussi jeune ?


- Voulez vous que je vous serve, mademoiselle Mayer ?
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Lily-Rose Mayer

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MessageSujet: Re: Le compteur de clou et la Métis [Privé]   Lun 25 Fév - 16:02

Après ce long et intimidant moment, le cœur de Francis battant la chamade sur son cou, Lily ne voulait pas le lâcher. Jamais auparavant elle n’avait eu de proximité avec un homme. De 2 ans son cadet, il n’était pas si jeune en fin de compte. Il avait à peine de quoi couvrir son visage en matière de poils et avait gardé un visage semi-enfantin. Il lui avait tapoté le dos maladroitement, ne sachant pas trop quoi faire avec une femme à son cou. Peu après, il fit descendre sa main, toujours par-dessus la fourrure qu’il lui avait prêté, jusqu’à ses reins puis la retira. À cet instant, la demoiselle cabra légèrement les reins vers l’avant une chaleur s’infusant tout en elle. Après ce silence chaud et pesant, Francis dit :

« Nous allons voir ce qu'on peut faire... Nous réfléchirons mieux le ventre plein. Et... Je pense que je réfléchirais un peu mieux également sans votre parfum qui détourne mes pensées. »

La jeune indienne lâcha un petit soupir en rougissant; tout n’était pas perdu au moins. Il avait probablement raison, le ventre vide, l’on réfléchissait toujours étrangement. Comme elle ne le lâchait toujours pas, il ajouta :

« Voulez vous que je vous serve, mademoiselle Mayer ? »


Lily-Rose émit un petit rire doux à l’oreille de Francis.

« Ça ne sera pas nécessaire, Francis. Je préfère vous servir moi-même. »

Puis, dans un geste délicat, elle lui embrassa du bout des lèvres la veine jugulaire. Lily laissa passer d’infimes secondes puis s’éloigna du jeune homme. Son cœur battait à tout rompre, elle avait plus chaud qu’elle ne le devrait avec le feu. L’odeur de la soupe indiquait que la viande était cuite, la soupe était prête. Lily se détourna de Francis puis enleva le couvercle de sur le chaudron. Agrippant la louche, elle servit un bol plein à Francis puis à elle-même. Se levant, elle déposa les deux bols sur la table puis dit :

« C’est prêt Francis, j’espère que vous aimerez. »

Deux cuillères étaient déjà sur la table, devant l’une et l’autre des chaises. La soupe était presque devenue un ragout grâce à toute la viande qu'y avait mit Lily. La demoiselle alla vers le chaudron, enleva la louche et remit le couvercle. Francis toujours assit par terre, la jeune femme enleva la fourrure prêtée de sur ses épaules, la chaleur du feu ainsi que de l'action précédente lui avait donner assez chaud pour ne plus grelotter. Lily-Rose plia le dos, posant une main sur sa cuisse puis attrapa doucement l'une des mains de Francis pour l'amener à se lever. Elle ne se rendit pas compte qu'elle offrit une vue plus que généreuse sur sa poitrine de cette façon. Le jeune homme levé, la métisse s'installa à la table en la tapotant pour y inviter l'américain.
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MessageSujet: Re: Le compteur de clou et la Métis [Privé]   Lun 25 Fév - 17:07

A la réponse de l'indienne, son sourire s'élargit et un bref rire s'échappa d'entre ses lèvres, secouant à peine son corps encore emprisonnée dans son étreinte. Lorsqu'il sentit l'humidité d'un baiser, même distant, dans son cou, le jeune homme se raidit légèrement, frissonnant et tremblant quelques peu. Et alors quelle se relevait, le délaissait enfin, lui même resta quelque peu béat. Assez lucide encore pour éviter de rester la bouche grande ouverte dans son expression de surprise et de trouble certain, il n'en aura pas moins l'air quelques peu gêné.

Toujours assis, il suivait Lily du regard, vraiment silencieux pour le coup. Depuis l'instant ou il l'avait laissé approcher, cela n'était plus qu'une succession d'instants un peu gênant mêlant sensualité et érotisme à la gêne et la maladresse. Un peu comme deux mariés lors de leur nuit de noce, mais bien plus étrange lorsqu'il s'agit d'une belle inconnue qui semble comme tombée du ciel, venue pour réchauffer le corps et l'âme.

Ce pouvait également être une tentatrice profitant du froid pour rendre son offre plus tentante encore, mais il n'y avait pas moyen de savoir, pas moyen de comprendre ce qu'il devait faire... Et il n'était plus du tout temps d'aller voir le prêtre pour demander conseil, pour cet fin d'après-midi, cette soirée et cette nuit... Ce serait entre elle et lui sans qu'il put vraiment savoir ce qu'il en serait.

Soudainement, sa voix retentit à nouveau à ses oreilles, le remettant à sa place avant que sa petite main ne se tende vers lui, se saisissant doucement de la sienne. A cet instant, cela lui sembla encore plus troublant, que ce soit le fait de se faire à moitié materner par cette inconnue, ou alors de mêler justement cette idée d'être maternée par une femme qui le troublait tant qu'il lui sembla fort judicieux de ne pas trop exposer son bas-ventre à la lumière. Eh oui, il faut bien l'admettre, les rondeurs de la féminité, en cette période de disette qui amaigris les femmes, surtout avec une si belle vue, c'est d'un traître...


- Hem, merci, ça va aller.

Sans pour autant oser fuir la main de Lily-Rose avec la sienne, il se releva assez rapidement sur ses jambes pour se diriger vers sa chaise, se décidant à un petit peu détourner la conversation, juste un peu, histoire d'éviter, au moins le temps du repas, d'avoir chaud absolument partout au point d'avoir des envies furtives de se jeter dans la neige pour ne pas céder à des pulsions digne d'un adolescent.

- Je suis sur que ce sera délicieux. Cela fait une éternité que je n'ai pas mangé quelque chose d'aussi soigneusement préparé. Je ne suis pas un fin cuisinier, et ceux qui faisaient la tambouille ou je bossais avant n'en étaient pas non plus, quoi qu'on eut jamais put admettre que ce n'était pas comestible.

Sur ce, il eut un joli sourire et s'assit à sa place. Du coup, il attendit que la jeune femme fasse de même avant de tendre ses mains vers cette dernière, paume vers le haut et attendant visiblement quelles ne les lient à les siennes. Très souriant, il attendit que la jeune femme ne glisse les siennes dedans, baissant alors la tête sans plus vraiment prêter attention à Lily.

Quoi qu'il en soit, il se mit alors à prier à demi-voix, yeux fermés, récitant le bénédicité comme il se doit sans vraiment, pour le coup, penser au fait qu'il puisse incommoder la jeune femme. Dans le même temps, quoi qu'il ne soit pas adepte de ce genre de justice, cela n'en était pas moins un juste retour des choses face à la mise à mort du pauvre équidé, plus tôt dans l'après-midi.

Lorsqu'il eut finit, il redressa la tête et caressa brièvement les mains de son invitée en lui souhaitant, d'une voix qui pourrait avoir de nombreuses signification, depuis celle de l'inquiètant homme de dieu qui parle à sa brebis égaré, comme le gamin content de ne pas diner seul et surtout en si belle compagnie :


- Bon appétit mademoiselle Mayer.
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MessageSujet: Re: Le compteur de clou et la Métis [Privé]   Mar 26 Fév - 4:44

La bonne chaleur du feu s’était infusée partout dans la pièce, permettant au duo de s’installer à la table pour manger à l’aise. Deux bons bols de soupe trônaient sur cette table, Lily-Rose regardant Francis debout près de sa chaise. Alors que la demoiselle attendait le jeune homme avant de manger, il dit :

« Je suis sur que ce sera délicieux. Cela fait une éternité que je n'ai pas mangé quelque chose d'aussi soigneusement préparé. Je ne suis pas un fin cuisinier, et ceux qui faisaient la tambouille ou je bossais avant n'en étaient pas non plus, quoi qu'on eut jamais put admettre que ce n'était pas comestible. »

La jeune indienne sourit puis pris sa cuillère. Mais Francis s’avança un peu vers elle, posa ses coudes sur la table et, les paumes vers le ciel, la regarda sans dire un mot; il semblait attendre quelque chose. La métisse fronça les sourcils un instant, ne comprenant pas ce qu’il attendait d’elle. Puis, elle se risqua à reposer sa cuillère et à lever ses mains. Ses petites mains douces mais résistantes se posèrent dans celles de Francis, chaudes et rassurantes. Il les referma puis, fermant les yeux, il commença à parler à voix basse. Lily-Rose le regarda avec curiosité, elle se rappela alors ce que ses frères et sœurs de tribu lui avait dit à propos de la culture des américains. La chrétienté était pratiquement la seule religion prônée dans le coin, qui consistait à croire en un seul dieu, un dieu tout puissant qui avait tout créer. La jeune femme ne croyait pas aux dieux, simplement à la continuité de la vie à travers la mort; la réincarnation en somme. Elle comprit que Francis était entrain de prier ce dieu tout puissant. La demoiselle le laissa faire sa prière sans dire un mot, respectant sa religion. Il ouvrit les yeux puis, sous la surprise de Lily, lui caressa les mains en disant :

« Bon appétit mademoiselle Mayer. »

La demoiselle caressa à son tour les mains rudes de Francis en lui souhaitant elle aussi « bon appétit ». L’indienne retira doucement ses mains de celles du gamin, bien malgré elle car elle commençait à aimer la proximité qu’elle entretenait avec lui. Biensur, ils étaient des inconnus. Mais Lily avait l’intuition qu’elle allait devenir plus intime avec Francis. Lily-Rose se dit que même si l’ambiance était devenue plus chaude, elle se devait d’expliquer à Francis pourquoi elle avait fait des gestes si familiers.

« Francis, si je vous ai choqué parce mes gestes je m’excuse d’avance. C’est simplement que dans mon village, tout le monde est très familier, et je n’ai jamais connu de jeune homme américain…Elle regarda la petite fenêtre ou la lumière du jour était presque complètement effacée. Enfin, mangeons! »

La jeune femme prit sa cuillère et entama la soupe encore fumante. Soufflant sur sa première cuillérée, elle l’engouffra dans sa bouche; la bonne odeur de viande et de légumes ne lui permettant plus d’attendre. La proximité précédente avec Francis lui avait quelque peu fait oublier les bonnes odeurs qui avaient envahis la pièce. Mais maintenant elle était complètement absorbée par la soupe. La première bouchée fut somptueuse malgré la simplicité du plat. Après n’avoir mangé que du pain ranci depuis des jours, la viande de cheval était merveilleuse. À la façon dont Francis engloutissait son bol, Lily pensa se dit qu’il devait trouver la soupe tout aussi merveilleuse qu’elle. Un silence non pas pesant mais bien de délectation régnait dans la salle de vie. Le duo manga 2 bols de soupe; il en resta même encore pour 4 autres bols. La demoiselle regarda le feu qui se mourrait. Évidemment, il fallait préserver la réserve de bois simplement pour faire cuire la nourriture. Pour la chaleur, ils devraient pour cette nuit se contenter de dormir collés l’un à l’autre sous leur couverture. Lily regarda de nouveau la fenêtre; il faisait à présent nuit noire dehors. Il ne devait par contre pas être tard vu que l’hiver raccourcissait le jour. L’indienne s’étira sur sa chaise, cabrant le dos vers l’arrière. Lily-Rose se leva lentement puis alla s’installer sur la paillasse. Elle dit alors dans la semi-obscurité :

« Je crois qu’on devrait aller dormir après un bon repas… »
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Francis Jefferson

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MessageSujet: Re: Le compteur de clou et la Métis [Privé]   Mar 26 Fév - 12:02

A peine avaient-ils doucement séparés leurs mains que le jeune homme s'était saisis de ses couverts. Cependant, avant même d'avoir touché la nourriture, il releva son regard vers l'indienne qui tenait à s'expliquer visiblement. Bien sur, histoire de se rappeler à son bon souvenir tous ces contacts troublants, la réaction ne se fit pas attendre, le plongeant à nouveau dans une semi-ébullition. Malgré tout, il sut hocher vivement la tête lorsque Lily se décida elle-même à manger.

Et quel repas mes aïeux ! Le gamin aurait bien eu toutes les peines du monde à se rappeler le dernier repas aussi copieux et agréable tant il remontait à de trop nombreuses années. L'on admettra bien qu'il eut quelques réticences à mettre en bouche les premiers morceaux de viandes, puis qu'il s'en accommoda bien rapidement en voyant bien que tout cela n'était pas différent d'une bonne viande de bœuf. C'est ainsi qu'il engloutit avec voracité son repas, le premier bol comme le second, ne s'autorisant ensuite qu'un bref temps de repos avant de descendre de sa chaise et s'emparer de son soufflet pour forcer le feu à perdurer encore quelques instants.

Malheureusement, devant ses efforts qu'il considéra vain, il renonça, regardant Lily par dessus son épaule alors que seule la lampe à huile leur fournissait une lumière stable, la lune n'étant elle pas d'humeur à lui offrir un peu de clarté dans la nuit. La jeune femme lui fit alors remarquer l'évidence, il ne restait plus rien à faire à part profiter de la chaleur ambiante pour trouver le sommeil le plus agréable possible.

Sans dire quoi que ce soit, Francis abandonna le soufflet et repris sa fourrure restée au sol. Il s'avança jusqu'au pied de la paillasse et prit alors le temps de se défaire de ses bottes de cuir bon marché, libérant enfin ses pieds qui auraient enfin le droit à la nuit pour reprendre leur volume normal. C'est là que les choses se corsèrent un tant soit peu, le faisant diablement ralentir pour venir s'installer.


- Heu... Il vaut mieux que je me mette... Près du mur. Il est froid, j'ai l'habitude.

Malgré la pénombre, il offrit un sourire à Lily et, une fois que l'espace lui parut suffisant pour éviter de la bousculer, il vint s'allonger, doucement, à son côté, avant de rabattre la fourrure sur eux, ce qui ne fut pas mince affaire et le força quelques peu à la coller pour qu'ils puissent réellement partager cette couverture là. A cet instant, l'américain eut un léger rire nerveux, s'exprimant alors pour s'expliquer, en marmonnant bien sur, comme si quelqu'un allait les entendre tiens !

- Au moins, vous n'êtes pas une rombière qui s'offusquera du contact durant la nuit.

Cependant, on reconnaitra que, bien qu'ils soient pour ainsi dire collés l'un à l'autre, cela ne semblait pas être différent de l'étreinte de tout à l'heure. Gêné et échauffés quoi que tout habillés... A cela prêt que le trouble du jeune homme n'avait surement plus aucune chance de passer inaperçu... Mais quel homme aurait réellement put totalement se dominer dans ce cas ?
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Le compteur de clou et la Métis [Privé]
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