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 Un dîner presque parfait

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Franck Baxter



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MessageSujet: Un dîner presque parfait   Dim 22 Avr - 16:05

Ce soir le ranch était en ébullition, ce soir, Mr Baxter recevait une personne importante. Les plus belles nappes brodées étaient de sorties ainsi que le service en argent. Mataïna, la servante ancienne esclave des Chesterfield les avait lustré afin qu'il brillent de mille feux. Ici et là, elle avait rajouté des fleurs de ce début de printemps pour égayer la maison et lui ôter le côté rustique que l'hiver et les longs mois chauffés au feu de bois lui avait donné.

Le bout de famille qui assistait au repas s'était aussi mis sur son 31. Il y avait bien sûr Mr Baxter au costume impeccable et à la moustache fine et taillée. Une de ses filles est aussi présente ainsi que le benjamin de la famille, Barney, âgé de 14 ans, la raie sur le côté, les yeux bleus de son père et les cheveux blonds de sa mère. Feebee et Spinkle seront aussi de la partie, ce sont de faux jumeaux de 6 ans, petits enfants de Franck Baxter. Son père les a laissés sous la garde de leur grand-père durant la semaine (il devait s'absenter à Canyon city pour affaires). La jeune fille, Feebee, au regard espiègle et aux longs cheveux châtains passe son temps à embêter son frère, un petit gaillard chétif à la tignasse éternellement en bataille.

En attendant leur invité, tout le monde vaquait à leurs occupations dans le salon où une grande cheminée surmontée d'une tête de bison émergeait d'un plancher soigneusement ciré et des peaux d'ours tels un obélisque à la gloire d'un ancien dieu païen.
Le grand-père racontait une histoire aux petits près des flammes dansantes de la cheminée. La fille de Baxter, une blonde aux arlésiennes très soignées cousait à côté tandis que Barney nettoyait un fusil comme Jesse lui avait montré.

Afin d'éviter à son invité de faire de mauvaises rencontres, Baxter avait donné l'ordre à Jesse d'aller chercher en chariot la demoiselle. Bien qu'un brin étonné, le cow-boy obéit docilement.

L'annonce d'une héritière avait en effet fait l'effet d'une bombe à Sunset. Alors que Baxter pensait pouvoir garder le troupeau du décédé Chesterfield, voilà qu'on apprenait que le vieux avait légué son ranch à une pied tendre du continent.
Cette dernière, petite fille de l'ancien chercheur d'or, n'avait pas hésité à traverser l'océan pour reprendre son dû, faisant fi des dangers que l'Ouest sauvage préparait à ses nouveaux arrivants.

Mais je parle, je parle et voilà que déjà le bruit de la calèche rompt la quiétude du lieu, poussant le majordome à revenir à son poste. Il attendait dans le hall pour s'enquérir de décharger les invités de leurs frusques...
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Elisabeth Chesterfield



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MessageSujet: Re: Un dîner presque parfait   Mer 2 Mai - 18:56

L'étrange invitation était tombée et rien n'avait laissé présager qu'il en serait ainsi. Lorsqu'Elisabeth eut entre ses mains la missive du plus grand notable de la région, son sang ne fit qu'un tour. Ainsi, ce n'était pas elle qui allait à sa rencontre, mais bien Baxter qui venait à elle. Que demander de plus ? Des explications, cela va sans dire ! Néanmoins, pour l'instant, la petite fille de Georges Chesterfield envisageait une discussion on ne peut plus simple entre grand de ce monde. Elle voulait surtout récupérer son bétail et tenter de comprendre à travers ses propres yeux qui était cet homme dont tout le monde parlait. Ainsi, Elisabeth avait pris sa plus belle plume pour répondre de manière élégante à la délicate invitation qu'elle avait reçue. Le style de ce Baxter était simple et charmant à la fois, ce fut pourquoi elle fit de même, ne montrant pas la moindre animosité à travers ses mots, avant de faire parvenir la précieuse missive à son destinataire.

Néanmoins, n'allait-elle pas se fourrer dans la gueule du loup ? Elle devait arrêter de voir tout en noir et positiver... Il n'allait tout de même pas l'assassiner ! Ou du moins pas maintenant. Soupirant, la jeune femme était en train de choisir sa toilette lorsque ces pensées négatives commencèrent à la hanter. Elle n'y pouvait rien, elle devait faire avec. Peut-être en apprendrait-elle plus sur ce fameux incendie... ou pas. Il fallait mettre les pieds dans ce ranch pour espérer décrocher une ou deux informations et cela avec le sourire. Par contre, un autre point la turlupinait : seront-ils seuls pour discuter ? Ou le clan Baxter serait-il au complet pour l'accueillir ? Surprise, surprise... De toute manière, Élisabeth ne pouvait rivaliser en nombre, car même si elle avait commencé à recruter du monde grâce à sa grande fortune, elle ne pouvait les inviter à table avec elle. Qu'importe, un Chesterfield n'avait peur de rien et ce fut avec cette conviction à l'esprit que la jeune femme choisit enfin sa tenue. Une robe beige fraichement achetée et à la mode et Sunset Hill ferait parfaitement l'affaire

L'heure arriva bien rapidement et la calèche la conduisant vers le fameux ranch semblait se déplacer à la vitesse de la lumière. Élisabeth était partagée entre un sentiment d'excitation et d'inquiétude. Peut-être était-ce normal, peut-être était-ce l'effet que ce Baxter produisait lorsque l'on ne le connaissait pas. Qu'importe, la petite fille de Georges Chesterfield était invincible et elle ne ressortirait que plus forte de cette expérience. La calèche s'immobilisa alors, signe qu'elle était arrivée. L'imposant ranch se dressait maintenant devant elle, lui arrachant un sourire : il était nettement en meilleur état que le sien ! Décidément, elle n'allait pas devoir y aller de main morte lors de la reconstruction si elle voulait égaler celui du grand Baxter !

Elle pénétra donc dans la demeure avec le sourire aux lèvres, dénuée de tout doute, la force et la rage de vaincre en elle. La londonienne ne put malheureusement pas examiner bien longtemps la décoration intérieure qui était à la hauteur de l'imposante bâtisse, que déjà son hôte venait l'accueillir. Voilà donc le fameux Baxter en personne. La première chose qui la frappa : son physique. Elle n'était pas capable d'évaluer son âge, mais elle en déduit qu'il était plus jeune que Georges. Sa moustache, parfaitement taillée, le vieillissait légèrement. Son visage était sévère, même si ce soir il semblait lui donner une tout autre apparence. Enfin, il était grand, plus grand qu'elle, ce qui lui donnait quelque chose d'impressionnant, mais Élisabeth n'était pas du genre à se dégonfler… pas maintenant.

« Bien le bonsoir M. Baxter. Je suis très heureuse d’être ici ce soir et d’enfin pouvoir vous rencontrer. J’avais prévu de venir à votre rencontre et je m’excuse de n’avoir pu le faire… Comme vous vous en doutez, j’ai vraiment été très très occupée ces derniers temps… »

Et elle accompagna ses dires d’un nouveau doux sourire.
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Franck Baxter



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MessageSujet: Re: Un dîner presque parfait   Dim 13 Mai - 19:20

Le vieux renard l'accueillit à bras ouvert de façon distingué comme à son habitude.

- Mlle Chesterfield, quelle honneur de vous recevoir dans mon humble demeure. Franck Baxter, enchanté. Avez-vous fait bon voyage ? Jesse ne s'est-il pas montré trop rustre ?


Et dans le même temps, il lui prit la main pour déposer un baiser sur le dos de cette dernière. Ce n'était pas parce qu'on était dans le grand Ouest que les règles de civilités devaient disparaître, surtout lorsque ces dernières sont si délicates.

- Je vous en prie, venez, venez, je vais vous présenter ma petite famille... Ha Je comprends mieux pourquoi ce filou de Georges m'a caché l'existence de sa si jolie petite-fille, il devait vous protéger tel un bijou précieux.


Ce faisant, il l'entraîna dans le salon où les autres membres de sa famille s'étaient déjà mis en rang.

- "Voici ma fille," tandis que le rancher dévoilait le nom de sa cadette, une bûche explosa et empêcha de saisir le nom. Comme son paternel, elle avait hérité de ses yeux bleus et du charisme de la famille. Elle avait apparemment le même âge qu'Elisabeth."Barney, le benjamin de la famille, Feebee et Spinkle, mes tendres petits enfants. Mais j'imagine que vous devez mourir de faim, le souper sera bientôt prêt. je peux vous faire le tour du propriétaire pour vous faire patienter..."

Et le voilà qui l'entrainait déjà ailleurs, à croire que Baxter était hyperactif ou peut-être pressé de montrer à chacun l'étendue de sa fortune et de sa réussite. Néanmoins, il ne lui montra que la maison principale. On évitait de traîner dehors à la nuit tombée autant que l'on le pouvait. Elle pu ainsi rencontrer quelques domestiques de la maison qui la saluèrent poliment. L'affaire de Baxter semblait prospérer au vu du nombre de gens qui étaient à son service. Le souper fut bientôt servi et tout ce petit monde pu passer à table. Feebee et Spinkle ne cessait de se taquiner, même si la fille de Baxter les gronda à plusieurs reprises. Le maître de maison ne semblait pas prêter attention aux chamailleries de ses petits enfants, trop occupés à raconter les temps glorieux de sa jeunesse devant une soupe qui ne cessait de refroidir sous l'évocation des souvenirs. Ses yeux bleus brillaient de mille feux sous l'éclat de sa nostalgie.

- J'ai bien connu votre grand-père vous savez. Nous étions dans le premier groupe de colons arrivé sur cette terre. A l'époque, il n'y avait rien, juste une grande plaine désertique et une petite rivière qui coulait. On a fait les 400 coups ensemble, on s'était même associés à l'époque où nous étions orpailleurs. Lui et moi, on a bâti la plupart de ses bâtiments. L'église par exemple, merveilleux bâtiment qui tiendra surement encore durant les siècles à venir... Ha que nous étions jeunes à l'époque. Après l'or, nous avons cherché un moyen moins dangereux de gagner notre croûte. Les gens affluaient pour l'or, les despérados aussi. Nous on s'est rangé dans le bétail et les chevaux, fallait bien nourrir tous les nouveaux arrivants et leur fournir des montures... Ca pas été facile au début avec les Hon-pawas... Et donc aujourd'hui, je suis en face de la petite fille de ce cher Georges, c'est fascinant le destin. Ho, c'est moi qui ai pris soin de votre troupeau en votre absence, vous pouvez le récupérer quand vous le voudrez. Néanmoins, je ne connais pas les raisons qui vous ont poussées à venir à Sunset Hill. Vouliez voir simplement l'endroit où avait vécu votre grand-pêre ou comptez-vous réellement vous installer ici ? La vie dans l'Ouest sauvage n'est pas vraiment indiqué pour quelqu'un de votre éducation. Vous pénétrez dans un monde sauvage et dangereux vous savez ? Surtout que beaucoup de despérados sont venus dans le coin pour récupérer les 250 000 dollars que les frères Bundy ont caché dans le coin... Alors qu'allez-vous faire Elisabeth ? Ho, vous permettez que je vous appelle Elisabeth ?


Il ne s'arrêtait plus, un vrai moulin à paroles. il laissa néanmoins sa question en suspens afin de permettre à son invité de prendre la parole. Ca lui donnait aussi un répit pour enfin attaquer sa soupe... froide.
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Elisabeth Chesterfield



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MessageSujet: Re: Un dîner presque parfait   Ven 8 Juin - 17:08

Le ton employé et le baisemain furent parfaits. On ne pouvait pas reprocher à Monsieur Baxter de ne pas connaitre les bonnes manières du grand monde. Elle le remercia donc et le rassura concernant le savoir-vivre de son homme de main. Puis à la suite de cet accueil on ne peut plus chaleureux et de quelques flatteries, arrivèrent les présentations du clan Baxter, visiblement au grand complet. Élisabeth salua donc, d'un agréable sourire et d'un hochement de tête poli, les différents membres de cette glorieuse famille mise sur son 31 pour la recevoir. Ils avaient fait les choses en grand et cela était tout à leur honneur. La visite de la demeure s'imposa alors comme la suite logique du rituel de bienvenue et Baxter prit un certain plaisir à lui faire visiter chaque petite pièce de son illustre demeure. Là aussi, les choses avaient été faites en grand, rien avoir avec son ranch carbonisé. Enfin, Élisabeth restait persuadée que la bâtisse de son grand-père n'avait rien à envier à celle-ci y fut un temps... Et elle savait également qu'elle retrouverait toute sa grandeur dans les mois à venir, elle en avait fait le serment.

Ce ne fut qu'une fois à table que quelque chose frappa la petite fille de George Chesterfield : la femme de Baxter, où était-elle ? Malheureusement, une réponse s'imposa à elle bien rapidement, mais la politesse et la décence voulaient qu'on ne demande pas à son hôte s'il était veuf ou non. Peut-être le lui en avait-on déjà parlé, mais si c'était le cas, elle ne s'en souvenait plus. En attendant, la soupe était délicieuse, mais Élisabeth n'eut le temps que de la gouter, car déjà Baxter, tel un moulin, entreprit de lui raconter tous les souvenirs de sa jeunesse. Par politesse, la jeune femme l'écouta, le fixant droit dans les yeux, souriant parfois, sans toucher à son repas. Elle fut alors étonnée d'apprendre que son Grand-père et son hôte avaient participé en commun à la construction de l'église, mais après tout pourquoi pas ! S'ils étaient aussi proches et amis que ce que Baxter lui racontait, alors les deux notables avaient tout intérêt à coopérer, ce qu'ils avaient brillamment fait. Elle resta encore un moment silencieuse à l'écouter, n'ayant pas la possibilité de prendre la parole et elle ne put ouvrir la bouche qu'à l'instant même où il lui posa une question... qui était sans importance.

« Bien sûr faites donc ! Si mon père a choisi ce prénom c'est pour qu'il soit utilisé. »

Elle n'allait certainement pas se vexer pour cette familiarité. En attendant, l'impatience de Baxter ne fut pas rassasiée instantanément. Non, Élisabeth prit le temps de réfléchir, choisissant ses mots, se remémorant tous les points clés de cette conversation.

« J'aimerais dans un premier temps vous remercier d'avoir pris soin de mon bétail. Je ne suis pas certaine que tout le monde en aurait fait autant ! Sachez néanmoins que je vous dédommagerai pour les frais engagés, cela va sans dire ! »

Avait-il réellement eu de mauvaises intentions en récupérant ce bétail ? Il avait fait le bon choix : pourquoi laisser mourir des bêtes à l'abandon ? Autant les récupérer, cela tombait sous le sens.

« Si je suis ici, c'est pour reprendre l'activité de mon grand-père. Mais vous avez raison, l'ouest sauvage cache bien des surprises et je ne m'y étais pas préparée. Seulement, il n'est jamais trop tard pour apprendre ! »

Ce n'était pas un mensonge, c'était la vérité. Vérité incomplète, mais cela ne faisait pas d'elle une menteuse... De toute manière, elle ne mentait jamais.

« Je ne pourrai malheureusement pas y arriver toute seule... Je vais devoir recruter du beau monde pour pouvoir faire tourner et surtout reconstruire notre ranch. J'espère également pouvoir profiter de vos bons conseils si vous en avez à me donner... »

Un drôle de sentiment venait de traverser Élisabeth... Et si Baxter n'y était véritablement pour rien dans cette affaire ? Il avait l'air d'une gentillesse sans limite et il semblait avoir eu de forts sentiments d'amitié envers Georges. Malheureusement, les apparences sont souvent trompeuses.

« La soupe est très bonne ! Conclut-elle finalement. »
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Franck Baxter



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MessageSujet: Re: Un dîner presque parfait   Mar 12 Juin - 20:26

Franck pu profiter de cet arrêt pour déguster sa soupe. Une soupe bien chaude qui revigorait son homme en ce début de printemps frisquet... Enfin, il avait tant parler que sa soupe n'était plus vraiment "chaleureuse". elle n'en restait pas non moins excellente. pour le prix dont il s’acquittait pour son personnel, elle pouvait l'être. Mr Baxter choisissait ses employés avec soin, notamment lorsque ces derniers entre dans la demeure familiale. il devait pouvoir leur faire confiance.

Il sourit comme un grand-père lorsqu'Elisabeth lui permis d'user de son prénom.
Mlle Chesterfield expliqua clairement la raison de sa venue. Reprendre la ferme familiale, rien que ça... Elle était venue voir du pays, elle allait être servie à Sunset Hill...

Alors que le majordome apporta la suite, à savoir, une bonne pièce de boeuf juteuse à chacun ornementé de pommes de terre et d'une sauce onctueuse, le maître de maison reprit la parole:

- Ne vous inquiétez pas pour le dédommagement, même si j'avoue qu'il ferait du bien à mes comptes. Mais si nous voulons être juste, il faudra retirer les quelques bêtes qui sont mortes... A vrai dire, entre éleveurs, il vaut mieux s'entraider, la vie est compliquée ici pour nous. D'ailleurs, vous aurez remarqué qu'avec votre grand-père, nous étions les deux seuls éleveurs du coin.


Il coupa un morceau de son steak saignant avant de l'engloutir. une fois avalée, il reprit:

- Je vois bien dans vos yeux, la fougue qui animait votre grand-père, celle qui lui permit de réaliser ses rêves. Néanmoins, si jamais vous n'arrivez pas à forger le vôtre, vous pourrez toujours compter sur moi pour vous racheter votre troupeau, du moins si je suis toujours de ce monde... Ho, je ne dis pas ça pour vous décourager mais le coin n'est vraiment pas très sûr pour nous ici...


Toujours aussi énigmatique, il continua à prendre encore quelques bouchées pour laisser planer encore un peu ce suspense tel les conteurs d'autrefois alors que les crépitements du feu s'occupait d'un silence qui aurait pu devenir angoissant.

- Hormis les traditionnels voleurs de bétail auxquels notre profession est confrontée, il y a ici d'autres dangers. Sunset Hill est la proie de mille tourments, des mauvais esprits et surtout les bêtes vivent ici et il semblerait que nous les ayons déranger. Ainsi quelques unes de vos bêtes et des miennes ont été attaquée par les ombres... Ce sont des prédateurs carnassiers qui sortent la nuit venue. Et si malheureusement, une de vos vaches s'est perdue, vous êtes sûr de la retrouver le lendemain en morceau. le pire, c'est que c'es bêtes ne mangent même pas leurs proies et ce qui peut arriver aux bêtes peut aussi arriver à vos cow-boy... Quand aux esprits, ils semblent vouloir nos tourmenter aussi, ainsi, on retrouve parfois notre enclos ouvert alors qu'il était bien fermé la veille, nos quelques cultures piétinée, des barbelés et sectionnés et des accidents mystérieux... Comme celui de votre grand-père par exemple... Même si sa ferme à brûler par inadvertance humaine, il est curieux qu'il n'est pas réussi à sortir pour fuir... Il n'y a rien de honteux à arrêter, moi-même j'y ai songé, mais à mon âge, vous savez, il est trop tard pour se reconvertir... Alors je continue malgré les tourments des mauvais esprits...


Sur ces paroles étrange, il continua son repas en posant un regard profond dans les yeux d'Elisabeth.
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Elisabeth Chesterfield



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MessageSujet: Re: Un dîner presque parfait   Sam 23 Juin - 8:09

Le service était décidément impeccable. Comme de vraies petites abeilles, les serviteurs de la famille Baxter s'activaient à remplir les verres vides, à débarrasser et à apporter la suite du repas. Ce fut une côte de bœuf accompagnée de quelques pommes de terre qui succéda à la délicieuse soupe. Élisabeth n'était pas contre un plat consistant. En dégustant un premier morceau de cette succulente pièce, la jeune femme hocha à plusieurs reprises de la tête, écoutant avec attention la réponse de Baxter concernant le dédommagement du troupeau. Il avait raison sur un gros point : s'entraider apportait bien plus aux hommes que se tirer dans les pattes. S'ils étaient deux grands propriétaires, il y aurait certainement assez à faire pour tout le monde ici.

Elle sourit alors sans s'en cacher lorsque Baxter lui proposa de racheter son troupeau, si jamais elle trouvait le nouveau monde bien trop difficile à conquérir. Ainsi, il la voyait déjà perdante avant même qu'elle n'ait commencé la partie. Seulement, la petite fille de Georges Chesterfield n'était pas du genre à se dégonfler sans avoir essayé toutes les solutions possibles et inimaginables, quitte à foncer tête baissée dans le mur ! En attendant, Baxter fit le tour du sujet bien rapidement avant de devenir soudainement énigmatique... Était-ce volontaire ? C'était possible. Toujours silencieuse, Élisabeth resta suspendue à ses lèvres comme si elle allait manquer le moment fatidique où elle allait enfin comprendre ce qu'il voulait dire... Et le moment arriva.

Se transformant de nouveau en un vrai moulin à paroles, l'homme qui aurait pu être son grand-père évoqua des choses plus étranges les unes que les autres. Il parla de bêtes, d'esprits et d'ombres... Laissant septique la petite Élisabeth. Pourtant, cela ne sembla pas l'arrêter, au contraire... La jeune femme eut du mal à cacher son amusant. Elle faillit l'arrêter et lui faire comprendre qu'elle ne croyait pas à toutes ces superstitions ridicules, mais malheureusement l'évocation de la mort de Georges la coupa dans son élan. Ce fut donc avec le visage fermé et sérieux qu'elle reprit la parole et non pas sur un ton comique :

« Je ne suis malheureusement pas superstitieuse. Je dis bien malheureusement, car je ne pourrais me contenter d'une historie d'esprits et d'ombres comme explication concernant la mort de mon grand-père. Je compte bien mener ma petite enquête à ce sujet... »

Autant jouer cartes sur table : si Baxter n'avait rien à se reprocher, alors peut-être même qu'il pourrait l'aider dans sa quête... sauf s'il avait réellement peur des esprits frappeurs !

« Néanmoins, je ne prends pas vos recommandations à la légère et je me méfierai de ces .... "ombres". »

Cette histoire d'esprits était vraiment du n'importe quoi. Restait à savoir maintenant s'il s'agissait d'une histoire sortie de la petite tête de Baxter ou bien une idée assez rependue dans le coin. En attendant, son grand-père n'avait jamais fait référence à de tels phénomènes, comme beaucoup d'autres choses d'ailleurs. Dans tous les cas, Élisabeth imaginait plus ici des crimes organisés par des jeunes gens très malins, qui jouaient avec la crédulité et la superstition des gens pour faire porter le chapeau à de soi-disant esprits...

Retournant à sa viande, elle remarqua alors que la petite famille n'avait pas été insensible à ses propos, à croire qu'ils croyaient tous durs comme fer à cette histoire d'esprits. Le malaise semblait donc bien présent et il paraissait vital pour Élisabeth de changer de sujet de conversation :

« Et sinon, j'ai entendu dire que notre petite ville va bientôt être pourvue d'un nouveau shérif et d'un maire. Il va y avoir de l'agitation ces prochains jours. Honnêtement monsieur Baxter, vous êtes certainement le plus à même de le devenir ! Je parle bien sûr du poste de maire... »
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Franck Baxter



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MessageSujet: Re: Un dîner presque parfait   Ven 29 Juin - 15:47

La différence de croyances à jeter un froid. Néanmoins Elisabeth l'avait compris et avait orientée la discussion vers des sujets plus légers. Les Baxter qui du coup s'étaient arrêter dans leur repas purent reprendre le cours de leur concert harmonique de tintement de verre, de couverts en argent touchant la porcelaine de leur assiette et tous ces petits bruits qui rythment les déjeuners mondains.
Pour ne pas laisser son invité ramer toute seule à remettre de l'animation, Baxter embraya sur les derniers propos de l'anglaise.

- Je vous remercie mademoiselle Chesterfield. il est vrai qu'en temps de fondateur historique, je suis le mieux placé. mais surtout cette ville a besoin d'un homme à poigne, trop de despérados profite de la situation isolée de Sunset pour faire régner la terreur. Je compte bien y mettre fin avec le nouveau shérif qui sera désigné par ce concours. Un seul mot d'ordre: Justice.


Il leva son verre rempli d'un vin français lorsqu'il prononça ce mot. Il en but une gorgée avant de continuer, comme pour se dessécher la gorge. Sa langue claqua dans l'air.

- Il faut instaurer un ordre juste et respecté. il est inconcevable que certains volent nos concitoyens, il est inimaginable que d'autres ne payent pas leurs dettes ! Comment notre bonne ville pourrais fonctionner avec autant de laxisme ?


A cette question, les autres membres de la famille hochèrent la tête avec conviction. La sentence avait été unanime et Baxter ne demanda même pas l'avis d'Elisabeth, tellement l'évidence semblait apparaître à ses yeux. De plus, Elisaeth restait une femme et il était bien connu que la politique était une affaire d'hommes.

Le reste de la soirée fut plus convivial, les autres sujets plus anodins. on parla de la scolarité des enfants tandis que la fille de Mr Baxter donna à Elisabeth les bons coins de la ville, l'adresse d'un coiffeur de renom et d'une mercerie "où l'on pouvait trouver de tout". On lui dit de se méfier de la voyante, Babayaga, cette femme a moitié folle qui disait pouvoir prédire l'avenir tout comme on l'a mis en garde contre le chinois de la laverie qui, à ce que l'on disait, mangeait les chiens et les chats errants autour de sa boutique.
Le repas se termina ainsi, les enfants furent envoyés au lit et quelques paroles anodines furent échangées au coin du feu.
La grosse horloge sonna dix heures et ils fut temps pour tous de retourner à leurs pénates. Tandis que Jesse se préparait à un second voyage, Mr Baxter raccompagna mademoiselle Chesterfield sur le pas de la porte.

- J'ai passé une excellente soirée en votre compagnie très chère. J'espère vous revoir bientôt. Faîtes moi signe dès que vous aurez trouvé le personnel nécessaire pour vous occuper de votre troupeau. Je vous rendrait alors vos bêtes.


Sur ce, il déposa ses lèvres sur la main de la jeune fille.

- j'ai bien entendu que pour vous toutes nos légendes vous semblent fariboles, mais je vous prie d'agir avec prudence. Au retour, tendez l'oreille et vous entendrez des grognements étranges, des grognements que l'on n'ouït nulle part ailleurs.
La mort de votre aïeul est une perte incommensurable et j'imagine que vous cherchez vengeance, mais honnêtement, je ne vois pas qui aurait bien pu lui vouloir du mal. Votre grand-père était un homme bon, sa seule erreur aura été d'élire domicile dans un coin les malédictions et les peurs profondes des hommes sont réalité...

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Elisabeth Chesterfield



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MessageSujet: Re: Un dîner presque parfait   Dim 29 Juil - 11:46

Si les avis divergeaient concernant les superstitions du nouveau monde, il n'en était pas de même sur le thème de la justice. Il fallait véritablement un homme fort, capable de faire respecter la loi pour la petite ville de Sunset Hill. Ces terres ne devaient pas être le terrain de chasse des desperados. C'était bien pour cela qu'elle avait pris le parti de saluer l'initiative de Baxter et il était certain que la petite fille de Georges Chesterfield serait parmi les spectateurs, lorsque la date des épreuves serait annoncée. La famille Baxter, quant à elle, semblait également approuver à l'unanimité les propos du chef de clan. Le contraire aurait été étonnant.

La suite de la soirée se déroula de manière banale. Les deux propriétaires terriens purent échanger sur des sujets légers, partager les vieilles histoires de l'un et les derniers moments passés en Angleterre pour l'autre. Élisabeth en profita pour noter dans un coin de sa tête les bonnes adresses qu'on lui communiqua, notamment une mercerie. Inutile de dire que la jeune femme fut touchée par tant de sollicitude. La soirée se passa finalement bien, preuve que la petite fille de Georges Chesterfield n'avait rien eu à craindre. Peut-être avait-elle mal fait de croire les commérages... Car encore une fois, elle voyait en Baxter un homme tout à fait charmant.

Elle entreprit de se retirer lorsque les dix heures furent annoncées par la grande horloge du ranch. L'homme de main de Baxter allait la reconduire et Élisabeth s'imaginait déjà couchée dans son lit... la journée avait été éprouvante pour elle. Raccompagnée à la porte, elle hocha de la tête lorsque Baxter lui proposa de lui rendre son troupeau une fois le personnel nécessaire à cet entretien rassemblé. Élisabeth allait vraiment devoir s'occuper de remettre son ranch sur pied... Ce serait sa priorité des prochains jours, la seule et l'unique. Néanmoins, Baxter ne la laissa pas partir sans une ultime recommandation. Elle ouvrit grand les oreilles pour ne pas en manquer une miette. Les Ombres encore et toujours...

« Je vous promets de faire attention aux bruits sur la route Monsieur Baxter. Et sachez que mes propos n'avez nullement pour but de vous blesser ou de discréditer ce en quoi vous croyez. »

Elle afficha un sourire sincère, avant de penser à son grand-père et aux derniers mots de son hôte. Oui son grand-père était un homme bon, c'était une évidence.

« Ne vous inquiétez pas pour moi, je serais prudente ! »

Sur ces derniers mots, elle tourna le dos au vieil homme, avant de monter dans la voiture qui lui était réservée. L'homme de Baxter lança les chevaux et Élisabeth quitta la propriété, non sans un ultime signe de main à son hôte.
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