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 Et pour quelques gorgées de plus...

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Clive Simpleton Palmer

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MessageSujet: Et pour quelques gorgées de plus...   Mar 27 Mar - 20:17

Sous un soleil de plomb malgré l'heure tardive de la journée, la silhouette d'un cheval passait devant le panneau de bienvenue censé accueillir les visiteurs de Sunset Hill. On pouvait lui distinguer un cowboy en poncho, avachi de la crinière jusqu'au garrot, les bras balants. Ses ronflements bruyants rythmaient la marche du canasson qui avançait au pas dans la grand rue. A chaque sabot frappant le sol, un petit nuage de poussière tourbillonait et finissait emporté par la brise chaude de cette fin d'après midi. Tout était calme dehors, les habitants revenaient de leur activité journalière et s'enfermaient dans leur habitation pour y passer la soirée. Un volet qui claque, un aboiement, un vieil homme assis dehors devant son entrée sur une chaise à bascule, jouant de son harmonica, le visage caché par son chapeau de paille pour se protéger d'un soleil rougeoyant et maintenant bas dans le ciel. Une note plus aiguë que le reste du morceau improvisé vint chatouiller les oreilles de Clive, qui, dans un sursaut, s'était redressé sur son "Godet". Le vieil homme surpris avait cessé de jouer et fixait maintenant le nouveau venu qui lui retournait son regard sans un mot. Le silence de la rue était faiblement troublé par une autre mélodie, jouée au piano, sûrement en provenance du saloon. Clive avait dressé son cheval pour reconnaître ce genre de sons et se diriger dans leur direction à l'oreille, ainsi, il évitait de perdre trop de temps dans des recherches futiles. La monture reprit sa marche laissant le vieux musicien à ses occupations qui entamait maintenant une complainte bourrée de trémolos. Le son du piano devenait de plus en plus clair, Clive également, car il sentait déjà les effluves de whisky séché sur le comptoir en chêne blanc venir lui taquiner les narines. Progressant entre les rangées de constructions en bois, il apercevait finalement les contours du saloon qui s'esquissaient dans l'obscurité. Un saloon de l'ouest sauvage par excellence, constitué de planches clouées par des pointes rouillées, des fenêtres au vitres embrumées, ou sales, sans oublier la fameuse porte à double battant permettant d'identifier n'importe quel saloon dans n'importe quelle situation. Une fois à l'arrêt, le vieux cowboy avait mis pied à terre assez péniblement, les jambes engourdies par le trajet, et dans un râle dont seuls les ivrognes en ont le secret. Il avait attaché les rênes de son fidèle compagnon à côté de l'abreuvoir, laissant chacun libre de se rafraîchir à leur manière. D'un geste vif il s'aspergea le visage avec l'eau du contenant pour se réveiller d'avantage et nettoyer la crasse accumulée pendant le voyage. C'était d'ailleurs la seule façon par laquelle il consommait cette ressource.
"L'eau, c'est pour me laver les pieds !" qu'il aimait répéter...

Un hurlement lointain annonçait la tombée de la nuit, sûrement une bête sauvage... Peu importe, en tout cas, il n'y avait rien qui puisse l'empêcher de se noyer au fond d'une bouteille bien méritée.

Il posa un dernier regard sur son Godet comme pour lui souhaiter une bonne nuit, lui tapotant l'encolure de sa main gauche et s'essuyant le visage de la droite tout en se dirigeant vers l'entrée du tripot bruyant. Il poussa les battants de la porte d'entrée qui s'écartèrent dans un léger grincement couvert par une musique entrainante, comme dans tout bon saloon qui se respecte. La pièce était spacieuse, mais malgré cela, de grosses volutes de fumée stagnante venaient lui agresser l'odorat et l'obligeaient à tousser par réflexe. Ses yeux s'habituèrent au changement d'éclairage. Quelques tables seulement comptaient des client qui s'adonnaient à divers jeux de cartes ou à des discussions traitant pour la plupart de magots perdus et de mines hantées. Sur les murs trônaient quelques carabines poussiéreuses fièrement affichées sur leur support. Devant un grand miroir crasseux, le bar s'étendait dans la largeur, avec derrière, un barman qui essuyait ses verres à l'aide d'un torchon sale, observant du coin de l'oeil l'étranger qui venait d'entrer dans son commerce. Clive s'était toujours interrogé sur ce type de commerçants... Pourquoi les barmans passaient ils tant de temps à essuyer leurs verres sachant qu'ils allaient les remplir aussitôt ? Était ce la un code entre barman ? Avaient ils toujours un verre et un torchon sur eux pour se reconnaître ? Mais avant tout, a-t-on déjà vu nun barman quitter son saloon ? En fait, Clive n'en avait pas la moindre idée et il s'en contrefoutais du moment que ce tenancier là acceptais son argent en échange de lui arroser le gosier. Une poignée de pièces jetée sur le comptoir, la commande est passée...ou pas. Le barman ratissait la monnaie sous le regard ahuri du cowboy, qui avait dans l'oeil la même lueur d'intelligence qu'un poisson chat décédé. Après quelques secondes embarrassantes Clive prit la parole :

- Bin... sers moi un whisky, et pis laisse donc la bouteille, j'vais faire connaissance, on a pas mal de chose à s'dire elle et moi. Et j'vais surement pioncer ici si t'as encore des chambres... J'pense pas qu'mon Godet reprendra la route ce soir, enfin Godet c'est mon cheval, j'parle pas d'mon godet qu'tu m'sers... enfin bref j'veux dire... rien...

Le barman s'était déjà éloigné sans un mot et essuyait de nouveau ses verres. Habitué à ce genre de réaction, Clive s'emparra de la bouteille, décidé à débuter les hostilités. Le premier coup disparu aussi vite qu'il était entré dans le verre et avec presque autant d'éclaboussures. Le raclement de gorge qui suivi en disait long quant à la puissance de goût du breuvage. Après s'être mis en jambe avec les trois qui suivirent, il posa son verre et s'accouda contre le bar afin d'observer les autres clients. Sa jambe droite bougeait au rythme de la mélodie interprétée par le pianiste et il se prit à siffler un demi ton en dessous des notes qui résonnaient. Il était bien, la soirée ne faisait que commencer et sa bouteille était encore à un niveau encourageant...
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