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 Jour 0 ; Arrivée à Canyon City [Helena]

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Jarosław Koslowski
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MessageSujet: Jour 0 ; Arrivée à Canyon City [Helena]   Mer 29 Fév - 14:53


Descendant lentement du train, le jeune homme aux cheveux blonds laissa échapper un petit sourire, montrant légèrement ses dents blanches; il était enfin arrivé. Ici, en Arizona, loin du Tennessee, il pourrait, il en était sûr, recommencer une 'nouvelle' vie, se reconstruire une réputation semblable à la précédente, et profiter de la vie comme on le faisait dans le 'Nouveau Monde'. La prophétie de son père, si l'on pouvait appeler cela ainsi, s'était révélée être exacte et s'était réalisée. Mais malheureusement, mort et enterré dans le Vieux Continent, il ne le saura jamais. Pauvre Serguei... Faisant un léger geste de la main, comme pour chasser ces mauvais souvenir de Pologne, Jarosław remit correctement son chapeau, alors qu'il était sur le point de tomber, et l'inclina faiblement pour mieux se couvrir le haut du visage face au soleil rayonnant qui l'éblouissait. Se frayant un chemin à travers la foule qui se formait lentement, il lui sembla entendre un musicien jouer une douce mélodie, au loin. Il n'était effectivement pas rare de trouver des joueurs d'instruments à la 'gare', ces derniers essayant de profiter de la présence de nombreux voyageurs pour exposer leur talent et se faire un peu d'argent. Légèrement mélomane, il écouta attentivement la musique tout en avançant. Il fit une bonne cinquantaine de pas, suivant la longueur du train, avant de finalement arriver en face du wagon n°7, wagon dans lequel se trouvait son cheval, auquel il avait donné le nom de la capitale polonaise, chargé de ses quelques affaires et la selle déjà sur le dos. Sinon, le véhicule était, à part le foin qui couvrait le sol, absolument vide. En effet, le Polak avait réservé tout le wagon pour lui tout seul, pour être sûr que son équidé ait de la place et soit à l'aise. Mais pour cela, il dût payer un prix extrêmement élevé, le compartiment étant censé pouvoir abriter au moins environ 6 animaux en temps normal. Mais c'était un luxe nécessaire; il fallait que Warszawa soit bien reposée pour être en pleine forme pour le trajet Canyon City – Sunset Hill.

Faisant donc coulisser la porte, il monta à l'intérieur en faisant un petit saut, puis, une fois à côté de sa jument, dont la blancheur glaciale contrastait avec les parois sombres et métalliques du train, il la fît descendre, la guidant et la faisant avancer lentement. Il passa rapidement, d'un geste quasi mécanique, sa main dans sa crinière blanche, pour l'apaiser un peu. Puis, une fois de nouveau devant le train, tenant les rênes du cheval, ayant réuni tout ce dont il avait besoin, Jarosław se retourna et scruta la foule. Exceptionnellement, il attendait quelqu'un. En effet, il avait fait la connaissance, lors de son trajet, dans 'sa' cabine, d'une demoiselle un peu plus jeune que lui, dont l'accent espagnol était si léger qu'il ne l'avait même pas remarqué. Ou alors, était-ce sa connaissance moyenne de l'anglais qui fit qu'il ne s'en rendit pas compte ? Peu importait. L'essentiel était qu'il avait appris qu'elle aussi cherchait à se rendre à Sunset Hill. Et comme Jaro' était persuadé qu'elle connaissait mieux les environs que lui, il s'était laissé convaincre d'aller rejoindre la ville à deux. Mais, cela excepté, il ne lui avait au fond pas beaucoup parlé. N'étant déjà pas particulièrement loquace par nature, excepté bien sûr les discussions tournant autour de l'or et de l'argent, il l'avait d'autant moins été qu'il était tout de même en fuite face à des chasseurs de primes et qu'il n'avait que peu l'habitude d'être la proie, étant beaucoup plus habitué au rôle de prédateur.
Mais, même si la conversation avait été assez courte, une chose était à peu prêt sûre; c'était que celle qui s'était présentée sous le pseudonyme de 'Pantera', - le Polak s'étant présenté, lui, en tant que tel, mettant sa nationalité au-dessus de son identité, et gardant ainsi son vieux sobriquet - ne venait pas vraiment du même monde que lui; ses manières, sa façon d'être, sa façon de parler... À peu prêt tout indiquait qu'elle n'avait vraiment pas connu une enfance de fille de fermiers... Mais bon... L'important était qu'elle le conduisait à Sunset Hill, le reste n'était pas important...
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Héléna E. Velasquez

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MessageSujet: Re: Jour 0 ; Arrivée à Canyon City [Helena]   Mer 29 Fév - 16:13

Tel un chercheur d'or, les pieds dans la rivière à chercher l'or qui se cachait dans l'élément si imprévisible qu'était l'eau. Héléna a voulu exploiter l'information qu'elle avait entendu à propos d'El Diablo, certes, elle était sortie tout droit de la bouche d'un ivrogne, mais à force de pourchasser son ennemi la mexicaine commençait à le connaître. Poser pieds à terre dans une ville qui ne savait pas qui il était s'était une aubaine sans aucun doute et la jeune femme ne voulait pas laisser passer cette chance. Elle pressentait qu'elle était à deux doigts de le coincer et de lui plantait son épée dans le coeur.

La jeune femme avait donc prit le train pour débuter un autre voyage offrant à Fuego une cabine rudimentaire, mais il avait connu pire. Ce cheval est un vrai dur et les mauvaises situations ne l'ont jamais affectées, toujours présent dans les pires moments. Il incarnait à lui seul la force et l'endurance, une vraie source de courage pour la jeune femme, mais aussi son plus fidèle ami. A force de voyager, Héléna avait appris que les seuls qui méritaient sa pleine confiance c'était ses armes et son étalon aussi noir la nuit, à croire que ce dernier de par sa simple couleur connaissait les moindres secrets de la nuit et pouvait la protéger d'absolument tout.

Durant son voyage, la mexicaine avait fait la connaissance d'un étranger, il ne lui avait pas beaucoup parlé préférant sûrement le silence à de longue conversation, mais elle avait pu connaître sa destination. Sunset Hill. A croire que les principaux voyageurs se rendaient à cet endroit qui offrait non seulement une chance d'une certaine richesse, mais aussi d'une nouvelle vie, un nouveau commencement.

Le Polak s'était laissé convaincre de faire route à ces côtés ayant beaucoup voyagé et regarder les cartes. Héléna connaissait le chemin à prendre et il faut dire qu'une compagnie serait la bienvenue, d'habitude solitaire, la mexicaine s'était que cela pouvait être une bonne idée pour se rendre à un endroit dont elle ne connaissait rien, mieux vaut être à deux pour découvrir un endroit.

Lorsque le train s'était finalement arrêté, elle était descendue sur le quai avec l'aide d'un homme de la gare qui lui offrit galamment sa main afin qu'elle ne dérape pas. Prenant la route de cette cabine où reposait les chevaux après avoir donné un lieu de rendez vous au Polak, Héléna s'était dépêchée de reprendre Fuego qui devait sûrement commençait à s'impatienter voulant absolument galoper sur la terre chaude de ce nouvel endroit inconnu. Déjà attelé, le cheval se laissa monter par la cavalière, la seule ayant réussi à le dompter, lui l'étalon sauvage qui en a fait voir des difficultés à son ancien propriétaire.

Avançant prudemment au milieu de la foule qui s'écartait pour laisser passait le cheval, Héléna pu reconnaître aisément l'homme qui l'accompagnerait durant ce long voyage. S'arrêtant devant lui arrangeant légèrement sa coiffure pour être un peu plus présentable et aussi parce qu'une femme ne pouvait être débraillé de cette façon après un long voyage en train.

- Nous pouvons y aller.

En oeil expert, la jeune femme jeta un coup d'oeil sur la monture du cowboy admirant la blancheur de la jument qui, on pouvait le dire intrigué Fuego qui, si Héléna ne calmait pas allait sans doute faire la cour, elle s'abaissa légèrement et murmura à l'oreille de ce dernier.

- On se calme Romeo... Ce n'est pas le moment pour ça...

Tapant le sol avec son sabot comme résigné par l'ordre soufflé par la cavalière, l'étalon se résigna et se mit à avancer lentement se frayant un chemin parmi cette foule qui commençait à le rendre nerveux. Mais les caresses répétés de la mexicaine parvenait à le calmer bien heureusement.

- La route sera longue jusqu'à Sunset Hill, mais si on garde un rythme soutenu, on pourra y arriver sans mal...

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Jarosław Koslowski
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MessageSujet: Re: Jour 0 ; Arrivée à Canyon City [Helena]   Mer 29 Fév - 17:11

Alors qu'il attendait toujours aux côtés de Warszawa, le Polak remarqua un mouvement de vague se proliféré dans la masse humaine qui se tenait face à lui. Cette-dernière semblait se diviser en deux, telle la mer face à Moïse, laissant ainsi passer une cavalière et son équidé noir. Il ne s'agissait pas là d'une jeune fille cherchant l'attention des passants, mais de l'étrangère qu'avait rencontré Jarosław dans le train. Il s'agissait de celle qui s'était présentée à lui comme étant la 'Pantera'. Celle qui était censé le conduire jusqu'à Sunset Hill. À moins que ce n'était un grossier piège et qu'elle ne le mènerait droit dans une embuscade ? C'était peu probable aux yeux du polonais; le plan aurait vraiment été terriblement bancal, la cible choisie complètement aléatoirement, et surtout, mal choisie; il n'avait pas vraiment une tête de riche. Se disant donc qu'il ne risquait rien, il était prêt à la suivre.

Jaro' observa un instant la monture de la demoiselle, mais s'en désintéressa assez rapidement. Des chevaux noirs comme celui là, il en avait vu pas mal, lors de la guerre, et ils s'étaient presque tous fait déchiquetés par les nordistes. Celui là était peut-être un adorable compagnon très loyal et très docile, mais le polonais ne lui trouva rien de particulier, c'était tout. Il leva donc les yeux vers la cavalière, qui lui adressa la parole. Elle lui indiqua qu'ils pouvaient y aller. Acquiesçant de la tête, le Polak se tourna vers Warszawa, qui, elle, semblait regarder l'étalon noir d'un air plutôt méfiant. Calmant l'équidé d'une caresse, il le fit avancer d'un pas. Puis, à l'aide d'un simple geste, prompt et fluide, le blondin escalada sa monture et s'installa aisément sur la selle, et ce tout en faisant bien attention à ne pas faire tomber son beau chapeau; il s'agissait là tout de même de son souvenir préféré de la Guerre de Sécession, d'un bien qui avait survécu aux batailles et aux carnages sans se prendre la moindre balles !

Une fois prêt, les rênes à la main et le chapeau sur la tête, la Pantera lui annonça que la route vers Sunset Hill sera longue, mais qu'en gardant un rythme soutenu, il ne devait pas y avoir de problèmes. C'était ce à quoi s'était attendu Jaro'. C'était bien pour cela qu'il avait réservé un wagon pour lui tout seul, pour sa jument. Bien content d'avoir autant pris soin de Warszawa, étant plus ou moins assuré qu'elle n'aurait aucune difficulté à l'amener à destination, il lui donna une dernière petite tape amicale avant de la faire avancer un peu, pour se trouver au même niveau que la mexicaine. Se tournant vers elle, il lui adressa cette poignée de mots, légèrement alourdie par son accent polonais:

« Étant donné que c'est vous qui connaissez le chemin... Avancez-donc la premièrrre, et je me contenterrrai de vous suivrrre. »

Accompagnant ses paroles d'un geste de la main, il l'invita à prendre la tête du 'convoi', et ainsi, de lui indiquer le chemin. Une fois en dehors de la ville, il pourra éventuellement se mettre au même niveau qu'elle et ne pas rester cloué derrière. Mais tant qu'ils étaient en ville, il était plus prudent d'avancer l'un derrière l'autre, ne serait-ce que pour éviter de bloquer le sens inverse dans des ruelles trop étroites.

Mentalement, Jaroslaw, sans trop savoir pourquoi, étant habituellement quelqu'un de très calme, avait tout de même un peu hâte d'atteindre Sunset Hill. Sans doute parce qu'il s'agissait de l'endroit où il pourra tout recommencer, de l'endroit où il pourrait peut-être s'accumuler toute une fortune, qui sait ? Rien qu'à cette pensée, une légère lueur de cupidité coloria ses yeux, ses pensées s'agglutinant à cette obsession de l'or. Bientôt, très bientôt, il aurait certainement une opportunité. Et il la prendrait car elle se présenterait à lui, c'était inévitable.
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Héléna E. Velasquez

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MessageSujet: Re: Jour 0 ; Arrivée à Canyon City [Helena]   Mar 6 Mar - 15:03

Le chemin jusqu'à Sunset Hill ne sera pas de tout repos, combien de desperado se cachait pour attaquer et détrousser les voyageurs. Mais si c'était le cas avec eux, ils auront bien du souci à se faire, car Héléna n'était pas femme à se laisser faire, elle savait manier l'épée et faire rugir son colt. Il n'était pas là que pour décorer, non ! Elle savait parfaitement s'en servir, du moins, elle ne ratait que très rarement sa cible. A force de voyager, la jeune femme s'était donné une règle très stricte, toujours s'entraîner, ne jamais reposer sur ces lauriers. Mieux vaut mettre un maximum de chance de notre côté, plutôt que de la laisser bêtement filer sous notre nez.

Bientôt la ville n'était plus qu'un souvenir, un simple passage rapide où Héléna avait tout de même prit le temps de faire un stock de nourriture et d'eau durant le voyage. Mieux vaut prévenir que guérir. La route était à présent plus calme, aucun des deux cavaliers n'osaient parler, l'un comme l'autre n'avait pas grand-chose à dire et la mexicaine respectait le silence que désirait sûrement son compagnon de voyage. Il ne s'était déjà pas montré très loquace dans le train, alors pourquoi maintenant.

Cela ne dérangeait pas un tel silence à Héléna, au contraire, cela la ressourçait la préparant à certaine péripétie qu'ils pourraient rencontrer durant leur voyage. Prévenante, elle préférait trouver une solution maintenant que après. Lors d'une attaque, on pensait rarement clairement, l'adrénaline nous menait parfois à la confusion et à l'incompréhension puis à la mort.

Prenant une profonde inspiration pour sentir ce doux parfum de terre qui s'élevait autour d'eux et qui rappelait néanmoins de bons souvenirs à la mexicaine qui se laissa aller durant un court instant à ces moments déjà bien lointains, un rêve éveillé, que plus jamais elle ne pourra revivre durant sa vie. Effacé, détruit, brisé, balayé... Tant de mot pour définir ce qu'avait fait ce desperado sans foi ni loi. Un jour, elle le promet solennellement qu'elle le fera souffrir si lentement qu'El Diablo la suppliera de le tuer, chose qu'elle ne fera pas préférant sans aucun doute à lire la souffrance dans son regard. Un présent qu'il a offert à bien des gens et aujourd'hui il était temps de lui rendre la politesse.

Ressortant de ces pensées bien noires, Héléna lança un regard du coin de l'oeil au Polak essayant de comprendre la personnalité de cet homme qu'elle avait rencontré plus tôt. Qui était-il ? Pourquoi vouloir rejoindre Sunset Hill ? L'or ou bien une nouvelle vie ? Peut-être les deux, qui sait. Sûrement même.

- La conversation n'est pas votre fort. N'avez-vous donc rien à dire señor ? A moins que vous aimez faire peser le mystère sur votre personne ?

Elle accorda un bref regard à ce dernier en esquissant un petit sourire espérant ainsi que ce dernier déliera un peu plus sa langue afin que ce voyage ne soit pas ennuyeux, mieux valait faire un peu connaissance sans pour autant révéler notre passé qui pour la plupart des pistoleros restait un mystère pour les autres.
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Jarosław Koslowski
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MessageSujet: Re: Jour 0 ; Arrivée à Canyon City [Helena]   Jeu 8 Mar - 23:34

Canyon City; ses bâtiments en pierre blanche essentiellement positionnés autour de la place centrale, sa modeste gare relativement récente, ses nombreuses écuries, ses belles maisons en bois poli, ses médiocres baraques en planche dans ses alentours, mais aussi les conversation de ses ses habitants tranquillement abrités à l'ombre, la mélodie des instruments de ses musiciens qui ne cessaient de jouer, les hennissements des chevaux de diligence qui s'agitaient...Tout cela était déjà loin derrière les deux cavaliers, ne résonnant et n'apparaissant dans la tête du polonais que comme un vague souvenir, comme une simple étape sans importance de son voyage s'effaçant peu à peu, tel un mirage qui lentement s'évaporait. À présent, lui et la Pantera s'engouffraient dans la vaste steppe désolée qui les séparait, tout comme le faisait la Golden River, de Sunset Hill, leur destination commune. Les paysages qui les entouraient étaient toujours les mêmes, toujours pareils; ennuyant et plutôt poussiéreux... Un épais silence, si l'on ignorait le bruit régulier des sabots et les rares gloussements et sifflements d'un vautour qui planait dans le ciel, cherchant sans doute des cadavres pour se nourrir, enveloppait le lieu en général, et plus particulièrement les deux individus, qui ne se parlaient point.

Malgré tout cela, le polonais gardait son air calme et tranquille, ne faisant preuve d'aucun ennui ni d'aucune autre émotion négative. Ce flegmatisme qu'il affichait régulièrement en avait déjà exaspéré plus d'un, alors que d'autres n'y trouvaient absolument rien à redire. La plupart des gens s'arrêtaient superficiellement à ce trait de caractère là, ne cherchaient pas plus loin, ne cherchaient pas à le comprendre, croyant pouvoir le résumer à cette tranquillité là. Par conséquent, ces individus là étaient généralement étonnés quand, rattrapés par les rumeurs sur le Polak et par sa réputation, ils apprenaient quelques bribes sur sa véritable identité comme par exemple qu'il pouvait, par moment, bien que rarement, rentrer dans de terribles colères noires quand on ne payait pas la somme initialement convenue, ou alors, qu'il était d'une cupidité sans bornes ni limites. Mais ici, en Arizona, personne ne le connaissait, et aucune réputation ne pouvait le précéder, à moins d'un miracle ou d'un cauchemar. Miracle, dans le cas où un ancien employeur satisfait venait, pouvant ainsi lui faire une bonne publicité, et cauchemar, dans le cas où un chasseur de prime du Tennessee arrivait et rappelait ouvertement son meurtre qu'il avait commis à Nashville. Mais, il n'y avait que peu, voire aucune chance, que l'un ou l'autre se produise; il était dans une région bien trop éloignée pour être rattrapé par son passé.

Se tenant droit, regardant devant lui, jetant de temps en temps des coups d’œil à droite et à gauche, le Polak semblait, malgré ces quelques gestes de prudence, tout à fait à l'aise. Remettant, plus par habitude que par nécessité, correctement son chapeau, accessoire qui le protégeait efficacement du soleil depuis des années, et qui par ailleurs paraissait presque plus loquace que son propriétaire, le jeune homme se tourna vers la demoiselle qui l'accompagnait, l'entendant soudainement commencer une phrase, brisant le silence religieux qui s'était installé entre-eux et avait perduré un certain temps. Elle lui fît remarquer son manque de loquacité, lui demandant s'il aimait ou voulait faire peser un quelconque mystère sur sa personne. Le sourire de la Pantera, qui complétait ses paroles, laissa le polonais tout à fait de marbre, surtout étant donné que ce dernier réfléchissait, plutôt discrètement, à la réponse qu'il allait donné. Puis, se tournant vers l'unique âme humaine à proximité, il répondit naturellement, restant assez distant, tout en haussant légèrement les épaules;

« Effectivement. Je n'ai pas grand chose à rrraconter... Rien d'extraordinaire, que de choses ennuyeuses... En tout cas, rrien qui ne puisse intéresser une perrrsonne comme vous, j'imagine...»
Puis, après un très court blanc, silence posé volontairement par le Polak;
«De plus, si je puis me perrrmettrre de le dirre ainsi, je n'ai pas vraiment l'habitude de converrser avec des demoiselles...»
* Elles ne donnent que très rarement des contrats... * rajouta-t-il mentalement, sans se le faire remarquer. C'était là une des raisons majeures pour laquelle il n'avait pour l'instant que rarement rencontré et parler avec des femmes dans son existence; elles n'étaient généralement pas du genre à faire des affaires avec des mercenaires ou des chasseurs de primes. Et étant donné qu'il passait la majorité de son temps à travailler ou à chercher du travail, justement... Enfin bref... Il enchaîna donc directement, ses paroles toujours accompagnées de son accent polonais, exposant pour une fois clairement ce qu'il pensait;

« Je crains qu'il vous faudrra prendrre l'initiative dans cette conversation, mademoiselle, ou alors, vous complairre dans le silence. »

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Héléna E. Velasquez

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MessageSujet: Re: Jour 0 ; Arrivée à Canyon City [Helena]   Mer 21 Mar - 12:53

La mexicaine regardait la route complètement déserte face à eux et ce silence qui ne faisait que grandir entre les deux protagonistes. Pour tout dire, Héléna n'avait pas grand-chose à dire non plus, dévoiler sa vie ou parler de tout et de rien n'était pas vraiment son genre. Bien qu'on lui ait enseigné à engager une conversation, elle semblait peu à peu avoir oublié comment on fait. Cette longue errance avait fini par avoir quelque peu raison d'elle au point d'en oublier les règles de bienséances et de convenances. Bien heureusement, cela revenait à la charge dans certaine occasion pour le plus grand soulagement de la mexicaine.

Prenant profonde inspiration se raclant discrètement la gorge semblant réfléchir à ce qu'elle pourrait bien dire ou bien un thème sur une discussion qui pourrait intéresser son compagnon de voyage du moment. A le voir ainsi, il n'était pas du genre à se complaire dans de longue discussion diverse préférant peut-être le silence ou bien, comme il l'avait mentionné plus tôt, les femmes et lui ne parlait que très rarement.

Dans la logique, il aurait été impossible pour Héléna d'entamer une conversation avec un homme surtout sans chaperon, mais là, tout était bien différent depuis 7 ans à vrai dire tout avait littéralement changé. Sa vie complètement chamboulé, passant de tranquille à dangereuse ayant choisi une voie à laquelle, jamais auparavant elle n'aurait songé. La jeune femme se perdait dans des flashes divers à la recherche d'un quelconque souvenir qui lui permettrait de parler à cet étranger. La musique ne devait sûrement être son sujet de préférence, alors pourquoi pas Shadow Hill ainsi elle saurait à quoi s'attendre avec le Polak surtout sur les raisons exactes qui le poussaient à se rendre là-bas, elle pourrait discrètement réunir des informations intéressantes sur sa quête.

La mexicaine finit par tourner la tête vers lui et l'observa un instant, elle le jaugeait tout simplement pour se faire une petite idée de qui il pouvait bien être. S'il pouvait répondre à ces questions, mais ce n'est pas par un simple coup d'oeil qu'elle connaîtra la personnalité du Polak.

- Qu'est-ce qui vous amène à Sunset Hill ?

La jeune femme avait bien sa petite idée sur la question, mais mieux valait le connaître de sa propre bouche. Scrutant le regard clair de l'étranger, premier qu'elle voyait à vrai dire. On dit que les yeux sont le reflet de l'âme, dans son errance la mexicaine avait su apprendre à lire dans ces derniers bien que parfois cela restait bien floue. Cependant, elle pouvait traduire de par ces derniers, une vie mouvementé et rude, sur ce point, il n'y avait pas de doute. Elle savait reconnaître ce style de regard à force de côtoyer des personnes possédant le même et pour l'arborer également.
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Jarosław Koslowski
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MessageSujet: Re: Jour 0 ; Arrivée à Canyon City [Helena]   Lun 9 Avr - 18:53

Arborant son air tranquille habituel, Jarosław semblait être à l'aise et apprécier la situation présente. Fredonnant à voix basse une mélodie polonaise -à peine audible au milieu des bruits de sabots-, l'homme, sans être très expressif pour autant, affichait un léger sourire. L'idée d'un éventuel avenir meilleur, qui s'accompagnait inévitablement de celle d'une potentielle acquisition de richesse, ne le quittait pas une seconde, trottant dans sa tête comme le ferait un cheval des prairies dans une vaste étendue verte quasi-paradisiaque. Cet optimisme venait des quelques rumeurs qu'il avait entendues sur Sunset Hill et ses alentours, à l'époque où il travaillait encore dans les environs de l'état du Tennessee, après la guerre. Il paraissait que la vie et survie était très rude, loin d'être facile, là-bas, -l'environnement étant particulièrement hostile et les gens pas forcément mieux- mais que ceux qui y arrivaient, qui réussissaient, étaient largement récompensés.

Puis, alors qu'il venait juste de s'installer de nouveau et de grandir lentement, le silence fût encore une fois interrompu, et ce de la même façon que la dernière fois; la jeune femme avait pris la parole, posant de nouveau une question au Polak, l'interrogeant sur ses raisons de rejoindre la bourgade de Sunset Hill. Il était vrai que malgré les mythes qui entouraient les environs, cette destination n'était pas des plus habituelles et rarement choisie par hasard. Quand on y allait, c'était généralement qu'on avait bien une raison de le faire. Jaro' se tourna légèrement vers son interlocutrice, puis lui répondit calmement, sans hésiter sur la réponse à donner, énonçant ses raisons sous forme d'une semi-vérité, omettant le côté vu par de nombreuses personnes comme étant un peu plus péjoratif, celui de la cupidité;

« Le trravail. C'est le trravail qui m'amène à Sunset Hill.

Ou plutôt la rrecherrche de trravail. Il n'y avait plus rrien à fairrre, là où j'étais.
»

Remettant correctement, comme il le faisait si souvent, son chapeau de paille sur sa tête - bien qu'il n'était pas de travers cette fois-là, mettant en évidence le côté plus habituel que pragmatique du geste-, le Polak croisa le regard de la Pantera. Il n'était pas un très bon anthropologue, mais là, c'était assez flagrant, même pour lui, tout le lui indiquait; l'allure, le caractère, le regard de la demoiselle... Il ne s'agissait pas -et il n'y avait là aucun doute- d'une femme excentrique qui jouait à l'aventurière et qui en toute inconscience et irresponsabilité partait voir le monde, mais d'une personne qui savait assurer sa propre survie et qui avait vraiment vécu «la vie de l'Ouest», pour ainsi dire. Tout indiquait qu'il s'agissait là d'une âme qui ne se faisait pas, ou plus, d'illusions sur le monde, et qui était pour atteindre son objectif était prête à surmonter tout obstacle qui daignait se présenter.

Puis, après un court instant de silence, Jarosław décida de retourner la question que l'on lui avait posée. Il avait répondu, donc, théoriquement, il avait le droit lui aussi à une réponse. Bien qu'elle ne lui apporterait sans doute rien... Mais peu importait, c'était plus une question de principes, qu'autre chose. Il demanda donc, toujours aussi calmement, arborant toujours la même expression faciale ;

« Et vous ? Que cherrchez-vous donc à Sunset Hill ? »

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