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 Et pour quelques dollars de plus [libre]

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Alejandro Estevez

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MessageSujet: Et pour quelques dollars de plus [libre]   Mer 22 Fév - 17:18

La route avait été longue depuis la frontière. Très longue même, mais Alejandro était certain que le jeu en valait la chandelle. Combien de fois avait-il rêvé de trouver une piste tangible, quelque chose capable de l'emmener exactement là où il le désirait ? Trop de fois sans doute. A tel point qu'il ne pouvait plus dire combien de fois ça lui était arrivé. Mais le résultat final était toujours le même pour lui. Une vengeance personnelle enfin assouvie.
Il avait trop vécu avec elle pour pouvoir l'oublier et tirer un trait sur le passé. Il avait depuis trop vécu sans elle pour ne pas aller au bout de ses ambitions et de ses convictions.
L'Arizona ! Voilà le point de chute de multiples années de recherches et s'il s'avère que ses recherches ont été fructueuses, Alejandro pourra enfin vivre en paix avec lui-même. S'il y arrive un jour.
Son cheval épuisé par les kilomètres parcourus avance d'un pas lent et lourd. Alejandro lui-même a du mal à tenir sur son destrier. Chaque pas de l'animal manque de le faire tomber tellement la fatigue est présente en lui, jusqu’au plus profond de son être marqué par le voyage depuis le Mexique. Le gringo vacille mais ne tombe pas. Pas aussi près du but.
Il descend la grande rue de Sunset Hil. La seule rue digne de ce nom dans une telle petite bourgade. Alejandro ne fait pas attention aux regards qui se tournent vers lui. Des regards méfiants pour la plupart. Dans ces villages où tout le monde se connait, on n'aime pas trop les étrangers. Encore moins lorsqu'ils ont la peau basanée comme celle du mexicain, et sans doute encore moins lorsqu'il a sur le corps une couche de poussière aussi épaisse qu'un drap de maison mal entretenu. Oui Alejandro est poussiéreux. Il a traversé le désert depuis la frontière sans faire la moindre halte digne de ce nom lors des quatre derniers jours. Son cheval, pourtant fringant, a cavalé pendant de longs kilomètres à une allure plus que soutenue pour le porter jusqu'ici, mais à présent, il faut que le brave animal se repose et qu'Alejandro fasse de même.
Au bout d'un moment, les regards ne font même plus attention à l'étranger qui s'avance dans la rue. Le mexicain n'a pas la tête à se demander ce qu'ils pensent. Si ça avait été le cas, il aurait pu croire qu'ils trouvaient anormalement bizarre l'arrivée d'un homme tel que lui en ville. Il l'aurait traité de mendiant, de voleur, de prospecteur ou de tout autre qualificatif peu amènes. Mais il se peut aussi que l'étui à guitare en cuir qui se trouve dans son dos, largement recouvert sous l'immense poncho de cuir brun qui recouvre l'homme et le protège de la poussière du désert, puisse faire parler de lui d'une autre façon. Mais il n'en dépasse qu'une infime partie, une partie qui ne peut donner la nature de l'objet qu'il porte.
Le cheval avance encore de quelques pas, dirigés par des rennes qui ne le brusque plus depuis de nombreux kilomètres déjà. Il s'avance vers une barre où Alejandro pourra l'attacher. Sous cette barre horizontale se trouve un abreuvoir que tient un garçonnet qui doit avoir une dizaine d'années tout au plus. Contre quelques dollars il s'occupera sans doute du nouvel arrivant avec une joie retrouvée.
Alejandro met pied à terre. Sous son large chapeau son regard sombre dépasse tout juste au dessus du foulard de tissue qui lui recouvrait et lui protégeait le visage. Un coup d’œil au gamin lui indique que ce dernier n'attend qu'une chose : qu'on le paie pour une service qui sera bien rendu. Le musicien baisse son foulard et dévoile un sourire qui se fraie un passage au milieu d'une barbe de cinq jours. Le sourire illumine le visage du garçonnet qui attrape une grande outre d'eau et sort d'une caisse de bois du fourrage pour l'animal qui hennit déjà de plaisir à l'odeur de ce qu'on lui réserve.
Alejandro sort également de sa manche un petit billet vert qui disparait rapidement dans la poche du jeune homme qui lui fait face. Les bons compte font les bons amis. Payer rubis sur l'ongle est toujours un bon moyen d'obtenir des relations franches avec les gens. Et ça, Alejandro le sait.
Mais le garçon ne se préoccupe déjà plus de l'étranger. Il prête toute son attention à l'animal imposant de majesté mais fourbu par les efforts qu'il a du fournir tout au long du voyage de son cavalier.
D'un pas lourd et parfois chancelant, Alejandro s'avance vers les portes battantes du saloon. Son entrée laisse l'espace d'un instant un blanc dans les conversations. Visiblement, les gens ici n'ont pas pour habitude d'accueillir les étrangers à bras ouverts. Mais il en faut plus pour détourner le mexicain de son but. Il s'avance vers le comptoir d'un pas assuré bien que lancinant. Petit à petit les regards le fuient, l'agitation reprend ses droits dans ces lieux. La dangerosité de l'homme a été évaluée et aux premiers abords, il n'a pas l'air menaçant, même l'étui de cuir noir qui dépasse de son dos ne fait plus peur. Trop gros pour contenir un fusil qu'il contient pourtant dans un faux-fond. Et le fait que l'étranger avance avec les mains bien visible dissipe les derniers soupçons à son égard.

- Combien pour une chambre ?

Le barman hésite. S'il avait été simple employé, il n'aurait pas cherché et aurait répondu au plus vite, soucieux d'apporter un nouveau client à son patron. Mais il s'agit du patron lui-même et en tant que patron, il doit espérer que son établissement évite les tensions et les désagréments. Aussitôt il fixe un prix ... déraisonnable. Mais pour ce prix là il dit également d'un ton sec et malvenu :

- J'ai bien un matelas de paille dans les combles ...

Les choses commencent mal. Alejandro sait pertinemment que ce genre de réaction est typique chez les propriétaires. Ils aiment les gens propre sur eux, ceux qui ont de l'argent et le montrent. Alejandro est pourtant tout cela. Mais son accoutrement actuel ne plaide pas pour son standing. Loin de là. La poussière vole encore autour de lui dans la clarté des rayons du soleil qui pénètrent dans le saloon. Il ne sent pas vraiment bon. En fait, lui et son cheval ont partagé ces derniers temps la même odeur pendant des heures de collaborations étroites et fidèles.
C'est en tentant de rester maître de lui et de son envie d'envoyer balader ce type qu'Alejandro reprend la parole. Sa voix est posée bien qu'un peu éraillée par la poussière qui, malgré son foulard, s'est incrustée dans sa gorge au cours de son périple.

- J'ai de l'argent ... Et j'aimerais une ... chambre

LE regard trahit ses émotions. Il est dur et s'enfonce dans celui du barman.


Dernière édition par Alejandro Estevez le Lun 5 Mar - 14:55, édité 1 fois
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Jarosław Koslowski
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MessageSujet: Re: Et pour quelques dollars de plus [libre]   Sam 3 Mar - 20:49

Le sud de l'Arizona, et ce depuis toujours, comptait parmi les régions les plus dangereuses et les plus inhospitalières du grand Ouest américain. C'était une zone de mort; une steppe quasi-infinie, composée de sable, de poussière et de broussailles xérophytes, entourée, voire encerclée, par plusieurs chaînes de montagnes pratiquement infranchissables. L'endroit n'était pas que passivement dangereux, il était clairement hostile, dévorant tout être vivant montrant le moindre signe de faiblesse, et exposant fièrement les ossements de ces-derniers pour inquiéter les survivants. À la fois brûlant sous le soleil et glacial sous la lune; il s'agissait de l'endroit repoussant par excellence. Et pourtant... Au milieu de cet enfer, presque coupé du monde, se trouvait une ville, une bourgade sauvage à l'image de son environnement; Sunset Hill.
Quelle folie avait donc amené des hommes à venir vivre ici ? Essentiellement la soif de l'or. Mais, il y avait aussi des raisons marginales, autres, tous n'étant pas venu pour le métal jaune. D'autres vinrent pour des raisons personnelles; il y avait des fuyards, d'anciens criminels, des déserteurs de la guerre civile qui s'étaient réfugiés dans les environs, des religieux cherchant à apporter leur 'lumière' aux égarés, etc... Il s'agissait d'un regroupement hétéroclite d'humains, vivant dans une harmonie toute relative, sentant malgré tout légèrement le plomb. L'endroit parfait pour tout recommencer à zéro, recommencer sa vie, se reconstruire une réputation...
Et c'était exactement pour ça que le Polak avait justement choisi cet endroit là. C'était l'endroit idéal pour se faire un peu oublier des autorités fédérales qui avaient mal pris le meurtre du secrétaire du maire de Nashville, capitale de l'état du Tennessee. Jarosław avait donc pris le train jusqu'à Canyon City. Ensuite, il avait décidé d'effectuer le trajet de la gare de la ville jusqu'à Sunset Hill en compagnie de la 'Pantera', demoiselle qu'il avait rencontrée dans le train. D'ordinaire plutôt solitaire et méfiant, surtout lorsqu'il s'agit de voyager en terres inconnues, les risques de pièges et d'embuscades de la part d'hommes se montrant bizarrement excessivement altruistes ou de guides improvisés n'étant pas négligeable, il avait tout d'abord hésité, avant de finalement accepter sa présence, ayant le pressentiment qu'elle n'était pas une ennemie ni une menace pour lui, tout du moins, pas encore.

Les chemins du Polak et de la Pantera se séparèrent à l'entrée de la ville. Le polonais, légèrement fatigué, tout comme l'était Warszawa, sa jument, avait donc pris une ruelle au hasard, et se retrouva donc seul face à l'inconnue. Ou plutôt, seul face aux inconnus. Effectivement, face à lui se tinrent, adossés à divers murs et poutres d'une baraque, trois citadins fortement alcoolisés qui se disputaient sur la meilleure façon d'écraser une volaille contre un mur. L'un conseillait de prendre le poulet par les pattes et de tourner sur soi même pour prendre de la vitesse avant de le faire s'éclater contre une paroi. L'autre, après avoir insulté le premier sur son ignorance, évoqua sa préférence pour la méthode dite «du bélier». Le troisième voulût intervenir pour présenter sa technique, mais n'arriva pas à articuler, bavant des mots incompréhensibles, puis s'écroulant sur une planche servant de banc de fortune. Levant un sourcil d'un air perplexe, s'étonnant de ces pratiques qu'il espérait imaginaire, Jarosław essaya de contourner ces hommes qui puaient l'ivresse, c'était-à-dire la bière de mauvaise qualité - bien loin de sentir la bonne vodka de Pologne-, en gardant autant de distance que possible entre eux et lui, ce qui n'était guère évident. C'était alors que brusquement l'un des trois ivrognes se tourna et, après avoir cligné trois fois des yeux, s'aperçut de sa présence. Il s'exclama alors d'une voix rauque et grossière que ce cheval blanc devait être délicieux, accompagné de légumes. Mais il fût corrigé par son camarade, qui lui indiqua clairement qu'il s'agissait là d'un âne. Une nouvelle dispute éclata, et le Polak en profita pour faire accélérer Warszawa, s'éloignant rapidement des trois alcooliques.

Prenant une rue, puis une autre, ignorant les regards méfiants des habitants sobres qu'il croisa, il se retrouva soudainement face à un gamin qui semblait s'occuper d'un cheval. Jaro' n'avait certes pas encore trouver d'hôtel ni d'établissements du genre, mais pouvait au moins déjà faire se faire reposer sa jument. Sifflant un coup pour attirer l'attention du gamin, il lui fit un signe de la tête et lui lança habilement, de la main droite, après une discrète seconde d'hésitation, une pièce d'or du type 'liberté', ornée d'une tête de femme d'un côté et d'un aigle de l'autre. C'était une monnaie couramment utilisée, valant cinq dollars très exactement. Le garçon, qui ne devait pas avoir connu plus de dix printemps, l'attrapa avec une dextérité remarquable, souriant de toutes ses dents, une forte lueur de satisfaction dans ses yeux. Y avait-il chose plus belle que de recevoir de l'or ? Pour des gens romantiques, sans doute, mais pour des hommes terre-à-terre de l'Ouest, sûrement pas.
Mettant pied à terre, le polonais, après avoir caressé une dernière fois Warszawa, remit les rênes au jeune garçon, qui l'attacha à une barre horizontale en bois, à quelques mètres de l'autre animal. Il commença donc son travail, laissant l'étranger se débrouiller seul. Il était payer pour s'occuper de la jument, pas pour expliquer quoi que ce soit à son client. Ce dernier regarda un peu autour de lui, et ce ne fût qu'à cet instant, en se retournant, qu'il se rendit compte qu'il était tout près du saloon de la ville. La chance semblait enfin lui sourire. Il n'avait certes plus beaucoup d'argent, mais il allait se débrouiller.

Il avança donc lentement, dissimulant sa fatigue. Une fois devant l'entrée, il attendit quelques secondes. Il lui sembla, au milieu des conversations et du brouhaha ambiant, distinguer une phrase venant d'une conversation du comptoir qui se trouvait juste en face. Le patron semblait parler avec un client, et ce dernier lâcha, d'une voix éraillée, à peine audible, qu'il avait de l'argent et qu'il voulait une chambre. Il haussa les épaules; ça ne le concernait pas, du moins que la phrase ne signifiait pas qu'il n'y avait plus de chambres. Il ouvrit donc simultanément les portes battantes de ses deux mains de façon à ce qu'elles fassent bien du bruit, et attendit flegmatiquement que tous les regards se tournaient vers lui, avant d'entrer définitivement, d'un air sûr, calme, et déterminé. Il savait que la première impression comptait toujours, et que du coup, il fallait savoir se mettre un peu en scène. Un peu de jeu d'acteur était toujours avantageux. Surtout s'il voulait rafler des contrats plus tard... Profitant de l'attention qu'on lui accordait encore, il jeta une pièce d'or de cinq dollars, similaire à celle donnée au garçon, d'un geste malheureusement que moyennement habile et donc pas très impressionnant. Au moins, elle ne rata pas vraiment sa cible. En effet, elle s'écrasa sur le piano, juste à côté du pianiste qui, semblait-il, faisait un pause. Alors que ce dernier se retourna étonné, le Polak lâcha d'une voix forte, sans aucune honte de son accent polonais qui accompagnait ses mots;

« Aller, joue ! »

Le musicien se retourna immédiatement vers son instrument, prit l'argent, vérifia sa valeur et son authenticité. Une fois convaincu qu'il s'agissait là d'un bon paiement, il se mit à jouer, faisant virevolter ses mains au-dessus de ses touches noires et blanches.



Lentement, les regards quittèrent le polonais, et les conversations reprirent, comme s'il n'était jamais venu. Personne n'avait osé, durant le silence, faire une plaisanterie sur l'accent du Polak, ni le railler ouvertement. Sans doute les gens présents avaient-ils mieux à faire que de provoquer un homme qui semblait jeter l'argent par les fenêtres - ce qui en réalité n'était pas vraiment le cas; Jaro n'avait plus beaucoup de ressources, mais ne voulait surtout pas le montrer publiquement-, et qui avait tout de même l'air assez sûr de soi. Y avait-il un brin de peur dans leurs yeux ? Peut-être que oui, peut-être que non. Peut-être aussi qu'une provocation allait venir plus tard ? Peu importait, l'essentiel c'était que pour le moment, on laissait l'étranger, après sa minute de gloire, tranquille.
S'adossant contre un mur, il écoutait d'abord un court instant la musique pour laquelle il avait payée. Elle n'était pas des plus originales, mais elle lui plaisait. S’imprégnant la mélodie dans la tête, le polonais détourna son regard du pianiste, et le tourna vers le chef de l'établissement. Il décida donc de se diriger lentement vers le comptoir, les mains bien visibles, et son Peacemaker à la ceinture, caché par sa veste brune, pour éviter tout quiproquo. Essayant de donner la meilleure impression possible, il se positionna à côté d'un inconnu poussiéreux, interrompant peut-être une conversation entre lui et le patron ? Il en avait cure. Il voulait une chambre, et allait la demander. Il attendait juste que l'homme à ses côtés ou celui en face réagisse, pour intervenir et obtenir ce qu'il voulait.

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Alejandro Estevez

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MessageSujet: Re: Et pour quelques dollars de plus [libre]   Lun 5 Mar - 15:18

Alejandro attend que le barman fasse un geste. Visiblement ce dernier va essayer de l'escroquer sur le prix de la chambre, il en est certain et ce n'est pas l'arrivée d'un nouvel étranger dans sa ville qui changera quoi que ce soit à sa façon de faire. Alejandro imagine bien que c'est une astuce élimée et mille fois éprouvée qu'il lui propose là. Genre bizutage ou quelque chose qui s'y rapproche.
Alejandro ne fait pas attention à cet autre homme qui s'approche également du comptoir. Il l'a pourtant entendu. Entendu entrer et laisser planer un nouveau silence dans le saloon. Entendu s'adresser au pianiste en lui lançant de quoi abreuver son gosier une fois qu'il aura fini de jouer. La mélodie n'est pas des plus entrainante. Alejandro est coutumier de musiques plus dansantes et plus à même de retranscrire des sentiments. Mais on ne peut pas demander à n'importe quel pianiste de s'improviser maestro en la personne.
C'est le moment que choisit le barman pour prendre un air faussement détendu alors qu'il se met à astiquer nerveusement son comptoir déjà lustré. Il baisse les yeux comme si de rien n'était mais ose l'affrontement verbal.

- Ici on n'aime pas beaucoup les étrangers ...

Voilà qui veut tout dire. Le patron se réfugie sous un faux prétexte commun pour dire ce qu'il pense tout bas dans sa propre caboche.

* Pas commerçant pour un sou ! *

Alejandro sent que la conversation peut tourner court tout comme elle peut se poursuivre des heures sans qu'aucun des deux ne veuille lâcher sur ses positions. Le mexicain reprend alors avec la même voix monocorde et le regard posé droit sur le visage du barman qui n'ose plus vraiment le regarder. Honteux peut-être, confus sans doute. Mais voulant éviter à tout prix une bagarre dans le saloon à coup sûr.
Joignant le geste à la parole, Alejandro dépose sur le comptoir une somme plus importante que celle que demandent habituellement les hôteliers pour une chambre. Il espère que ça lui déliera la langue et lui rafraichira la mémoire sur le nombre de chambres libres.

- J'ai de l'argent ... et je désire une chambre !

De nouveau, la tension monte et la présence d'un autre étranger à côté du premier n'est pas faite pour rassurer le monde. Alejandro perçoit le regard de son voisin sur la somme qu'il vient de déposer sur le zinc. Un regard avide et cupide.
Il se dit qu'il peut s'agir d'un des prospecteurs de la région. Il parait qu'il y en a plein dans le coin et qu'ils arrivent parfois à trouver une pépite ou deux qu'ils viennent immédiatement dépenser en boisson. Le barman doit bien y trouver son compte. Alejandro oublie ces pensées pour se focaliser sur le barman qui lui aussi regarde de plus près les pièces brillantes qui luisent devant lui. Si c'est un homme cupide également, il ne devrait plus trop se gêner pour faire enfin une offre digne de ce nom à cet étranger qui pourrait devenir un bon client en fin de compte.

- J'ai ... je ... il me reste peut-être ... oui je crois ... j'ai bien une chambre libre ... señor

Bredouille-t-il avec aussi peu d'assurance que ce qu'il en avait précédemment. Comme quoi l'appât du gain peut parfois rendre les gens plus dociles. Alejandro sourit intérieurement, mais ne le montre pas. Il n'aime pas vraiment qu'on croit qu'il se moque des gens. Il a de l'argent, pas des masses, il ne croule pas sous l'or, mais il n'est pas un miséreux non plus. Faisant amende honorable pour sa part également, il n'hésite pas à demander plus à présent qu'il a un pied dans la porte.

- Très bien ... et quand je serai installé, il me faudrait de quoi faire un brin de toilette. Vous devez bien pouvoir me proposer de quoi faire un bain bien chaud !

Produite de luxe s'il en est, le bain n'est pas l'apanage des puissants ceci dit. Alejandro malgré ses déconvenues passées aime être un homme bien dans son corps et dans sa peau. Rien de tel qu'une toilette digne de ce nom pour montrer qui il est vraiment. Puis ça pose des jalons immédiats dans l'assemblée. Il n'est pas l'étranger qui risque de semer la zizanie en ville - même s'il est là pour ça - ses manières sont celles d'un homme qui au contraire pourrait vite passer pour un pied tendre.
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Jarosław Koslowski
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MessageSujet: Re: Et pour quelques dollars de plus [libre]   Mar 6 Mar - 20:52

Le Polak s'était donc rapproché d'un pas lent et déterminé du comptoir, se positionnant à côté d'un homme plus âgé que lui et qui lui était totalement inconnu. Ce dernier semblait être en pleine négociation avec le patron de l'établissement. Après un court silence, l'étranger poussiéreux répéta presque mot pour mot, de la même voix monocorde, la phrase qu'il avait prononcée auparavant, phrase dont le polonais avait entendu quelques brides. Il affirma donc, de nouveau, avoir de l'argent et vouloir une chambre, accompagnant ses paroles d'un geste correspondant qui fit apparaître une lueur de cupidité semblable à une petite flamme dans les yeux bleus clair de Jarosław; il déposa sur le bois poli du comptoir une poignée de pièces luisantes, représentant une somme non-négligeable; supérieure à ce que demanderait un hôtelier ordinaire, mais inférieure, si l'on voulait rester dans les comparaisons, à ce que réclamerait un patron de saloon d'une ville réputée - Santa Fe ou New-Orleans, par exemple-.

En tout cas, l'étranger ne mentait pas. Il avait bien de l'argent. Et, de plus, il semblait plutôt bien payer. De ce fait, pronostiquait le Polak, le patron ne devait pas tarder à changer d'avis et lui accorder, à cet homme fatigué, sans trop rouspéter ni imposer de conditions, la chambre qu'il réclamait. Et ainsi, le polonais pourrait enfin lui aussi demander la même chose. Il attendit donc, gardant toujours le même air calme et sûr de soi, suivant attentivement la suite de la conversation. Comme il l'avait prévu, le chef de l'établissement, après quelques balbutiements, avoua qu'il lui restait sans doute une chambre de libre. À cette phrase, Jaro' leva un sourcil d'un air méfiant mais aussi, bien que ce ne fût que peu visible, légèrement contrarié. Quand il disait une chambre, c'était pour évoquer la pièce juste comme ça, et pas pour affirmer que c'était la dernière ! C'était juste linguistique, c'était son niveau d'anglais plutôt moyen qui lui faisait comprendre ça; il n'était tout de même pas en train de distribuer la toute dernière chambre ! Car si c'était le cas, le Polak devrait se contenter de s'asseoir dans un coin, et de boire toute la nuit pour garder sa place. Il ne pouvait se risquer de devenir violent dès le premier soir, ça ne donnerait pas la meilleure impression... Quoique... C'était à voir, mais il préférerait, étant fatigué, trouver une solution plus calme, comme la première idée qui lui était venue. Mais cette-dernière était malgré tout, une action à effectuer en dernier recours; ce n'était pas vraiment comme ça qu'il s'imaginait passer la première nuitée de sa «nouvelle vie» ici à Sunset Hill. Il n'avait pas fait un aussi long trajet du Tennessee jusqu'ici pour commencer sa vie dans les conditions d'un pauvre, d'un mauvais mineur ! Mais le patron semblant cupide, lui aussi, il avait déjà une autre idée en tête. S'il le payait suffisamment, il allait avoir une chambre, c'était sûr...

N'écoutant même plus les paroles qu'était en train de prononcer celui qui pourrait éventuellement justement être en train de lui «voler» 'sa' chambre, il se remémora rapidement la somme payée par celui-ci. Une fois le chiffre en tête, il posa tout d'abord la somme identique, puis rajouta un dollar symbolique supplémentaire. Puis, il leva la tête, et interpellant le patron, il lui annonça, en le fixant droit dans les yeux de son regard bleu qui contenait un soupçon de froideur, qu'il souhaitait également une chambre;

« Ça devrrait êtrre suffisant pourr une chambrre... Je viens de payer, maintenant... C'est à vous de m'indiquer quelle chambrre est la mienne. »

Puis, avant même de lui laisser le temps de répondre, de réagir, ou de faire quoi que ce soit d'autre, Jarosław sortit deux autres pièce d'or de cinq dollars, - bien qu'il n'en avait plus beaucoup, ses économies s'amenuisant à un rythme constant, voire rapidement ce soir là-, et la fit tomber sur l'argent déjà déposé sur le comptoir, provoquant par là même un doux bruit qui sonnait comme une mélodie à ses oreilles. Cet argent était là pour encourager le patron à, au minimum, lui trouver, voire, à lui «libérer» une pièce. Mais pas uniquement... Le Polak lui expliqua, d'une voix légèrement peu plus basse ce qui renforça un brin son accent, un vieux concept, qu'il annonçait comme venant de son pays natal, mais qui en fait était largement international, peu importait le continent:

« Un vieux prrincipe polonais... On ne pose jamais de questions à un client qui paye bien. D'accorrd ? »

Puis, jetant un vif coup d’œil à son 'voisin' qui était toujours à côté de lui, il interrompit le patron qui venait à peine de commencer à formuler sa réponse, ajoutant d'un air calme et naturel;

« Ah, et... Vous m'accorrderrez bien évidemment les mêmes dispositifs et accessoirrres qu'à cet homme là » exigea-t-il en faisant un signe de la tête en direction de l'étranger poussiéreux. Il avait payé plus que lui, il semblait donc normal qu'il ait au minimum les mêmes droits et avantages que celui qui avait payé un peu moins. Il se retourna justement vers ce-dernier, une fois sa phrase finie, révélant un léger sourire, plutôt honnête, bien qu'un peu provocateur. Jaro' ne chercha là ni à provoquer l'autre, ni à créer un lien social avec l'individu. Il éprouvait juste de la satisfaction et un brin de fierté, qu'il essayait de vivre pleinement pour ne pas penser au fait que la somme d'argent dont il disposait commençait déjà à fondre.

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Alejandro Estevez

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MessageSujet: Re: Et pour quelques dollars de plus [libre]   Mer 14 Mar - 14:42

Alejandro détourne le regard vers son voisin. La somme qu'il dépose sur le comptoir est identique à la sienne puis il y rajoute le dollar qui peut faire pencher la balance de son côté. S'il ne reste qu'une chambre libre, Alejandro est en train de se la faire voler à son nez et à sa barbe par un type qui a l'air particulièrement plus riche que lui. Cela est monnaie courante de toute façon. Depuis qu'il a perdu sa femme Alejandro n'a plus vraiment eu le temps de mettre de l'argent de côté, dépensant pour trouver le coupable et cet argent il pense l'avoir dépensé d'une bonne manière.
La mâchoire du mexicain se crispe et se resserre. Il n'a pas vu d'autres hôtels dans la bourgade et il se peut qu'il doive se résigner à laisser sa place à plus riche que lui. Surtout qu'il ne compte pas surenchérir, ce n'est pas forcément dans son caractère, surtout pour si peu. Mais le barman finit par se décomposer et par perdre toute contenance naturelle. Il bafouille des mots incompréhensibles et Alejandro fait une moue d'incompréhension.

- Bien .. oui J'ai ... enfin ... voilà ...

Mais plus qu'un long discours totalement décousu, ce sont ses gestes qui finissent par rendre le sourire à Alejandro. Sur le comptoir les pièces de monnaie ont disparu et laissé place à deux clefs presque parfaitement identiques même si elles semblent rudimentaires. Sur chacune d'elle figure un petit porte clé en cuir sur lequel a été gravé, sans doute à l'aide d'une pointe de métal chauffée au rouge, un numéro correspondant au numéro de leurs chambres.
Alejandro regarde son voisin l'air parfaitement décontracté et décontenancé par le revirement soudain de position de ce barman, avide de richesses. Il tend la main vers la clé la plus proche de lui et dit avec un sourire largement amical :

- Très bien ... je prends la 7 !

Il ne doute pas que les deux chambres proposées doivent avoir exactement le même confort. Généralement dans ce genre de saloon les propriétaires ne cherchent pas à proposer une diversité trop grande. Inutile et tout à fait contre productif.
Le polonais tend la main vers l'autre clé, il ne dit rien dans un premier temps. Il semble dubitatif. Peut-être pense-t-il avoir trop payé pour le même service ? C'est possible, bien qu'Alejandro n'ait même pas cette idée en tête.

- Et bien amigo ... il semble que l'on doive se revoir dans la pièce de toilette.

Alejandro se souvient alors de ces nombreux hôtels qu'il a fréquenté à la recherche d'El Diablo et à chaque fois de ces arrières-salles dédiées à la toilette ou les chaudrons d'eau chaudes bouillonnent au dessus d'un feu régulièrement entretenu et de ces odeurs de savon parfois très marquées. Ces baquets qui servent de baignoires qui fuient parfois plus vite que l'eau ne les remplit également. Sans doute parce que les tonneaux à whisky sont plus précieux que la toilettes des élégants de ce monde. Mais il ne parierait peut-être pas sa chemise là-dessus.
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Jarosław Koslowski
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MessageSujet: Re: Et pour quelques dollars de plus [libre]   Jeu 22 Mar - 0:03

Les sommes d'argent déposées sur le comptoir avaient rapidement disparu, prises par le barman dont la cupidité quasi-caricaturale s'affichait de plus en plus manifestement, tout en étant cependant accompagnée d'une certaine gêne visible de par ses hésitations et ses balbutiements incompréhensibles. L'or qui était à présent jalousement gardé par le patron avait cédé sa place à deux clés presque identiques. L'inconnu poussiéreux prit celle qui était la plus proche de lui, celle de la chambre numéro sept. N'ayant ainsi plus de choix possibles, le polonais se contenta donc de la dernière restante, s'avérant être celle de la neuvième pièce. Les chambres étant presque toutes pareilles, mêmes meubles même confort, peu importait laquelle il obtenait. Il allait de toute façon arranger la pièce qu'il louait, car il ne comptait pas la garder pour cette unique nuit; n'ayant pas de logement et ne souhaitant pas passer trop souvent la nuit dehors, il prévoyait de la garder le temps qu'il faudrait pour s'amasser assez d'argent, ce qui n'allait pas s'avérer être simple - il en était sûr- car il fallait trouver de bons contrats bien payant tout en finançant une chambre à un prix élevé qu'il espérait pouvoir baisser, pour trouver une alternative.
Jetant un coup d’œil à son voisin, plus par réflexe que par méfiance ou prudence, il resta silencieusement debout face au comptoir, ne jugeant pas nécessaire d'imiter l'autre client qui se tenait à deux pas de lui et d'annoncer à voix haute le numéro de la chambre qu'il avait obtenue; cela ne concernait personne d'autre que lui-même, lui, le Polak.

La voix de l'inconnu se fit de nouveau entendre. Le polonais, se croyant interpellé en entendant le mot «amigo», se tourna par conséquent vers son interlocuteur l'écoutant d'un air semi-attentif, écoutant en même temps la musique que le pianiste - qu'il avait quand même chèrement payé pour un simple morceau- jouait toujours aussi joyeusement. Le poussiéreux lui fit seulement remarquer qu'ils allaient sûrement se recroiser dans la pièce de toilette. Jaro' acquiesça légèrement de la tête, sans même daigner, dans un premier temps, répondre verbalement. Ce ne fût qu'après deux longues secondes de silence de sa part qu'il ajouta finalement ce seul et unique mot, comme s'il souhaitait ainsi confirmer son geste;

« Effectivement... »

Passant doucement sa main gauche dans sa barbe bien soignée, le polonais sembla pensif un instant. Puis, il reprit la même expression qu'il arborait déjà auparavant. Jetant un coup d’œil autour de lui, pour avoir une vue d'ensemble du reste du saloon, son regard ne semblait pas s'arrêter sur quoi que ce soit de précis. C'était un saloon relativement banal, plutôt similaire aux autres établissements qu'il avait déjà fréquentés. Puis, son regard revenant vers le comptoir, il s'arrêta brusquement sur une chose qu'il n'avait pas remarquée auparavant; l'étui en cuir noir qui dépassait du dos de l'autre étranger. Il le désigna d'un coup de tête, paraissant ce faisant toujours aussi neutre qu'avant même si un brin de méfiance exagérée s'était installé dans la tête du Koslowski, et posa une question à son propriétaire;

« … Musicien, pas vrrrai ? »

Il lâcha cette interrogation d'un ton et d'un air non-concerné, - un peu comme si la réponse ne l'intéressait pas tellement au fond, car il la connaissait- ce qui contrastait un peu tout de même avec le fait qu'il fixait de son regard froid, bleu pâle, l'individu en face de lui droit dans les yeux. Mais sa méfiance soudaine s'évaporait déjà peu à peu, et avec elle, l'intensité du regard du Polak, ce dernier se disant que l'idée que l'on puisse cacher une arme dans un endroit aussi peu accessible en cas de danger qu'un étui de guitare, ne lui semblait plus tellement probable que ça au final, mais plutôt risible. Étant donné qu'il aurait été, en temps normal, calme et serein dans ce genre de situation, (surtout dans un saloon), il semblait que c'était sans doute la fatigue et la faim qui se réveillaient toutes deux lentement en lui qui devaient sans doute le rendre un peu parano. C'était tout.

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Alejandro Estevez

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MessageSujet: Re: Et pour quelques dollars de plus [libre]   Lun 9 Avr - 8:39



Musicien oui. Enfin, il l'avait été jadis. Mais maintenant, ce n'est plus réellement le cas. La mort d'Iñes l'a plongé dans un état tellement différent de ce qu'il était auparavant qu'il 'na plus composé la moindre chanson depuis bientôt sept ans. La dernière c'était alors que son épouse était encore en vie et qu'ils coulaient des jours heureux plus au sud, de l'autre côté de la frontière.
Alejandro ne répond pas immédiatement. Il doit même y avoir un temps de latente anormalement long avant sa réponse. Sans doute même de quoi éveiller quelques soupçons chez l'inconnu qui se trouve à ses côtés. Le regard bleu acier d'un froid intense se pose sur lui et Alejandro tique un instant. Comprenant qu'il n'a pas intérêt à jouer trop sur les quiproquos alors qu'il vient tout juste d'arriver, il sait qu'il doit répondre rapidement sous peine de perdre sa crédibilité. Mais cette phrase il l'a déjà préparée depuis si longtemps, toujours habitué à devoir se justifier sur la tenue de cet étui à guitare dans son dos que la répartie est facile.

- Oui, je joue de la guitare.

Joignant le geste à la parole, il écarte doucement l'étui de son dos vers 'lavant et tapote du plat de la main sur l'endroit précis où il sait que la résonance de l'étui et de sa guitare fera l'effet escompté. Sous la paume de sa main qui tape le cuir de l'étui, les quelques échos mélodieux qui s'échappent de la caisse de résonance. Plus qu'un visuel, ce son doit suffire à lui seul à convaincre n'importe qui de la présence d'une jolie guitare sèche dans cet étui. Mais Alejandro sait aussi que ce n'est pas forcément suffisant pour convaincre pleinement quiconque pourrait avoir des suspicions. Qu'elles soient fondées ou non. Lui sait ce qui se trouve sous la guitare, mais à tout jamais il espère que jamais personne d'autre que lui ne le découvrira.
Le mexicain désigne alors le pianiste qui poursuit un ballet impressionnant de ses mains sur les nombreuses touches nacrées et ébènes de son instrument. Il semble complètement absorbé par sa musique même si celle-ci n'est pas du gout de tout le monde. Dans le saloon, les discussions couvrent parfois sa musique et les deux homme au comptoir ne font plus la curiosité des usagers des lieux.

- Je vous aurais volontiers fait une démonstration si le pianiste n'avait pas une verve sans pareille ... De plus je suis fatigué par une longue route et je désire prendre un peu de repos.

Le sourire aux lèvres malgré un manque de fraicheur évident, Alejandro propose une main tendue vers l'homme à l'accent prononcé. Deux inconnus qui arrivent dans une même ville au même moment, cela ne doit pas être chose courante dans le coin. Autant faire bonne figure.

- Je m'appelle Alejandro.

La main amicale reste tendue entre les deux hommes. Alejandro monte son regard vers l'homme qui lui fait face. Ils sont sensiblement de la même taille mais n'ont aucune autre ressemblance. Le côté latin et sombre du mexicain est totalement opposé à celui de cet homme au regard et au cheveux clairs et dont le teint ne pourra jamais être aussi mat que celui du musicien.
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Jarosław Koslowski
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MessageSujet: Re: Et pour quelques dollars de plus [libre]   Mer 11 Avr - 22:07

Le pistolero polonais scruta de bas en haut le mexicain qui se trouvait face à lui, et qui tardait à répondre à une question pourtant simple. Était-il ou non un musicien ? Si oui, il n'avait aucune raison à hésiter quant à la réponse à donner et pouvait simplement acquiescer. Si non, pourquoi portait-il un étui de cette taille sur son dos, ce-dernier, de par sa forme, étant pourtant censé contenir un instrument, probablement une guitare ? Il y avait presque de quoi devenir plus méfiant encore que d'ordinaire. Mais le Polak attendit avec une flegme et une tranquillité qui, semblerait-il, indiqueraient qu'il ne prenait plus au sérieux sa propre hypothèse d'une arme cachée dans un endroit aussi inaccessible. Cela n'empêchait cependant pas Jarosław de garder son regard froid et distant vis-à-vis de l'étranger. Recevant sa réponse -tardive- avec une indifférence quasi-totale, il se contenta de doucement acquiescer, hochant lentement de la tête. Rien de très surprenant. C'était à quoi il s'était attendu. Que le mexicain insista à démontrer et prouver ses propos par le son de son instrument n'intéressait pas vraiment le polonais, ses doutes s'étant déjà évaporés auparavant.

Lui, Jaro', ne jouait pas de la guitare. Il ne jouait pas de musique en général. Le seul instrument qu'il maîtrisait ne faisait qu'une seule et même note, et on ne pouvait faire qu'une succession de 6 de ces dernières... Un beau peacemaker qui avait signé la mort d'innombrables personnes, et permis l'acquisition de sommes conséquentes d'argent. Une arme banale, commune, très répandue, mais dont l'efficacité n'était plus à prouver. Ce '6 coups' qu'il avait depuis la guerre et qui était toujours à portée de main du Polak, dont il ne se séparait jamais. Aurait-il bientôt besoin de s'en servir ? Peut-être même pour encaisser une prime ? Qui sait … ? Tout était possible...

Fixant toujours silencieusement le mexicain poussiéreux, ce dernier ajouta qu'il aurait volontiers fait une démonstration de ses talents, mais que la situation et les conditions ne s'y prêtaient pas vraiment. Haussant les épaules en guise de réponse, Jaro' jeta un coup d’œil au pianiste qu'il avait payé. Ce dernier jouait fort ardemment, semblant absorbé par sa musique, mais aussi tout à fait motivé par sa rémunération qui, belle et remarquable, gisait brillante - sa couleur dorée contrastant avec le noir du piano- sur l'instrument. Détournant son regard de la pièce qu'il avait peut-être trop facilement cédée, il refocalisa son attention sur le musicien étranger qui lui tendit la main d'un geste amical, se présentant sous le nom d'«Alejandro». Restant tout d'abord immobile un instant, réfléchissant rapidement jusqu'à ce que son pragmatisme l'emporte, il acquiesça doucement de la tête, avant d'enfin prendre la décision d'accepter cette main tendue, et de répondre à son tour, de sa voix calme qui mettait bien en évidence son accent polonais tout comme il était bien une preuve complémentaire du flegmatisme du Koslowski.

« Je suis le Polak...
Contentez-vous de cela. C'est plus que suffisant, crrroyez-moi.
»

Ayant dit cela, Jarosław, après un bref sourire, retira sa main, et reprit exactement la même posture et position qu'il avait avant. Les relations sociales, les relations humaines, n'étaient vraiment pas son fort. C'était un homme d'affaires, d'argent... Surtout d'argent... Un homme cupide qui de par sa carrière avait plus l'habitude d'abattre des individus que de leur parler ou de les aider. Une âme qui ne vivait que pour soi, que pour ses propres objectifs. Cela pouvait se voir dans ses yeux, mais seulement, si l'on connaissait, savait reconnaître ce genre d'individus et de comportements.

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Alejandro Estevez

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MessageSujet: Re: Et pour quelques dollars de plus [libre]   Lun 11 Juin - 19:47




* Pas causant, le polak ! *

Alejandro récupère sa main après que l'étranger lui ait serrée. Sans doute pas avec la franchise à laquelle Alejandro s'était attendu, mais bon. C'est déjà une poignée de main qui en précèdera peut-être d'autres dans le futur. Avec son accent cependant l'étranger ...

- Le polak ?! ... très bien !

... Le polak donc, ne semble pas vouloir lier amitié dans ce patelin. Alejandro comprend tout à fait la démarche cependant. Lui-même étant dans le même cas, il se doute qu'il aurait peut-être réagit de la même façon en d'autres circonstances. Mais ici Alejandro a une mission personnelle à mener à bien et il sait que toutes les susceptibilités ne sont pas bonnes à froisser et qu'il lui faut aussi ménager les locaux. Bien que remonté depuis des années contre les ordures qui ont ruiné sa vie, Alejandro n'est pas du style à arriver et à balancer un coup de pied dans la fourmilière. Il prendra le temps de réfléchir aux possibilités qui lui seront offertes et au moment opportun il dégainera ... et à ce moment là il vaudra mieux ne pas être dans les parages. Car s'il sait qu'il vengera la mort de sa défunte épouse, il n'espère pas forcément ressortir vivant de ce duel. Mais il y mettra son cœur. S'il y parvient un jour !

- Au plaisir de te revoir ... le polak !

Le plaisir ne sera sans aucun doute pas aussi grand que le sourire qu'Alejandro lui renvoie en retour, mais au moins la réponse est sincère.
Alejandro récupère son paquetage poussiéreux et le porte sur l'épaule avec lassitude d'un geste répété maintes et maintes fois. Il s'avance vers l'escalier qui s'ouvre sous une alcôve sombre un peu à l'écart de la salle, tout juste masqué par une plante verte qui a bien du mal à pousser dans un tel endroit. Sa chambre l'y attend. Et bientôt une bonne toilette pour ôter toute cette sueur et mettre à l'oubli ces jours derniers ou les chevauchées ont été plus longues que ses nuits de repos.
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